Les Pleurs de Laupepa
livre de Robert Louis Stevenson
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les Pleurs de Laupepa, sous-titré En marge de l'histoire, huit années de troubles aux Samoa (titre original : A Footnote to History: Eight Years of Trouble in Samoa), est un ouvrage de Robert Louis Stevenson publié en 1892. Il relate la crise politique et sociétale profonde que traversent les îles Samoa à l'époque et dénonce l'attitude des puissances coloniales présentes.
| Les Pleurs de Laupepa En marge de l'histoire, huit années de troubles aux Samoa | |
| Auteur | Robert Louis Stevenson |
|---|---|
| Genre | littérature documentaire |
| Sujet | guerre civile samoane |
| Version originale | |
| Langue | anglais |
| Titre | A Footnote to History: Eight Years of Trouble in Samoa |
| Éditeur | Cassell |
| Lieu de parution | Londres |
| Date de parution | 1892 |
| Version française | |
| Traducteur | Bernard Blanc |
| Éditeur | Payot |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1995 |
| ISBN | 978-2-228-88857-8 |
| modifier |
|
Il est traduit et publié en français en 1995.
Contexte

En 1888, Stevenson se voit proposer, par son agent, d'écrire des récits de voyages dans le Pacifique destinés à être publiés dans le Sun. L'écrivain entame alors un long périple avec son épouse Fanny avant de s'installer dans l'île d'Upolu en 1889. Ils y acquièrent un domaine à Vailima et manifestent d'emblée un intérêt pour la culture locale et ses coutumes. Ils se démarquent ainsi de l'opinion générale des 300 colons dont l'installation est favorisée par un condominium formé de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et des États-Unis[1].
Les îles ont été le théâtre, lors de l'année précédente de leur arrivée, d'une humiliation des troupes allemandes. En soutenant Tupua Tamasese Titimaea contre les autres chefs visant à la suprématie sur les îles, elles ont subi de lourdes pertes contre les troupes de Mata'afa et ont décidé de transférer leur soutien vers le camp du chef Laupepa. Mais celui-ci ne réussit pas s'imposer et le territoire est devenu de plus en plus instable dans un contexte où la culture samoane se trouve en butte avec les visées commerciales des puissances occidentales[2].
Stevenson décide de se consacrer à la rédaction d'un ouvrage spécifique consacré aux Samoa et leur culture en péril. Il compte le publier depuis Sydney, mais sa santé ne lui permet pas d'y rester et il retourne définitivement à Vailima. Il s'y attèle donc sur place mais doit surseoir à son projet, car les besoins financiers pour la résidence de Vailima sont considérables, et il doit satisfaire les attentes des éditeurs, plus rémunératrices, avec des ouvrages comme Le Trafiquant d'épaves. La manuscrit de A Footnote to History: Eight Years of Trouble in Samoa est terminé en 1892, et envoyé aux États-Unis le [1],[2].
Propos


La crise politique qui aboutira à la première guerre civile samoane incite Stevenson à porter à la connaissance du public des événements qui lui paraissent en contradiction avec ses valeurs. Il voit notamment un danger dans l'opposition entre Laupepa, soutenu par les Allemands, et Mata'afa, appuyé par les Britanniques, et prône une conciliation entre les deux prétendants au titre de roi des Samoa. Sa posture va à l'encontre des objectifs des deux puissances de voir s'affaiblir les chefferies traditionnelles, allant jusqu'à emprisonner les chefs locaux et envisager leur exil. Il dénonce aussi le rôle de la London Missionary Society qui soutient Laupepa allant à l'encontre de la position du gouvernement britannique. Il évoque également la corruption de personnalités mandatées sur place par les puissances coloniales[1].
Accueil
Dans sa présentation de l'édition parue en français en 1995, sous le titre Les Pleurs de Laupepa, Michel Le Bris indique que l'arrivée sur place des premiers ouvrages à partir d' provoque un scandale, avec une menace de procès de la part du représentant de la London Missionary Society. La capacité de Stevenson à mobiliser l'opinion britannique provoque le rappel du prélat à Londres. Le haut-commissaire britannique dans le Pacifique envisage des mesures de rétorsion envers l'écrivain mais le Colonial Office déclare devant les Communes qu'il donnera des instructions pour qu'il n'y ait pas de suites. Toujours selon Le Bris, les autorités allemandes réagissent avec une grande hostilité : le livre est interdit en Allemagne, tandis que son éditeur est condamné à une amende[1].
Le New York Times consacre un article élogieux à l'ouvrage, évoquant une grande puissance narrative et lui prédisant un grand succès[3].
The Atheneum rend hommage au travail approfondi de l'auteur, à son souci d'objectivité, et à son désir de vérité[4].
Postérité
L'anthropologue Nicholas Thomas (en) salue l'approche de Stevenson comme étant soucieuse de considérer le sens politique des acteurs locaux au même titre que celui des puissances coloniales. Il souligne aussi que, bien qu'elle soit un peu superficielle à l'aulne des connaissances contemporaines, sa compréhension des coutumes, se situe bien au-delà de celle des témoins séjournant sur place[2].