Zinaïda Serebriakova
peintre russe (1884—1967)
From Wikipedia, the free encyclopedia
Zinaïda Evguenievna Serebriakova (en russe : Зинаи́да Евге́ньевна Серебряко́ва ; en ukrainien : Зінаї́да Євге́нівна Серебряко́ва), née Zénaïde Lanceray (parfois transcrit sous la forme Lansere (Лансере)) le 28 novembre 1884 ( dans le calendrier grégorien) à Neskoutchnoyé (aujourd'hui en Ukraine), et morte le à Paris, est une artiste peintre russe naturalisée française en 1947. C'est une peintre de figures, de nus et de portraits.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Zénaïde Lanceray |
| Nationalités | |
| Formation | |
| Activités | |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Boris Serebryakov (d) |
| Enfants |
| Mouvement | |
|---|---|
| Maîtres | |
| Genre artistique | |
| Influencée par |

Biographie
Famille et formation
Née en 1884[1], Zinaïda Serebriakova vit dans la propriété familiale de Neskoutchnoïe (littéralement Sans-Souci), près de Kharkiv, aujourd'hui en Ukraine.
Les Lanceray, d'ancienne famille d'origine française, sont alliés aux Benois, dynastie d'artistes russes émigrée de France au XVIIIe siècle. Le grand-père maternel de Zinaïda est l'architecte Nicolas Benois[1], son oncle maternel le peintre Alexandre Benois[1], fondateur du Mir Iskousstva. Sa mère, née Benois, dessine, et son père Eugène est sculpteur. Son frère Eugène Lanceray est sculpteur, peintre et graphiste, et son frère Nikolaï Lanceray architecte.
Elle étudie au lycée féminin jusqu'en 1900, puis entre à l'école d'art fondée par la princesse Maria Tenicheva[1], dont la propriété à Talachkino est un rendez-vous d'artistes. Elle y est l'élève d'Ilia Répine[1], puis de 1903 à 1905 d'Osip Braz[2].
Elle voyage en 1902-1903 en Italie[1] et s'établit à Paris en 1905-1906[1], où elle étudie à l'Académie de la Grande Chaumière[1], alors qu'elle vient d'épouser son cousin germain, Boris Anatolievitch Sérébriakov[1], futur ingénieur des chemins de fer de l'Empire russe.
Leur fils Alexandre Serebriakov et leur fille Catherine Serebriakova seront également peintres.
Premières années de création
Ses premiers tableaux sont marqués par l'influence d'Ilia Répine[1]. Elle peint la campagne russe et les traditions populaires, avec des formes fréquemment monumentales[1]. Elle peint également des portraits et des nus[1]. En 1909, son Autoportrait à la table de toilette, d'une modernité surprenante, attire l'attention sur ses créations[1]. Elle voyage en Crimée en 1911[2].
Après la révolution russe
En 1917, Zinaïda Serebriakova se trouve dans la propriété familiale de Neskoutchnoïe lorsqu' éclate la Révolution d'Octobre, et sa vie se trouve brutalement transformée.
Son mari Boris meurt en 1919 du typhus, contracté dans les prisons bolchéviques[1]. Ruinée après la confiscation des biens familiaux, avec quatre enfants et sa mère malade à charge, elle abandonne l'huile pour dessiner au fusain et au crayon[1]. Elle refuse de dessiner dans le style futuriste en vogue ou de faire les portraits de commissaires politiques puissants. Elle trouve un emploi au musée archéologique de Kharkov, où elle est chargée de reproduire les collections du musée.
Elle décide finalement de déménager à Petrograd en [1] chez son grand-père. Son grand appartement a été divisé en chambres (les kommunalka) attribuées à des artistes et acteurs de théâtre. Zinaïda, en partageant cet appartement communautaire, peut dessiner leurs portraits et reprendre des forces morales.
Cependant la situation empirant et la ville souffrant de la faim du fait de la guerre civile entre les communistes et les armées blanches, elle se résout à émigrer à Paris en 1924[1].
Paris et Bruxelles

Arrivée à l'automne 1924 à Paris, où elle reçoit une commande de grands panneaux décoratifs, Zinaïda Serebriakova est séparée de ses enfants et de sa mère restés en Russie. Ses deux cadets la rejoindront plus tard. Elle est alors tentée par une palette plus sombre[3].
