Aaron Bank
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Échec lors de la sérialisation des données.
Bank a grandi à New York, fils d'immigrants juifs russes. Son père est décédé en 1904 et sa mère, veuve, l'a élevé tout en gagnant sa vie en enseignant le français, l'allemand et le piano. Jeune homme, Bank a travaillé comme maître-nageur à Long Island (New York) et aux Bahamas ; plus tard, il fut chef de poste de secours dans une station balnéaire huppée de Biarritz.
Il s'engage dans l'armée le 19 août 1942, puis se porte volontaire pour des opérations spéciales. Approchant de la quarantaine, il est alors jugé « trop vieux » pour le combat, mais ses capacités athlétiques inhabituelles lui permettent d'être accepté au sein de l'OSS (Office of Strategic Services).
L'OSS menait des opérations d'espionnage (branche SI) et des opérations spéciales (branche SO) destinées au sabotage et à la guérilla. Bank fut affecté à la branche SO ainsi qu'au commandement des Groupes Opérationnels. Le 31 juillet 1944, il prit la tête de l'équipe Jedburgh PACKARD : il fut parachuté dans le département de la Lozère, en France, pour faire la jonction avec la Résistance française[1].
À la fin 1944, il est à la tête du commando qui doit s’infiltrer en Allemagne, vêtu d’uniformes SS, pour capturer Hitler. Cette opération, nom de code Iron Cross (Croix de Fer), est finalement annulée du fait de l’avancée rapide des troupes alliées en Europe.
Officier de l'OSS (Office of Strategic Services), il est parachuté au Laos en . En Indochine, le commandant Bank rencontre à plusieurs reprises le dirigeant communiste Hô Chi Minh (1890-1969). Mais, il ne retient de son programme politique que son anticolonialisme et son nationalisme. En sa qualité de conseiller politique, il lui fournit le texte de la Constitution américaine qui inspire la déclaration d’indépendance de la République du Vietnam du .
Les hommes de l’OSS, par leur soutien à la résistance vietnamienne communiste - elle est aux yeux des Américains anticoloniale avant tout - se heurtent rapidement aux agents français et britanniques de la Force 136 du SOE et aux soldats - les "Gaurs" - du Corps Léger d'Intervention (CLI) chargés de préparer l'arrivée du corps expéditionnaire du général Leclerc (en ).
Le général d’armée Douglas David Gracey (1894-1964)[2], commandant des forces britanniques en Indochine, demande même au lieutenant-colonel de l'OSS Albert Peter Dewey (en)[3] (1916-1945, Silver Star, Legion of Merit à titre posthume, Chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1939-1945 avec palmes)[4] de quitter le pays. Ce dernier a, en effet, une influence sur les milieux politiques de Washington car son oncle est membre conservateur du Congrès. Dewey résume ainsi la situation politique dans un rapport : « La Cochinchine est embrasée, les Français et les Britanniques sont finis ici, et nous [les États-Unis] devrions déguerpir d’Asie du Sud-Est. » Dewey est abattu le , au volant de sa jeep, au cours d’une embuscade sur la route de l’aéroport de Saïgon, apparemment confondu avec un Français[5].
En , Bank, colonel commandant une unité aéroportée, il est rappelé du front coréen pour créer puis commander le 10e Groupe aéroporté des Forces spéciales de l’armée de terre (les futurs Bérets Verts) à Fort Bragg, en Caroline du Nord, le premier camp d’entraînement à la guerre non conventionnelle de l’armée américaine.
En retraite en 1958, nommé colonel honoraire du 1er Special Forces Regiment, il est décédé le .
Auteur de From OSS to Green Berets: the Birth of Special Forces (1987) et Knights Cross (1993).
Notes
- ↑ Les Jedburghs de Will Irwin
- ↑ Biographie du général Gracey sur le site du King's College de Londres; Liddell Hart Centre for Military Archives
- ↑ Biographie et photographie de Peter Dewey sur un site consacré aux forces spéciales
- ↑ biographie de Peter Dewey sur le site du cimetière militaire d'Arlington (E-U)
- ↑ Rapporté dans Au cœur de l'action clandestine de D. Smiley
Sources
- David Smiley, Au cœur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6, L’Esprit du Livre Éditions, 2008. Traduction de (en) Irregular Regular, Michael Russell, Norwich, 1994 (ISBN 0-859-55202-0), 1994). Les mémoires d'un officier du SOE en Albanie en 1943-44 puis du SOE en Asie du Sud-Est et enfin du MI6 après guerre (Pologne, Albanie, Oman, Yémen). L'équipe de la Force 136 de David Smiley, officier du SOE britannique, se heurte à Bank et aux agents de l'OSS. Ce témoignage est confirmé par Erwan Bergot et Claude Faure.
- Erwan Bergot Commandos de choc en Indochine. Les Héros oubliés, Grasset, 1975. Le nom du colonel Bank y est orthographié par erreur Banks.
- Claude Faure Aux Services de la République, du BCRA à la DGSE, Fayard, 2004. Dans le chapitre 10, l’auteur analyse la politique américaine en Asie en 1945, en conflit avec celles de la France et de la Grande-Bretagne. L'opposition entre l'équipe de David Smiley et Peter Kemp et les hommes de Bank est rapportée.
- Colonel Jean Le Morillon, Un breton en Indochine. Mission "Oiseau mouche", Cheminements, Collection Gens d’Ici, 2000 (ISBN 978-2-84478-106-2)
- Colonel Jean Sassi, en collaboration avec Jean-Louis Tremblais, Opérations spéciales : 20 ans de guerres secrètes, Éditions Nimrod, 2009, (ISBN 978-2-915243-17-8). Cahier photos. L'auteur aborde son "affrontement" avec le colonel Bank.
- Jacques Dalloz, La guerre d’Indochine, Seuil Points Histoire, 1987
- Will Irwin, Les Jedburghs. L'histoire secrète des Forces spéciales alliées en France en 1944, Perrin, 2008
- « La biographie de A. Bank sur le site du California State Military Museum »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) (consulté le )
- (en) Thailand’s Secret War. The Free Thai, OSS, and SOE during World War II de E. Bruce Reynolds - Cambridge University Press - 2004. Ouvrage consacré aux forces spéciales britanniques et américaines en Thaïlande. Extraits en ligne