D'ethnie Zaghawa[3], il appartient au clan Kobé et est lié à la famille du sultan d'Iriba[4].
Abbas Koty a fait ses études primaires dans sa ville natale d'Iriba. Il a poursuivi ses études secondaires d'abord au lycée franco-arabe d'Abéché puis au Lycée Félix Eboué de N'Djaména jusqu'à l'obtention de son baccalauréat série A4. En 1976, il s'inscrit à l'école militaire interarmes des officiers de N'Djaména, d'où il sort officier en 1978[5].
Carrière
Il est le directeur du cabinet militaire du chef de l'État Goukouni Oueddei de 1979 à , date à laquelle Goukouni Oueddei a été évincé par Hissène Habré.
Il s'est ensuite exilé au Nigeria. Bien qu'opposé à Habré, il est retourné au Tchad en 1985 dans le cadre d'une politique de réconciliation nationale.
Il rejoint ensuite le Mouvement Patriotique du salut (MPS), une rébellion contre le régime Habré à l'époque, et devient membre de son bureau politique.
Après la prise du pouvoir d'Idriss Déby au Tchad en , il est promu colonel et devient chef d'état-major de l'armée. En , il est nommé ministre de la Défense, des anciens combattants et des victimes de guerre par Idriss Déby[1]. En , il se voit confier le portefeuille des Travaux publics et des Transports[6]. Lors d'un congrès du parti MPS, Abbas Koty est élu au comité exécutif du parti et a été nommé responsable de la défense et de la sécurité[1].
Le , il a été annoncé qu'un complot organisé par Koty avait été déjoué[7]. Koty part en exil au Cameroun, où il est l'un des fondateurs, le , du Comité national de relance (CNR). En , il a été élu président du groupe[1].
Le [8], il signe un accord de paix avec le gouvernement tchadien à Tripoli, en Libye[8],[9] et regagne le Tchad. Le , il signe un autre accord avec le gouvernement, prévoyant la transformation du CNR en parti politique, ainsi que l'intégration des combattants du groupe dans l'armée[9],[10]. Le , cependant, Koty est tué par balle à N'Djaména par les forces de sécurité. Selon le gouvernement, il préparait un coup d'État et avait résisté à son arrestation[2],[9],[10], mais le CNR l'a démenti et affirme qu'il a été tué parce que Idriss Déby l'avait perçu comme une menace en raison de sa popularité[9]. Un rapport du département d'État américain sur les droits de l'homme a également mis en doute le compte-rendu officiel, affirmant qu'il y avait «des preuves solides qu'il s'agissait d'un meurtre politique[2]».
Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé «Abbas Koty» (voir la liste des auteurs).
↑ (en) Bernard Lanne, «Chad: Regime Change, Increased Insecurity, and Blockage of Further Reforms», dans John F. Clark et David E. Gardinier (éds.), Political reform in francophone Africa, Westview Press, , p.277.