L'immeuble du 10 rue de Solférino, dans le 7e arrondissement de Paris, est un ancien hôtel particulier du XVIIIesiècle, agrandi à la période haussmannienne. Domicile de la famille de Broglie à la fin du XIXe et au début du XXesiècle, siège de la fédération CGT des fonctionnaires dans les années 1930 et du ministère de l'Information sous le régime de Vichy, il est surtout connu pour avoir été le siège du Parti socialiste français entre 1980 et 2018. Le nom rue de Solférino ou simplement Solférino, par métonymie, désignait alors dans les médias la direction du Parti socialiste.
En difficultés financières, Marie Say doit vendre son hôtel particulier[2] et en 1934, la Fédération générale des fonctionnaires de la CGT achète l'immeuble[3] grâce à une souscription auprès de ses adhérents[2]. Mais à l'été 1940, le régime de Vichy dissout les syndicats et confisque leurs biens. Pendant l'Occupation, l'immeuble abrite alors le ministère de l'Information, principalement chargé de la propagande pour le régime[3].
Le , le secrétaire d'État et ultra-collaborationniste Philippe Henriot y est abattu, dans sa chambre, par un commando d'une quinzaine d'hommes du COMAC, le Comité militaire de la Résistance, mené par Charles Gonard qui s'était fait passé pour un groupe de miliciens[4] (le commando avait prévu initialement de l'enlever mais devant la résistance d'Henriot décide de l'abattre)[3]. Le , lors de la libération de Paris, l'immeuble, dans lequel des miliciens se trouvent encore, est pris d'assaut et occupé par des résistants issus du syndicalisme fonctionnaire[3] et l'immeuble retourne à la CGT.
Le projet de faire du bâtiment une «maison commune du syndicalisme» n'aboutit pas et il est acheté en 1978 par l'Union nationale des mutuelles de retraite des instituteurs et des fonctionnaires de l'Éducation nationale (Umrifen)[2]. L'immeuble comprend alors 3 000 m2 de bureaux et quelques appartements de fonction[2].
Siège du PS.
En 1980, le Parti socialiste (PS), trop à l'étroit dans ses locaux de la place du Palais-Bourbon, achète le bâtiment[6] et s'y installe au début de 1981. Au moment de l'affaire Urba dans les années 1990, il est question de revendre le 10, rue de Solférino mais Pierre Mauroy et Louis Mexandeau s'y opposent[4] (les deux avait fréquenté le bâtiment dans les années 1950, le premier comme responsable du Syndicat des enseignants du technique (SNETAA), le second comme secrétaire national du syndicat des surveillants)[4].
En 2017, le Parti socialiste en crise financière après ses défaites électorales[2], décide de le mettre en vente. La société Apsys, une société foncière dont l'activité principale est de créer et de gérer des centres commerciaux, achète le bâtiment pour 45,5 millions d'euros[7],[1] et le Parti socialiste déménage le [8].
Apsys engage alors deux ans de travaux avec l'architecte Jean-Paul Viguier[9] pour le transformer en bureaux de prestige, livrables à l'automne 2021[1].