Un abalakov peut être réalisé[2] avec une broche à glace, minimum 18 cm[3], 80 cm de cordelette[3] et un crochet à lunule.
- Deux trous, séparés de 20 cm[4] (à adapter selon la longueur de la broche à glace utilisée), sont percés dans la glace à l'aide de la broche à glace, verticalement ou horizontalement. Le but est que ces deux trous se rejoignent au sein de la glace, pour former un V débouchant.
- La cordelette est passée dans un trou et récupérée avec le crochet à lunule. Un nœud sécurisant est réalisé (typiquement un nœud de pêcheur double), en laissant assez de marge par rapport à la paroi.
- La boucle ainsi réalisée est alors utilisée pour assurer la progression, ou faire un rappel ou un relais : la corde de rappel est passée dans la boucle de l’abalakov.
Les abalakovs ne doivent être réalisés que dans la glace solide et de préférence verticalement, car la résistance est alors plus importante[5],[6]. Un abalakov doit toujours être testé avant d'être utilisé. Idéalement, on sécurisera l’abalakov avec une broche (amarrage doublé, ancrage redondant, miséricorde), mise en sauvegarde à distance raisonnable de celui-ci et raccordée par une dégaine fixée directement sur la corde de progression, de rappel ou de relais. Si la glace n'est pas assez solide, il est possible de faire un deuxième abalakov pour équilibrer les forces de traction, ou de passer par un autre chemin[7].
En cas d’abalakov réalisé pour effectuer un rappel, c’est la personne la plus lourde de la cordée qui part en premier. Le dernier de cordée, le plus léger, avant son rappel, récupère la broche à glace d'assurance redondante (miséricorde) et descend sans assurance sur un seul point d'ancrage constitué par la cordelette de l’abalakov uniquement.
Faire des abalakovs avec de la cordelette requiert de laisser en place un brin de cordelette une fois le relais quitté. C'est inesthétique et disgracieux pour l'environnement. Il est recommandé, en cas de rappel sur abalakov, si, et seulement si, la glace le permet (c'est-à-dire qu'elle n'est pas humide, présentant de l'eau qui coule à une température ambiante négative, ce qui occasionnerait un regel rapide) de faire passer directement la corde de rappel dans le trou de l'abalakov. On parle alors de lunule « sèche ». Une fois le relais suivant atteint, on rappelle la corde en tirant simplement dessus, ce qui libère le « trou débouchant », ne laissant ainsi aucun équipement en place.