Abbaye Saint-Magloire de Paris

abbaye située à Paris, en France From Wikipedia, the free encyclopedia

L'abbaye Saint-Magloire de Paris est une ancienne abbaye parisienne de moines bénédictins.

Faits en bref Présentation, Culte ...
Abbaye Saint-Magloire de Paris
Présentation
Culte Catholique romain
Rattachement Archidiocèse de Paris
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 51′ 52″ nord, 2° 21′ 01″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Abbaye Saint-Magloire de Paris
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Abbaye Saint-Magloire de Paris
Géolocalisation sur la carte : 1er arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 1er arrondissement de Paris)
Abbaye Saint-Magloire de Paris
Fermer

Situation

L'abbaye Saint-Magloire de Paris était située au 82, rue Saint-Denis à Paris. Elle était située à l'emplacement du carrefour des actuels rue Rambuteau et boulevard de Sébastopol. Elle s'étendait, au nord à l'arrière des maisons des actuels numéros 84 à 90 de la rue Saint-Denis jusqu'au « cul-de-sac Saint-Magloire » ou rue Saint-Magloire disparue en 1859 lors du prolongement de la rue de la Grande-Truanderie jusqu'au boulevard Sébastopol, au sud jusqu'à l'église du Saint-Sépulcre. Le boulevard Sébastopol a été percé en 1859 à son emplacement approximativement entre les rues de la Grande-Truanderie et Berger.

À proximité, se trouvait au nord, l'église Saint-Leu-Saint-Gilles[1].

Abbaye Saint-Magloire sur plan Turgot.

Historique

Arrivée de la congrégation à Paris

Des moines de l'abbaye Saint-Magloire de Léhon fuyant les ravages normands se présentèrent à Paris devant Hugues Le Grand, selon les uns, Hugues Capet, selon d'autres. Le comte de Paris fonda vers 970 l'abbaye bénédictine de Saint-Magloire[2].

Le roi leur concéda une terre sur la rive en bordure de la rue Saint-Denis où fut érigée une chapelle dédiée à saint Georges dite In suburbio Parisiaco, haud procul a moenibus c'est-à-dire dans la banlieue de Paris, non loin des murs[3],[4].

Le monastère de l'île de la Cité

Le monastère s'établit vers la fin du Xe siècle dans l'Île de la Cité à l'emplacement d'une ancienne chapelle royale du Palais dédiée à saint Barthélemy.

Robert Le Pieux (v.972-1031), confirme par un diplôme rédigé vers 999, toutes les donations faites par son père et son aïeul[5].

Philippe Ier, signe en 1093, une charte prononçant la soumission de l'abbaye Saint-Magloire de Paris à celle de l'abbaye de Marmoutier[6].

Le monastère de la rue Saint-Denis

En 1138, les religieux de Saint-Magloire quittèrent la cité pour s'établir dans leur domaine de la rive droite rue Saint-Denis, au sud de l'église paroissiale Saint-Leu-Saint-Gilles qui fut édifiée en 1235. Deux religieux restèrent dans l'église Saint-Barthélémy de la Cité qui devint le centre d'une petite paroisse[7]. Le jeune duc Geoffroy II de Bretagne donne en 1181, confirmation de l'accord conclu entre l'abbaye Saint-Magloire de Paris et le prieuré royal Saint-Magloire de Léhon[8]

Henri Ier (1008-1060), roi des Francs de 1031 à 1060, donne aux moines de l'abbaye Saint-Magloire de Paris, dans le comté de Paris, la dîme des essarts en forêt d'Yvelines et l'église neuve des Essarts-le-Roi avec ses dîmes[9]

Les Filles pénitentes, qui prirent le nom de Saint-Magloire, succédèrent à ces religieux dans leur couvent de la rue Saint-Denis.

Le monastère de la rue Saint-Jacques

Vue du Séminaire St Magloire à côté de l'église St-Jacques-du-Haut-Pas.

