Abd al-Rahman ibn Habib al-Fihri

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Décès
Nom dans la langue maternelle
عبد الرحمن بن حبيب الفهريVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Abd al-Rahman ibn Habib al-Fihri
Fonction
Gouverneur d'Ifriqiya
-
Hanzala ibn Safwan al-Kalbi (en)
Biographie
Décès
Nom dans la langue maternelle
عبد الرحمن بن حبيب الفهريVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Fratrie
Enfants

Abd al-Rahman ibn Habib al-Fihri (عبد الرحمن بن حبيب الفهري) (mort en 755) était un aristocrate arabe Qurayshite de la famille des Fihrides ou Oqbides, qui fut Émir d'Ifriqiya de 747 à 755 qu'il gouverne indépendamment des califats omeyyades puis abbassides. Son cousin, Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al Fihri prit la tête de l’émirat d'al-Andalus (747-755)

Abd al-Rahman al-Fihri, de son nom complet Abd al-Rahman ibn Habib ibn Abi Obeida ibn Oqba ibn Nafi al-Fihri, est un aristocrate arabe Qurayshite de la famille des Fihrids ou Oqbids.

Son bisaïeul était Oqba ibn Nafi al Fihri, général arabe Quraychite, fondateur de la ville tunisienne de Kairouan et wali d'Ifriqyia, envoyé en 670 à la tête des armées musulmanes par Muawiya Ier, calife omeyyade de Damas, dans le but de conquérir et propager l'islam en Afrique du Nord. Son clan, qui s'installa à sa suite à Kairouan et bénéficia du double prestige lié à la fois à leur lignée qurashite et à l’héroïsme de leur ancêtre, comptait parmi les principales familles arabes du Maghreb.

Son grand-père était Abu Obeida ibn Oqba al-Fihri qui participa à la conquête de l'Andalousie en 711.

Son père, Habib ibn Abi Obeida était un général, conquérant du Souss, qui participa en 740 (avec son fils Abd al-Rahman ibn Habib al-Fihri) à une expédition maritime vers la Sicile pour ce qui fut probablement la première tentative d'invasion à grande échelle de l'île.

Il ne doit pas être confondu avec son petit-fils Abd al-Rahman ibn Habib al-Fihri dit Al-Saqaliba.

Premiers faits d'armes

En 740, Abd al-Rahman rejoint son père Habib ibn Abi Obeida dans une expédition maritime vers la Sicile pour ce qui fut probablement la première tentative d'invasion à grande échelle de l'île (plutôt qu'un simple raid). Après un débarquement réussi et une rapide reddition de Syracuse après un bref siège, la ville accepte de payer un tribut.

Mais l'éclatement de la grande révolte berbère au Maghreb force Abd al-Rahman et son père à un retour précipité de leurs armées pour se joindre aux forces envoyées réprimer le soulèvement. Les Arabes sont cependant vaincus par les Berbères à la bataille de Bagdoura (près du Sebou) en 741. Son père, Habib ibn Abi Obeida al-Fihri, est tué sur le champ de bataille, tandis qu'Abd al-Rahman échappe de justesse et s'enfuit vers l'Espagne avec le reste de l'armée arabe.

Arrivé en Espagne, Abd al-Rahman s'implique dans le conflit qui nait immédiatement après le débarquement de l'armée arabe défaite (composée de régiments syriens) entre les commandants de cette dernière et le gouverneur d'Espagne (membre de la même famille qu'Abd al-Rahman) Abd al-Malik ibn Qatan al-Fihri. Ainsi, lorsque ce dernier est torturé et exécuté par le commandant syrien Balj ibn Bishr al-Qushayri, Abd al-Rahman rompt formellement avec le parti syrien et rejoint le parti andalou (baladi).

Abd al-Rahman participe alors à la bataille d'Aqua Portora en , et il est rapporté par au moins un chroniqueur (Ibn al-Khatam) qu'il blesse mortellement le commandant syrien Balj ibn Bishr al-Qushayridans au cœur de la bataille (bien qu'il soit possible que le chroniqueur puisse avoir confondu Abd al-Rahman avec un autre Abd al-Rahmân, Ibn al-Amaq al-Lakhmi, gouverneur de Narbonne commandant des Andalous).

