Abbaye de Bebenhausen
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| Nom local | Kloster Bebenhuse |
|---|---|
| Diocèse | Rottenburg-Stuttgart |
| Numéro d'ordre (selon Janauschek) | CCCCXCII (492)[1] |
| Fondation | 1183 |
| Début construction | 1183 |
| Fin construction | 1496 |
| Origine religieuse | Prémontrés |
| Cistercien depuis | 29 octobre 1190 |
| Dissolution |
décembre 1534-1549 1560-1630 1632-1634 Définitivement en 1649 |
| Abbaye-mère | Schönau |
| Abbayes-filles | Güterstein (1260-Début XIVe siècle) |
| Congrégation |
Prémontrés (1183-1187) Cisterciens (1190-1560) |
| Période ou style |
Art cistercien Architecture gothique |
| Protection | Denkmalschutzgesetz (depuis 1975)[2] |
| Coordonnées | 48° 33′ 41″ N, 9° 03′ 37″ E[3] |
|---|---|
| Pays |
|
| Ancien duché | Souabe |
| Land | Bade-Wurtemberg |
| Arrondissement | Tübingen |
| Commune | Tübingen |
| Site | http://www.kloster-bebenhausen.de/ |
L’abbaye de Bebenhausen est une ancienne abbaye de prémontrés puis de cisterciens, située dans la commune de Tübingen, en Bade-Wurtemberg. Fondée à la fin du XIIe siècle, elle est fermée par la Réforme en 1560. Extrêmement bien préservée, elle constitue une attraction touristique importante.
L'abbaye de Bebenhausen est située administrativement dans la commune universitaire de Tübingen. Cependant, elle est assez loin du centre, au cœur du petit hameau éponyme, situé au nord de la ville, dans la vallée creusée par le Goldersbach (de). L'abbaye fait donc partie du parc naturel de Schönbuch (de)[4].
Histoire
Fondation prémontrée

En 1183, Frédéric VI, duc de Souabe, confie aux prémontrés la construction d'une abbaye sur son fief, à Bebenhausen[5]. Mais, le , pour des raisons inconnues, les Prémontrés préfèrent quitter le lieu[6]. Ils laissent une première église, romane, non voûtée[2].
Intégration dans l'ordre cistercien
En 1189, il demande aux cisterciens, alors en plein essor, notamment dans les pays germaniques, de reprendre l'établissement. Ceux-ci arrivent de la maison-mère de Schönau le . Le pape Innocent III confirme les chartes de fondation de l'abbaye en 1204[5].
Période de prospérité médiévale

Fort de cette protection, l'abbaye se développe jusqu'à devenir l'un des plus prospères établissements de la région. Au XIIIe siècle, elle compte 80 moines et cent trente convers[6]. L'église abbatiale, de style gothique, est consacrée en 1228. La construction de l'aile des moines (aile orientale) se prolonge en conséquence de l'affluence monastique jusqu'en 1250[2].
La prospérité économique s'accroît également, avec la construction de sept granges agricoles dès 1229 ; son influence économique est sensible jusqu'en Forêt-Noire, dans la moyenne vallée du Neckar et le Jura souabe[6].
Le temps des crises
Au XIVe siècle, si le nombre des frères convers stagne, celui des moines s'est réduit de moitié : on ne compte plus que quarante à cinquante frères dans le monastère. À l'inverse, en 1494, on compte cinquante-six moines, sans compter six novices, mais seulement quatre frères convers. En 1534, on compte trente-six moines[6]. C'est vers cette époque qu'on constate un net relâchement de la règle monastique. Par exemple, en 1513, l'ancien réfectoire des convers n'a plus vocation d'être, ces derniers étant trop peu nombreux. Il est réaménagé en réfectoire d'hiver (chauffé) des moines. Entre 1513 et 1516, le dortoir des moines est divisé en chambres individuelles[2].
Les difficultés sont également économiques et financières : aux XIVe et XVe siècles, l'abbaye doit vendre une partie de ses possessions foncières, pour payer ses dettes[6].
La disparition de l'abbaye

La Réforme induit de grands changements à l'abbaye. Dès la mort de l'abbé en , la moitié des trente-six moines choisit de rester catholique, l'autre moitié se tournant vers le protestantisme. Dès le , les quatorze derniers moines catholiques quittent l'abbaye, certains pour Salem, d'autres pour Stams, la plupart des convers pour Tennenbach. Cependant, de brefs épisodes de reprise de la vie monastique ont lieu, de 1549 à 1560, de 1630 à 1632, enfin entre 1634 et 1649[6].
Dans l'intervalle, le , l'ancienne abbaye est érigée en monastère-école luthérien, équivalent protestant d'un séminaire ; cette institution perdure jusqu'en 1806-1807, date à laquelle elle est à son tour sécularisée par les troupes de Napoléon[6]. En 1566, les premières travées de l'église abbatiale sont démolies, ne restent que les dernières travées de la nef, le transept et le chœur[2]. L'ancienne abbatiale dessert aujourd'hui comme église paroissiale luthérienne de l'Église protestante en Pays de Wurtemberg.
Période séculière
Au XIXe siècle, avec la fin du séminaire protestant, l'abbaye est utilisée comme pavillon de chasse par les ducs de Wurtemberg, mais, dès 1823, la famille ducale vend les bâtiments. Ils sont à nouveau rachetés par Charles Ier et restaurés pour en faire un pavillon de chasse. Après la Première Guerre mondiale, l'abbaye est transformée en résidence pour son fils Guillaume, quatrième et dernier roi de Wurtemberg, et la femme de celui-ci, Charlotte. Ils y meurent respectivement en 1921 et 1946[6].
De 1946 jusqu'à l'érection définitive du Land de Bade-Wurtemberg, l'assemblée constituante régionale du Wurtemberg-Hohenzollern siège dans l'ancienne abbaye. Aujourd'hui, le monastère fait partie du patrimoine de Bade-Wurtemberg, géré par l'organisme chargé des châteaux et jardins, tandis que l'ancienne abbatiale a été rendue au culte et est utilisée par la paroisse protestante[2].


