9M730 Bourevestnik
missile de croisière russe à propulsion nucléaire thermique
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Le 9M730 Bourevestnik (en russe : Буревестник ; Pétrel ou Oiseau de tempête en français), (code OTAN : SSC-X-9 Skyfall)[2] est un missile de croisière russe expérimental à propulsion nucléaire thermique et à tête nucléaire, destiné aux forces armées russes. Il est parfois surnommé Tchernobyl volant[3]. Le missile aurait une vitesse subsonique[4] et une portée en pratique illimitée sur le globe terrestre (> 20 000 km)[5]. Le Bourevestnik est l'une des six armes stratégiques russes dévoilées par le président russe Vladimir Poutine le [6].
| 9M730 Bourevestnik | |
Lancement d'un prototype du 9M730 Bourevestnik en 2018. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Type de missile | Missile de croisière |
| Constructeur | Bureau d'études Novator et Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale |
| Statut | en développement |
| Déploiement | prévu au plus tôt pour 2027 |
| Caractéristiques | |
| Nombre d'étages | 2 (avec propulseur d'appoint) |
| Moteurs | Propulsion nucléaire thermique à Propergol liquide |
| Longueur | 12 m |
| Vitesse | subsonique[1] |
| Portée | supérieure à 14 000 km |
| Charge utile | tête nucléaire |
| Pays utilisateurs | |
| modifier |
|
Conception et développement

L’industrie russe de défense travaille sur un missile de croisière intercontinental à propulsion nucléaire thermique, capable de pénétrer tout système de défense antimissile. Il aurait la capacité d'esquiver les défenses antimissiles[5]. Le nom de l'arme a été choisi par la voie inhabituelle d'un vote public[7]. Les tests de l'unité de propulsion nucléaire, une étape majeure des essais du missile de croisière, auraient été achevés avec succès en [4], sur les terrains d’entraînement de Kapustine Yar et en Nouvelle-Zemble[8].
Selon Nezavissimaïa Gazeta, le propulseur d'appoint utilise un carburant solide et le moteur principal un fluide propulsif chauffé à haute température par un réacteur nucléaire ou un générateur thermique à radioisotope[9]. Le missile aurait une longueur de 12 m au lancement, puis de 9 m en vol, et l'avant du fuselage aurait une forme elliptique de 1 × 1,5 m[8].

En , les services de renseignement américains estimaient que la Russie avait tenté treize vols d’essais, se soldant tous par des échecs[10].
L'alter-ego sous-marin du Bourevestnik est présenté dans le même temps par le président russe Vladimir Poutine sous l'aspect du drone-torpille 2M39 Poseïdon à propulsion nucléaire. Le drone-torpille à visées stratégiques est également présenté comme un moyen innovant de délivrer le feu nucléaire, d'une manière exclusivement sous-marine grâce à des vecteurs sous-marins identifiés, tels que le K-329 Belgorod et le Khabarovsk (projet 09851).
Vladimir Poutine annonce le un essai final réussi d’un missile Bourevestnik, en faisant l’éloge de cette arme unique d'une portée illimitée[11]. Selon les informations communiquées par le général Valery Gerasimov, chef d’état-major général des Forces armées, le test aurait eu lieu le et aurait permis au missile de parcourir une distance de 14 000 kilomètres en effectuant un vol d’environ 15 heures. Le Bourevestnik est présenté comme une arme stratégique capable d’atteindre des cibles hautement sécurisées, quelle que soit leur localisation, grâce à sa technologie avancée et sa précision accrue[12],[13].
Accident du 8 août 2019
Le , un accident survient sur la base d’essais militaires située à deux kilomètres du village de Nyonoksa. Une explosion fait plusieurs victimes parmi les personnels de la base participant aux essais, disperse une quantité inconnue de radionucléides dans l'atmosphère et entraîne une hausse de la radioactivité dans les environs[14].
Le , l'agence russe de l'énergie nucléaire Rosatom indique que cette explosion est liée à un accident impliquant le test d'une « source d'énergie isotopique pour un moteur de fusée à combustible liquide », et qu'elle a entraîné la mort de huit personnes[15],[16]. Des experts et des journalistes évoquent un lien possible entre l'accident et les tests du Bourevestnik[17]. Les sources du gouvernement russe sont trop rares et imprécises pour le savoir et les experts restent circonspects sur le type de propulsion de la fusée. Certains communiqués russes évoquent un test de combustible peu usité et impliquant des radioisotopes.
Quoi qu'il en soit, ces essais, comme les objectifs stratégiques poursuivis par la Russie[18], suscitent de vives réactions sur le plan international[19].
Voir aussi
- 2M39 Poseïdon
- K-329 Belgorod
- Kilopower
- NERVA
- Projet Pluto
- Missile supersonique à basse altitude
- Accident de Nyonoksa (accident nucléaire russe du )
- Avangard (missile)