À la suite de la bataille, Abd al-Rahman tente de se mettre en avant comme candidat potentiel pour remplacer le gouverneur, mais Abu al-Khattar ibn Dirar al-Kalbi est envoyé en 743 par le gouverneur d'Ifriqyia Handhala ibn Safwan al-Kalbi pour gouverner l'Andalousie, et parvient à pacifier la situation. Abd al-Rahman se voit donc contraint de renoncer à ses ambitions andalouses, et se dirige vers l'Ifriqiya elle-même.

Il est probable qu'Abd al-Rahman ait commencé par servir le gouverneur d'Ifriqiya Handhala ibn Safwan al-Kalbià des postes militaires, et plus particulièrement au commandement de la garnison militaire de la Tunisie.

Coup d’État en Ifriqiya

À la fin de l'année 744, dans la tourmente causée par la mort du calife omeyyade Hisham, Abd al-Rahman assemble une petite force à Tunis et se proclame émir d'Ifriqiya. Bien qu'exhorté à écraser l'usurpateur, le gouverneur Handhala ibn Safwan al-Kalbi décide d'éviter l'effusion de sang, considérant que seule la guerre contre les infidèles et les hérétiques pouvait la justifier. Il envoya alors à Abd al-Rahman une députation composée des personnalités prééminentes de la ville de Kairouan et des chefs de tribus pour l’exhorter mettre fin à l’usurpation. Profitant de cette initiative, Abd al-Rahman se saisit des membres de la députation et menace les habitants de Kairouan de les exécuter s'il n'était pas fait droit à ses demandes. Handhala ibn Safwan al-Kalbi, pris au piège, consent à retourner à Damas en , laissant ainsi Abd al-Rahman maître Kairouan et de toute l'Ifriqiya. [citation nécessaire]

Il est néanmoins rapporté que, en annonçant son départ Handhala ibn Safwan a jeté une malédiction sur l'usurpateur : "Oh Dieu, ne permettez pas qu'Abd al-Rahman ibn Habib puisse profiter de son usurpation d'autorité ! Faites que ses partisans ne tirent aucun profit de cette tentative, et qu'ils versent le sang l'un de l'autre ! Envoyez contre eux, Ô Seigneur, le plus méchant de tous les hommes que Vous ayez créé !"[1] Handhala étendit sa malédiction à toute l'Ifriqiya, à sa terre et à ses gens ingrats, en invoquant sur eux la famine, la peste et la guerre. Comme il est avéré, sauf quelques brèves interruptions saisonnières, l'Ifriqiya a été, en effet, frappée par la peste durant les sept années qui ont suivi. De plus les Berbères et les Arabes n'ont pas cessé de s'entretuer. [citation nécessaire]

Domination de l'Ifriqiya

Abd al-Rahman ibn Habib est parvenu au pouvoir essentiellement grâce au soutien de la haute caste militaire arabe locale (dont il était la figure de proue), crainte et méprisée par le reste de la population. En effet, leur avidité et leurs ambitions avait longtemps été tenues en échec par les gouverneurs envoyés par les califes omeyyades. Mais le lien hiérarchique entre Abd al-Rahman et Damas ayant été interrompu, la haute noblesse arabe de Kairouan s'attendait à être autorisée à donner libre cours à leur appétit par leur nouvel émir.

Leurs espérances furent cependant vite déçues, lorsqu'ils comprirent qu'Abd al-Rahman voulait un pays à gouverner, et n'était pas prêt à le voir fragmenté et remis à l'avidité d'une noblesse féodale. Ainsi, Abd al-Rahman s’aliéna toutes les factions d'Ifriqiya, les nobles arabes et le peuple et pour affirmer son pouvoir, il se tourna vers ses biens les plus précieux : sa ruse et sa famille, les Fihrids, qui lui permettront d'écraser patiemment et impitoyablement chaque révolte une à une. [citation nécessaire]

Révolte de Tunisie

En effet, à peine Abd al-Rahman installé dans la ville de Kairouan en 745, des révoltes tantôt arabes et tantôt berbères éclatent dans toute l'Ifriqiya. Tunis se révolta sous le commandement de Orwa ibn ez-Zobeir es-Sadefi. Tabinas se révolta sous le commandement de Ibn el Attaf-Azdi.Béja est prise par le rebelle berbère sanhaja Thabit al-Sanhaji.

