Église des Cordeliers de Nancy
église située en Meurthe-et-Moselle, en France
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L'église des Cordeliers de Nancy, officiellement église Saint-François-des-Cordeliers, est une église catholique située dans la Vieille-Ville de Nancy (Meurthe-et-Moselle), juste à côté du palais des ducs de Lorraine dont elle héberge les tombeaux depuis 1743. L'église et le couvent qui la jouxte font aujourd'hui partie du musée Lorrain[1], mais l'église reste affectée au culte dans le cadre de la paroisse Saint-Epvre.
Chapelle Ducale
Chapelle ronde
| Église des Cordeliers de Nancy | |
Vue sur la façade principale. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Les Cordeliers Chapelle Ducale Chapelle ronde |
| Culte | Catholique romain |
| Type | Église-tombeau |
| Rattachement | Musée Lorrain |
| Début de la construction | 1477 |
| Fin des travaux | 1487 |
| Style dominant | Gothique et Renaissance |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Province historique | Lorraine |
| Département | Meurthe-et-Moselle |
| Ville | Nancy |
| Coordonnées | 48° 41′ 52,08″ nord, 6° 10′ 46″ est |
| modifier |
|
La chapelle de l'ancien couvent des Cordeliers[2], où se trouvent les tombeaux des ducs de Lorraine, est classée au titre des monuments historiques depuis 1840[3] et a bénéficié de classements supplémentaires en 1945 et 2005.
Localisation
Située au cœur de la Vieille-Ville de Nancy, l'église des Cordeliers se trouve précisément dans la Grande-Rue, au numéro 66.
Elle dépend de la paroisse Saint-Epvre.
Histoire

Construite sous le règne (1473-1508) de René II de Lorraine après la bataille de Nancy contre Charles le Téméraire, qui y est vaincu et tué, elle est consacrée en 1487.
Elle jouxte le palais ducal, reconstruit à la même époque.
En 1743, elle devient la nécropole des ducs de Lorraine, précédemment située dans la collégiale Saint-Georges, détruite à cette date.
Pendant quelques années à partir de 1857, l'église des Cordeliers sert de lieu de culte paroissial durant la période de reconstruction de la vieille basilique Saint-Epvre.
Description

Extérieur
L'édifice surprend par sa grande sobriété extérieure.
Il a une longueur totale de 73 mètres pour seulement 9 mètres de largeur.
Intérieur
La grande nef unique, typique de l'architecture des églises des Cordeliers, était décorée de nombreux vitraux[4], dont quelques fragments supposés sont visibles au musée Lorrain, ainsi que de fresques dont il reste une travée intacte au niveau du chœur.
Latéralement à la nef se trouvent des chapelles abritant les enfeus de certains ducs de Lorraine. Juste avant l'autel, sur le côté droit, se trouve l'impressionnant enfeu polychrome de style Renaissance du duc René II de Lorraine.
L'autel (rapporté[réf. nécessaire]) est décoré d'un retable polychrome datant de 1522.
La grande rosace refaite à l'époque classique représente les armes de la Lorraine.
À gauche de l'autel se trouve la chapelle funéraire des ducs de Lorraine fermée par une imposante grille aux armes de la dynastie.
Une partie du plafond est recouverte d'une fresque du XVIe siècle, attribuée à Hugues de la Faye, qui représente les Anges tenant les instruments de la Passion. Une autre peinture à la détrempe, qui se trouve sur les deux premières travées de gauche, proche des gisants de Claude de Baudoche et René de Beauvau, est dédiée à Notre-Dame-de-Consolation.
Au XIXe siècle ont été installées dans le chœur les stalles de bois provenant de l'abbaye de Salival et datant de 1691.
La chapelle Notre-Dame-de-Lorette, nécropole des ducs de Lorraine
La chapelle Notre-Dame-de-Lorette, chapelle funéraire des ducs de Lorraine depuis 1743, est accolée au chœur, sur le côté gauche. Elle a été construite de 1609 à 1612 dans un style baroque italien, avec notamment une remarquable coupole en trompe-l'œil. Au sol, une trappe en bois masque l'accès au caveau, où sont les tombeaux.
Cette chapelle, créée par la volonté de Charles III de Lorraine (1543-1608), héberge les dépouilles et les cénotaphes de tous les ducs de Lorraine, aïeux de la famille de Habsbourg-Lorraine depuis 1743.
Le seul duc à ne pas y être inhumé est François III, qui a renoncé au duché au profit de Stanislas Leszczynski (traité de Vienne). Époux (1736) de Marie-Thérèse d'Autriche, de la maison de Habsbourg, et élu empereur en 1745 (sous le nom de François Ier), il est inhumé dans la nécropole des Habsbourg à Vienne.
Galerie
- Vues intérieures de l'église
- Anges aux instruments de la Passion.
Entrée de la chapelle funéraire. Blason du duc Antoine de Lorraine surplombant le porche de l'église. Vue intérieure de l'église. Vue intérieure de la
chapelle funéraire.- Enfeu du tombeau du duc René II.
