Abdellah Ben Kerriou
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
عبد الله بن كريو |
| Nom de naissance |
Abdallah Ben Kerriou |
| Nationalité |
Algérienne |
| Formation |
Savant religieux / formation traditionnelle (ʿulūm) |
| Activités | |
| Période d'activité |
fin XIXᵉ – début XXᵉ siècle |
| Langue d'écriture |
arabe dialectal (melhoun) |
| Domaine |
Poésie populaire / melhoun / chant saharien |
|---|---|
| Mouvement |
Littérature populaire saharienne |
« Gamr Elleïl » et autres poèmes populaires |
Abdallah Ben Kerriou (en arabe : عبد الله بن كريو), né vers 1869 à Laghouat et mort en 1921, est un poète populaire algérien du Sahara central, reconnu pour sa contribution au répertoire du « Melhoun ». Son œuvre et sa figure ont donné lieu à des études, des hommages et des commémorations en Algérie[1],[2].
Abdellah Ben Kerriou serait né à Laghouat dans une famille de lettrés; son père aurait exercé des fonctions de bachagha[1]. Il suivit une formation traditionnelle (sciences juridiques et religieuses) et acquit une solide culture générale — astronomie, alchimie et autres domaines — attestée par des biographies et études modernes[3]. Ben Kerriou est surtout connu pour ses poèmes d'amour adressés à une femme nommée Fatna, qui, selon la tradition locale et plusieurs études, auraient provoqué des tensions familiales et conduit à son exil intérieur (ou à une relégation imposée par les autorités coloniales) vers El-Goléa en 1899. Ses vers, d'abord transmis oralement, ont rapidement circulé dans tout le Sahara central et les Hauts-Plateaux[1].
Œuvre et style
Abdallah Ben Kerriou appartient à la tradition poético-musicale du sud algérien (chant saharien ou melhoun), où la poésie est étroitement liée au chant et à la musique populaire. Ses thèmes récurrents sont l'amour courtois / platonique, la nostalgie, l'exil et la description des paysages sahariens. Le poème «Gamr Elleïl» (La Pleine lune) est l'un des textes les plus célèbres attribués à Ben Kerriou et fut popularisé ensuite par des chanteurs tels que Khelifi Ahmed et d'autres interprètes du répertoire saharien[1],[4]. Plusieurs recueils et anthologies modernes ont édité et traduit ses poèmes, notamment des éditions bilingues et des études critiques qui replacent Ben Kerriou dans l'histoire de la poésie populaire algérienne[5],[6].
Transmission et adaptations
Les poèmes de Ben Kerriou ont traversé le XXᵉ siècle par la tradition orale puis par l'enregistrement : des chanteurs et troupes de Laghouat et du Sahara (Bachir Sarout, Hmida Belhadef, Youcef Bourezgue, Khelifi Ahmed, etc.) ont mis en musique ses vers, contribuant à leur diffusion au Maghreb et dans le monde arabe. Des enregistrements anciens (début XXᵉ siècle) et des interprétations contemporaines attestent de la vitalité du répertoire[1],[4].
Hommages et commémorations
Des commémorations nationales et locales ont été organisées pour honorer Abdallah Ben Kerriou, particulièrement lors du centenaire de sa mort : la Bibliothèque nationale d'Algérie a consacré une journée en hommage au poète et des manifestations culturelles ont eu lieu à Laghouat (maison de la culture, association «Al-Takhi Abdallah Ben Kerriou», expositions, spectacles)[7],[8].