Après être venu se retirer dans le Perche pour vivre une vie d'ermite, Laumer s'entoura de disciples et ensemble ils fondèrent un monastère entre les années 573 et 613[1]. Selon la tradition, ce monastère est d'ailleurs le premier du genre à apparaître dans la région[1], expliquant l'actuelle dénomination de Moutiers-au-Perche (Moutiers étant une dérivation du mot monastère).
L'abbaye est cependant victime en 873 des raids vikings qui ravagent la Normandie[2]. Les moines décident alors de fuir la région et trouvent refuge sur les bords de la Loire, à la chapelle Saint-Calais du château médiéval de Blois, où ils rejoignent des bénédictins dans la même situation et qui s'étaient déjà établis depuis 866[3], avec la bénédiction des comtes de Blois et rois des Francs[4].
Alors que le comté blésois se dote d'un seigneur distinct du souverain des Francs au début du siècle suivant, les bénédictins de Saint-Calais et de Saint-Laumer sont priés de déplacer leurs quartiers de l'enceinte du château ; le roi Raoul leur concède ainsi, sur requête du vicomte Thibaud l'Ancien, l'église Saint-Lubin ainsi que les droits féodaux sur le faubourg du Foix[5],[6], situés en contrebas de la motte castrale[7]. Après l'incendie qui consume cette chapelle en 1114, les moines érigent une abbaye nommée en l'honneur de leur saint, l'abbaye Saint-Laumer de Blois[8], dont le prestige ne se dissolvera qu'à la Révolution, au XVIIIe siècle[2].
Lors de leurs premiers siècles de séjour à Blois, les abbés de Saint-Laumer se sont souvent revendiqués comme étant de Corbion, au moins jusqu'à la construction de l'abbaye blésoise au XIIe siècle et l'affirmation de son importance dans le comté de Blois-Champagne, mais également dans le Perche et en Auvergne (voir la liste des dépendances de l'abbaye Saint-Laumer de Blois)[2].
Peu après le retour du comte Rotrou III du Perche de la première croisade, à la toute fin du XIe siècle, les moines de l'abbaye Saint-Laumer de Blois obtiennent un certain nombre de privilèges pour rétablir une vie monastique sur le berceau de leur fondateur[9]. Une partie d'entre eux revient dans le Perche et rétablit les bâtiments près de la Corbionne et, les moines, aidés des villageois construisent une grande église, nommée église Notre-Dame du Mont-Harou, à flanc de coteau[9].