Les tombeaux des ducs de Lorraine
Le tombeau de René II et le gisant de son épouse

Dans la nef, à proximité du chœur se trouve le tombeau du duc René II de Lorraine, caractérisé par un monumental enfeu polychrome Renaissance dû à l'architecte Jacques Vauthier, réalisé en 1511[5]. La polychromie a été reprise au XIXe siècle.
Parmi les gisants situés dans la première partie de la nef (tous rapportés ultérieurement), celui de l'épouse de René II, Philippe de Gueldre (originellement à Pont-à-Mousson), est remarquable par la performance sculpturale de Ligier Richier ainsi que par le traitement de la pierre calcaire de Meuse lui conférant l'aspect du marbre.
Autres tombeaux
On trouve aussi les gisants d'Henri III de Vaudémont, d'Antoine de Vaudémont et de Marie d'Harcourt (1398-1476), ainsi que le tombeau du cardinal Charles de Vaudémont par Florent Drouin .
Un bel ensemble de facture romane, appelée Le retour du croisé (XIIe siècle) est présumée être le tombeau soit de Gérard Ier de Vaudémont et d'Huderige de Dagsbourg soit d'Hugues Ier de Vaudémont et Aigeline de Bourgogne. Dans cette sculpture, la femme enserre son mari de retour après une longue absence de plus d'une dizaine d'années.[pas clair]
Le graveur Jacques Callot et le peintre Jean Le Clerc sont inhumés dans le cloître attenant à l'église.
Liste des tombeaux
- Le duc René II de Lorraine.
- Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et Marguerite d'Egmont.
- ses fils le cardinal Charles de Vaudémont ainsi que Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur.
- François-Camille de Lorraine.
- Antoine de Lorraine et Renée de Bourbon-Montpensier.
- François Ier de Lorraine et Christine de Danemark.
- Charles III de Lorraine et Claude de France.
- Anne de Lorraine et Claude de Lorraine, filles de Charles III.
- la duchesse Nicole de Lorraine et Charles IV de Lorraine.
- Henri, marquis de Hattonchâtel.
- François II de Lorraine et Christine de Salm.
- le cardinal puis duc Nicolas-François de Lorraine et Claude-Françoise de Lorraine.
- le duc Charles V de Lorraine.
- son fils François de Lorraine, abbé de Stavelot ainsi que le cœur de Joseph de Lorraine, général dans l'armée impériale, mort en 1705.
- Le duc Léopold Ier de Lorraine et son épouse Élisabeth-Charlotte d'Orléans.
- leurs enfants morts jeunes : Léopold, duc de Bar, mort en 1700 ; Élisabeth-Charlotte de Lorraine, morte en 1711 ; Louise-Christine de Lorraine, morte en 1701 ; Gabrielle-Charlotte de Lorraine, morte en 1711 ; Louis de Lorraine, mort en 1711 ; Josèphe-Gabrielle de Lorraine, morte en 1709 ; Léopold-Clément, prince héréditaire de Lorraine, mort en 1723 ; Éléonore, morte en 1710, ainsi que leur dernière fille morte en 1715.
- leur fille Anne-Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont, morte en 1773.
- le cœur de Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas.
En 1743, sont transférées les dépouilles inhumées en la collégiale Saint-Georges de Nancy :
- Jean Ier, duc de Lorraine.
- Nicolas d'Anjou, duc de Lorraine.
- Charles II, duc de Lorraine.
- Marguerite de Wittelsbach.
- Marie de Bourbon, duchesse de Lorraine.
- Henri II, duc de Lorraine (posé sur le cercueil son cœur et ses entrailles).
- Marguerite de Gonzague (posé sur le cercueil son cœur et ses entrailles).
- entrailles de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.
En 1762, sont déposés les dépouilles inhumées en la collégiale de Vaudémont :
- Henri III de Vaudémont.
- Isabelle de Lorraine.
- Antoine de Vaudémont.
- cœur de Marie d'Harcourt.
En 1722, sont déposés les cœurs déposés en l'église des Noviciats de Nancy :
- cœur de Charles de Lorraine (1567-1607), évêque de Strasbourg et de Metz, mort en 1607.
- cœur de Charles III, duc de Lorraine.
- cœur d'Antoinette de Lorraine, duchesse de Juliers.
- Dorothée de Lorraine, duchesse de Brunswick.
- cœur de Charles V, duc de Lorraine.
- cœur de Léopold-Clément de Lorraine.
- cœur de Léopold Ier, duc de Lorraine.
Princes et princesses de Lorraine transférés après la révolution dans la crypte :
Depuis la chartreuse de Bosserville :
- Charles IV, duc de Lorraine.
- Charles-Henri de Lorraine, prince de Commercy.
- Anne-Élisabeth de Lorraine.
- cœur de Charles IV.
- cœur de Charles-Henri de Lorraine.