En 1572, ils abandonnèrent le monastère de la rue Saint-Denis pour le séminaire Saint-Magloire, rue Saint-Jacques, près de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas.

Possessions de l'abbaye

Possessions dans le diocèse de Chartres

En 989 Robert-le-Pieux donne à l'abbaye des dîmes en forêt d'Yveline, omnis terris Aquiline, que son fils, Henri Ier confirme en 1031-1032 [10]

La seigneurie de Méré constituait le centre des possessions de l'abbaye Saint-Magloire en Yvelines[2]. L'abbaye possédait en effet les paroisses groupées environnantes : Grosrouvre, Galluis et son annexe La Queue-les-Yvelines, Mareil-le-Guyon ancienne annexe de Méré, Bazoches-sur-Guyonne et son annexe Les Mesnuls, Montfort-l'Amaury, Autouillet, Boissy-sans-Avoir[11],

Autres possessions

  • Seigneurie de Morsang vendue en 1564,
  • Seigneurie de Ris vendue en 1570,
  • Seigneurie Villiers-Chapuis, en Seine-et-Marne, vendue en 1573,
  • Seigneurie d’Issy vendue en 1599 .
  • Seigneurie de Méré, dans les Yvelines que l’Archevêque conserva jusqu’en 1790.
  • Seigneurie du Lieutel, dans les Yvelines, vendue le à Guillaume Robichon,
  • Prieuré de Versailles vendu au roi en 1673. Dans quelques cas cependant, les anciens titres passèrent au nouveau
  • Prieuré de Saint-Martin d'Ez, que Saint-Magloire avait reçu de Marmoutier en 1181, et passa à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise, dans le seconde moitié du XVIe siècle. Nicole de Saint-Ouen, qui devint abbé de Saint-Magloire, en remplacement de Charles Boucher d'Orsay, en était encore titulaire en 1554.

Abbés

Abbés réguliers

  • 970 : Junan
  • 1294 : Louis de Montfort, c'est sous son ordre qu'est rédigé le Petit Cartulaire, en 1294,
  • 1328 : Jean de Rozay. Procéda en 1328 à un inventaire des titres, et en 1331, fit réaliser la rédaction du Grand Cartulaire,

Abbés commendataires

  • 1541 : Charles Boucher d'Orsay, évêque in-partibus de Mégare
  • 1555 : Nicole de Saint-Ouen

Propriétés, revenus

Œuvres d’art

Le couvent de la rue Saint-Denis abritait le monument funéraire d’André Blondel de Rocquencourt. La dalle, réalisée par Jean Goujon, est conservée au musée du Louvre[14].

Suppression du couvent de la rue Saint-Denis

Restes de l'église du couvent de Saint-Magloire en 1858.

Le couvent est supprimé en 1790 et ses bâtiments devinrent biens nationaux.

Le couvent utilisé de 1792 à 1795 comme manufacture de fabrication d'armes est vendu en à plusieurs acquéreurs. L'église est démolie, clocher transept et la plus grande partie de la nef, le , le couvent le . À leur emplacement, divers bâtiments sont construits, ensemble très dense s'étendant également sur une partie des anciens jardins et cours remplacés par des cours exigües[15].

Le mur nord du collatéral de la nef de l'église, divisée intérieurement en divers locaux, était encore visible en 1858 lors du percement du boulevard Sébastopol.

La plupart des bâtiments construits à la suite de la vente du couvent à la fin des années 1790 sont disparus lors du percement de la rue Rambuteau en 1838 et à la fin des années 1850 lors du percement du boulevard Sébastopol et du prolongement des rues de la Cossonnerie et de la Grande-Truanderie. Il n'en reste plus aucun vestige visible sur les voies parcourant le territoire de l'ancienne abbaye (rue Saint-Denis, rue Réaumur, boulevard Sébastopol, rue de la Cossonnerie).

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI