Abbaye Saint-Magloire de Paris
abbaye située à Paris, en France
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L'abbaye Saint-Magloire de Paris est une ancienne abbaye parisienne de moines bénédictins.
| Abbaye Saint-Magloire de Paris | ||||
| Présentation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Culte | Catholique romain | |||
| Rattachement | Archidiocèse de Paris | |||
| Géographie | ||||
| Pays | ||||
| Région | Île-de-France | |||
| Département | Paris | |||
| Ville | Paris | |||
| Coordonnées | 48° 51′ 52″ nord, 2° 21′ 01″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Paris
Géolocalisation sur la carte : 1er arrondissement de Paris
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Situation
L'abbaye Saint-Magloire de Paris était située au 82, rue Saint-Denis à Paris. Elle était située à l'emplacement du carrefour des actuels rue Rambuteau et boulevard de Sébastopol. Elle s'étendait, au nord à l'arrière des maisons des actuels numéros 84 à 90 de la rue Saint-Denis jusqu'au « cul-de-sac Saint-Magloire » ou rue Saint-Magloire disparue en 1859 lors du prolongement de la rue de la Grande-Truanderie jusqu'au boulevard Sébastopol, au sud jusqu'à l'église du Saint-Sépulcre. Le boulevard Sébastopol a été percé en 1859 à son emplacement approximativement entre les rues de la Grande-Truanderie et Berger.
À proximité, se trouvait au nord, l'église Saint-Leu-Saint-Gilles[1].

Historique
Arrivée de la congrégation à Paris
Des moines de l'abbaye Saint-Magloire de Léhon fuyant les ravages normands se présentèrent à Paris devant Hugues Le Grand, selon les uns, Hugues Capet, selon d'autres. Le comte de Paris fonda vers 970 l'abbaye bénédictine de Saint-Magloire[2].
Le roi leur concéda une terre sur la rive en bordure de la rue Saint-Denis où fut érigée une chapelle dédiée à saint Georges dite In suburbio Parisiaco, haud procul a moenibus c'est-à-dire dans la banlieue de Paris, non loin des murs[3],[4].
Le monastère de l'île de la Cité
Le monastère s'établit vers la fin du Xe siècle dans l'Île de la Cité à l'emplacement d'une ancienne chapelle royale du Palais dédiée à saint Barthélemy.
Robert Le Pieux (v.972-1031), confirme par un diplôme rédigé vers 999, toutes les donations faites par son père et son aïeul[5].
Philippe Ier, signe en 1093, une charte prononçant la soumission de l'abbaye Saint-Magloire de Paris à celle de l'abbaye de Marmoutier[6].
Le monastère de la rue Saint-Denis
En 1138, les religieux de Saint-Magloire quittèrent la cité pour s'établir dans leur domaine de la rive droite rue Saint-Denis, au sud de l'église paroissiale Saint-Leu-Saint-Gilles qui fut édifiée en 1235. Deux religieux restèrent dans l'église Saint-Barthélémy de la Cité qui devint le centre d'une petite paroisse[7]. Le jeune duc Geoffroy II de Bretagne donne en 1181, confirmation de l'accord conclu entre l'abbaye Saint-Magloire de Paris et le prieuré royal Saint-Magloire de Léhon[8]
Henri Ier (1008-1060), roi des Francs de 1031 à 1060, donne aux moines de l'abbaye Saint-Magloire de Paris, dans le comté de Paris, la dîme des essarts en forêt d'Yvelines et l'église neuve des Essarts-le-Roi avec ses dîmes[9]
Les Filles pénitentes, qui prirent le nom de Saint-Magloire, succédèrent à ces religieux dans leur couvent de la rue Saint-Denis.
Le monastère de la rue Saint-Jacques

En 1572, ils abandonnèrent le monastère de la rue Saint-Denis pour le séminaire Saint-Magloire, rue Saint-Jacques, près de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas.
Possessions de l'abbaye
Possessions dans le diocèse de Chartres
En 989 Robert-le-Pieux donne à l'abbaye des dîmes en forêt d'Yveline, omnis terris Aquiline, que son fils, Henri Ier confirme en 1031-1032 [10]
La seigneurie de Méré constituait le centre des possessions de l'abbaye Saint-Magloire en Yvelines[2]. L'abbaye possédait en effet les paroisses groupées environnantes : Grosrouvre, Galluis et son annexe La Queue-les-Yvelines, Mareil-le-Guyon ancienne annexe de Méré, Bazoches-sur-Guyonne et son annexe Les Mesnuls, Montfort-l'Amaury, Autouillet, Boissy-sans-Avoir[11],
Autres possessions
- Seigneurie de Morsang vendue en 1564,
- Seigneurie de Ris vendue en 1570,
- Seigneurie Villiers-Chapuis, en Seine-et-Marne, vendue en 1573,
- Seigneurie d’Issy vendue en 1599 .
- Seigneurie de Méré, dans les Yvelines que l’Archevêque conserva jusqu’en 1790.
- Seigneurie du Lieutel, dans les Yvelines, vendue le à Guillaume Robichon,
- Prieuré de Versailles vendu au roi en 1673. Dans quelques cas cependant, les anciens titres passèrent au nouveau
- Prieuré de Saint-Martin d'Ez, que Saint-Magloire avait reçu de Marmoutier en 1181, et passa à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise, dans le seconde moitié du XVIe siècle. Nicole de Saint-Ouen, qui devint abbé de Saint-Magloire, en remplacement de Charles Boucher d'Orsay, en était encore titulaire en 1554.
Abbés
Abbés réguliers
- 970 : Junan
- 1294 : Louis de Montfort, c'est sous son ordre qu'est rédigé le Petit Cartulaire, en 1294,
- 1328 : Jean de Rozay. Procéda en 1328 à un inventaire des titres, et en 1331, fit réaliser la rédaction du Grand Cartulaire,
Abbés commendataires
- 1541 : Charles Boucher d'Orsay, évêque in-partibus de Mégare
- 1555 : Nicole de Saint-Ouen
Propriétés, revenus
- 1209 : à la suite de l'arbitrage de Pierre de Nemours (?-1220), évêque de Paris, Thomas de Bruyères[12] cède à l'abbaye Saint-Magloire de Paris la dîme du fief de Séquigny qui revenait à la cure de Sainte-Geneviève-des-Bois (charte LXIX)[13].
Œuvres d’art
Le couvent de la rue Saint-Denis abritait le monument funéraire d’André Blondel de Rocquencourt. La dalle, réalisée par Jean Goujon, est conservée au musée du Louvre[14].
Suppression du couvent de la rue Saint-Denis

Le couvent est supprimé en 1790 et ses bâtiments devinrent biens nationaux.
Le couvent utilisé de 1792 à 1795 comme manufacture de fabrication d'armes est vendu en à plusieurs acquéreurs. L'église est démolie, clocher transept et la plus grande partie de la nef, le , le couvent le . À leur emplacement, divers bâtiments sont construits, ensemble très dense s'étendant également sur une partie des anciens jardins et cours remplacés par des cours exigües[15].
Le mur nord du collatéral de la nef de l'église, divisée intérieurement en divers locaux, était encore visible en 1858 lors du percement du boulevard Sébastopol.
La plupart des bâtiments construits à la suite de la vente du couvent à la fin des années 1790 sont disparus lors du percement de la rue Rambuteau en 1838 et à la fin des années 1850 lors du percement du boulevard Sébastopol et du prolongement des rues de la Cossonnerie et de la Grande-Truanderie. Il n'en reste plus aucun vestige visible sur les voies parcourant le territoire de l'ancienne abbaye (rue Saint-Denis, rue Réaumur, boulevard Sébastopol, rue de la Cossonnerie).