- cœur de Anne-Élisabeth de Lorraine.
Depuis l'église Saint-Léopold :
- Gérard Ier, comte de Vaudémont.
Depuis l'église des Minimes :
- cœur de Henri de Lorraine, marquis de Hattonchâtel.
Depuis l'abbaye de Royaumont :
Depuis l'église Notre-Dame de Nancy :
- cœur de François II, duc de Lorraine.
- cœur de Christine de Salm.
- cœur de Marie le Veneur, comtesse de Salm.
Depuis l'église du couvent des Capucins de Varangéville :
- Éric de Lorraine, évêque de Verdun.
- Henri de Lorraine, comte de Chaligny et marquis de Mouy.
- François de Lorraine-Chaligny, 90e évêque de Verdun.
Depuis l'abbaye de Beaupré :
- Raoul, duc de Lorraine.
- Ferry IV, duc de Lorraine.
- Le cœur de Ferry de Lorraine, évêque d'Orléans.
- Ferry III, duc de Lorraine.
- Thiébaud II, duc de Lorraine.
Depuis l'abbaye de Clairlieu :
- Mathieu II, duc de Lorraine.
- Judith-Berthe de Hohenstaufen.
- Mathieu, fils de Mathieu II.
Depuis abbaye de Royaumont (J.S.A.L. 1856) :
- Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, mort en 1601
- Louis de Lorraine, comte de Brionne.
- François-Armand de Lorraine, abbé de Royaumont.
La maison de Habsbourg-Lorraine et l'église des Cordeliers depuis 1737
En 1737, le duc François III, époux depuis 1736 de l'archiduchesse d'Autriche Marie-Thérèse de Habsbourg, renonce par le traité de Vienne au duché de Lorraine au profit de l'ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV. Le duché de Lorraine devient français en 1766, à la mort de Stanislas, conformément aux stipulations du traité de Vienne.
Ni François Ier, ni ses descendants, qui forment la maison de Habsbourg-Lorraine, ne se sont désintéressés de l'église des Cordeliers de Nancy, surtout après qu'elle est devenue la nécropole ducale.
Dès les années 1760, l'empereur s'inquiète de l'état des tombeaux de ses ancêtres et fait réaliser divers travaux de marbrerie. Il fait également dire des messes.[réf. nécessaire]
En 1770, l'archiduchesse Marie-Antoinette, fille de François et Marie-Thérèse, fait une halte dans la chapelle de ses ancêtres lors du voyage qui l'aemmène vers son fiancé, le dauphin Louis (futur Louis XVI).
Durant la Révolution française, les tombeaux sont profanés et les cercueils éventrés. Toutefois, les fossoyeurs prennent soin, en ensevelissant les os dans le cimetière de Boudonville, de les mettre à part.[réf. nécessaire]
Sous la Seconde Restauration (à partir de 1815), le roi de France Louis XVIII et l'empereur d'Autriche François Ier (1768-1835), petit fils de François Ier du Saint-Empire, s'émeuvent du triste état de la chapelle ronde. Celle-ci est restaurée et les dépouilles ducales sont solennellement réinstallées le lors d'une cérémonie expiatoire qui se déroule sous la direction de Nicolas-Charles de Vincent (1757-1834), noble lorrain et ancien ambassadeur d'Autriche, et de Charles de Forbin-Janson, évêque de Nancy[7]. D'autres dépôts funéraires ont lieu par la suite.
En 1826, l'empereur d'Autriche établit une fondation pour l'entretien d'un aumônier chargé de dire chaque jour une messe et d'assurer un service funèbre solennel chaque mois de novembre à la mémoire de ses ancêtres.
En 1867, l'empereur François-Joseph (1830-1916) vient à Nancy se recueillir sur le tombeau de ses ancêtres.[réf. nécessaire]
Le service des messes est interrompu en 1914 par le déclenchement de la Première Guerre mondiale (août 1914-novembre 1918). Après la fin de celle-ci, un groupe de Lorrains sous l'égide du maréchal Lyautey rétablit une messe solennelle annuelle à la mémoire des ducs et des princes de Lorraine et de Bar. Cet office, assuré depuis 1934, a lieu durant l'automne, généralement à la fin du mois d'octobre. Il est organisé par la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée Lorrain. La messe est célébrée par le curé de la paroisse Saint-Epvre, dont dépend l'église des Cordeliers. Elle est parfois présidée par l'évêque de Nancy et Toul.
Le , c'est dans la chapelle des Cordeliers qu'est célébré le mariage d'Otto de Habsbourg-Lorraine (1912-2011) et de Regina de Saxe-Meiningen (1925-2010). Ils y ont par la suite célébré leurs noces d'or le . Le , une messe de Requiem y a été dite à la mémoire d'Otto de Habsbourg-Lorraine par l'Oratoire Saint-Philippe Néri qui dessert la paroisse Saint-Epvre, en présence de quelque 350 personnes.