Pour mater ces révoltes, Abd al-Rahman confia six cents cavaliers à son frère, Ilyas ibn Habib al-Fihri, qu'il avait nommé wali Tripolitaine, avec les instructions suivantes :

« Avance-toi jusqu’à proximité de l’armée d'Ibn el Attaf-Azdi [commandant de la révolte de Tabinas], et quand elle t’aura vu, éloigne-toi dans la direction de Tunis comme si tu y allais combattre Orwa ibn ez-Zobeir es-Sadefi [commandant de la révolte de Tunis] ; puis quand tu auras atteint tel endroit, tu y resteras à attendre mes ordres écrits sur ce que tu auras à faire. »

Ibn el Attaf-Azd, voyant l'armée d'Ilyas al-Fihri se rapprocher puis s'éloigner en direction de Tunis, décida de la poursuivre en précipitation de façon qu'elle soit prise en tenaille entre ses propres forces et celles Orwa ibn ez-Zobeir es-Sadefi défendant Tunis. Arrivé à l'endroit convenu, Ilyas al-Fihri reçoit alors l'ordre d'Abd al-Rahman de faire faire demi tour à ses cavaliers, et d'attaquer de front l'armée de Ibn el Attaf-Azd qui s'était lancée à sa poursuite en ordre dispersé. C'est ainsi que le , Iliyas massacra l'armée rebelle de Tabinas. Iliyas reçut cependant un second ordre, lui ordonnant de se précipiter sur Tunis, la garnison de la ville menée par Orwa ibn ez-Zobeir es-Sadefi s'attendant à voir arriver l'armée d'Ibn el Attaf-Azd dont il ne savait pas qu'elle avait été écrasée. Orwa ibn ez-Zobeir es-Sadefi fut défait et tué dans sa fuite, et sa tête fut envoyée à Abd al-Rahman.

Révolte ibadite en Tripolitaine

Mais la menace la plus sérieuse provenait de Tripolitaine, région où Abd al-Rahmane avait nommé wali son frère Ilyas ibn Habib al-Fihri qu'Abd al-Rahman. En effet ce dernier échoue, en 747, à mater la révolte ibadite, une secte puritaine kharijites qui avait acquis de plus en plus de soutien dans les villes de Djerba et de Tripoli, et parmi les Berbères des contrées environnantes. Les Ibadites, inspirés par le succès de leurs frères à Hadramut et à Oman, se révoltèrent sous la conduite de leur imam al-Harith, et s'emparèrent d'une grande partie de la Tripolitaine (entre Gabès et Syrte). Abd al-Rahman envoie ainsi en 748 une armée mater la révolte ibadite et reconquérir la Tripolitaine, poussant ainsi les adeptes du ibadisme au sud dans le djebel Nafusa. [citation nécessaire]

Intervention en Andalousie

Du côté de l'Espagne, une révolte avait renversé en 745 le gouverneur d'Andalousie Abou al-Khattar ibn Dirar al-Kalbi (qui avait été nommé en 743 par le gouverneur d'Ifriqyia Handhala ibn Safwan al-Kalbin) menant à une nouvelle guerre civile entre les Syriens junds et les Arabes andalous. Après avoir maté les révoltes en Ifriqiya, Abd al-Rahman décida alors d'intervenir dans le conflit ibérique et d'envoyer une armée rétablir l'ordre en Andalousie. Il en profita alors pour mettre en avant son cousin Yusuf ibn 'Abd al-Rahman comme potentiel successeur au gouvernorat d'Andalousie, poste auquel il fut installé en 747.

L'ouest du Maghreb inaccessible

Mais l'ouest du Maghreb, le Maroc et l'est de l'Algérie restèrent hors de la portée d'Abd al-Rahman. En effet, depuis la révolte berbère de 740, la région a sombré dans l'anarchie tribale et le territoire est fragmenté entre des tribus berbères indépendantes. Les tribus berbères Masmuda établirent ainsi en 744 un État indépendant et la Confédération Berghwata avait adopté un nouveau "prophète" et des croyances syncrétistes. Les tentatives d'Abd al-Rahman d'y imposer sa domination échouèrent toutes. [citation nécessaire]

Expédition sicilienne

En 752, se sentant peut-être pour la première fois confiant dans sa domination de l'Ifriqiya, il envoie par mer une armée vers la Sicile, espérant peut-être finir l'invasion à laquell il avait participé avec son père en 740. Mais trouvant l'île trop bien protégée, l'expédition se résuma à quelques raids effectués sur les côtes siciliennes précédant un retour vers l'Ifriqiya. [citation nécessaire]

Les relations avec les Califats

Mort

Références

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