Elle voyage en Afrique (sous passeport Nansen), à l'invitation du baron Jean de Brouwer, son mécène belge, en 1928 et en 1930 et se rend au Maroc[1]. Elle est fascinée par les paysages de l'Atlas et dessine des femmes arabes et des paysages aux couleurs vives[4].
Elle séjourne avec son mari à Camaret en 1925 et 1926, et revient en Bretagne en 1934, cette fois-ci à Pont-l'Abbé, puis à Lesconil, et à partir de 1937 à Concarneau. À cette époque, elle peint un cycle de tableaux voués à la Bretagne, aux marins, réalisantant aussi de nombreux portraits de Bigoudènes.
Elle expose ses travaux marocains à la Galerie Bernheim jeune en 1929[5], et réalise des expositions particulières à la Galerie Charpentier à Paris en 1931[6] et 1932[7].
Elle reçoit la nationalité française en 1947. À partir de la mort de Staline, elle parvient progressivement à reprendre contact par courrier avec ses proches restés en Russie.
Une grande rétrospective de ses œuvres se tient en URSS en 1960, après 36 ans d'absence, organisée par sa fille Tatiana, décoratrice au théâtre d'art de Moscou.
À partir de 1966, ses tableaux sont de plus en plus exposés en Union soviétique[1], surtout à Moscou, Léningrad et Kyiv. Elle meurt en 1967 à Paris[1],[8]. Elle est enterrée au cimetière soviétique de Sainte-Geneviève-des-Bois, à côté de Paris.
En 2002 à Paris est créée la Fondation Sérébriakoff, qui a pour but de préserver et mettre en valeur l’œuvre des artistes de la famille Sérébriakoff-Lanceray[9].
Signature et surnoms
Expositions rétrospectives
- Kunstmuseum Basel, exposition « Born in Ukraine », du au : Autoportrait (1923/1924) et Modèle endormi (1941)[9].
Quelques œuvres
| Titre | Année | technique | Visible |
|---|---|---|---|
| Autoportrait à la toilette | 1909 | galerie Tretiakov | |
| Autoportrait au foulard | 1911 | ||
| La Baigneuse | 1911 | Musée russe de Saint-Petersbourg | |
| Fille avec bougie (autoportrait) | 1911 | ||
| Bania | 1913 | Musée russe de Saint-Pétersbourg | |
| Au déjeuner | 1914 | galerie Tretiakov) | |
| La Moisson | 1915 | Musée d'Odessa | |
| Les Blanchisseuses | 1917 | galerie Tretiakov | |
| Portrait du peintre Dimitri Bouchène | 1922 | ||
| Plage près de Camaret | 1925 | gouache | Les œuvres françaises sont conservées à la Fondation Sérébriakoff, à Paris et reproduites dans le livre Musée départemental breton, Peintres russes en Bretagne, Quimper, Éditions Palantines, (ISBN 2-911434-56-0) |
| Les Tas de Pois | 1925 | gouache | |
| Femme de Camaret faisant du crochet | 1926 | pastel | |
| Peintre dessinant la plage à Camaret-sur-Mer | 1926 | gouache sur carton | |
| Portrait d'Anne Cornu (Camaret) | 1926 | pastel | |
| Le marché à Pont-l'Abbé | 1934 | gouache | |
| La place du marché à Pont-l'Abbé | 1934 | pastel | |
| Femme de Pont-l'Abbé en costume traditionnel | 1934 | pastel sur papier | |
| Bigoudène près de son lit ou Bigoudène les mains croisées | 1934 | pastel sur papier | |
| Bretonne (Bigoudène) avec son enfant | 1934 | pastel sur papier | |
| Maison à la Vierge à Pont-l'Abbé | 1934 | gouache et aquarelle | |
| Intérieur de l'église de Pont-l'Abbé | 1934 | gouache et aquarelle | |
| Denis Larzul, pêcheur à Lesconil | 1934 | pastel | |
| Marché de Lesconil | 1934 | pastel | |
| Bretonne de Concarneau | 1937 | pastel |