Il naît le [2], dans le village d'Akourousoulba, près de la frontière avec le Tchad. Sa famille, musulmane, appartient à l'ethnie Runga. Son père est garde environnemental, chargé de la surveillance des aires protégées de la région. Dans sa jeunesse, le père d'Hissène lui apprend, ainsi qu'à ses frères et sœurs, la chasse et le maniement des armes. Selon d'autres sources, son père est Abba Adoum Kette, collectionneur de diamants influent de Bria. Un de ses fils serait le chef de guerre Mahamet Saleh[3].
Carrière professionnelle
Dans les années 1990 et 2000, Hissène fait carrière dans le commerce des minéraux. Il travaille comme négociant en diamants et en or[4] pour la société centrafricaine SODIAM. Après avoir accumulé de multiples dettes, il s'enfuit au Tchad en 2009 pour échapper à ses créanciers. À 40 ans, il se lance dans la vente de voitures de luxe, activité qui lui permet de nouer des relations d'affaires avec l'entourage du président tchadien, Idriss Déby, ainsi qu'avec des hommes d'affaires influents[4]. À l'aide de fausses pièces d'identité tchadiennes, il ouvre deux comptes bancaires qu'il utilise entre 2009 et 2010, l'un à la Société générale et l'autre à la United Bank of Africa (UBA), dans sa succursale de N'Djamena, la capitale du Tchad.
En 2009, il rejoint le groupe rebelle centrafricain Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Il s'autoproclame président de la CPJP en 2011. De 2009 à 2012, il fait fortune grâce au commerce des diamants, ses combattants étant dans le même temps responsables de multiples crimes de guerre.
En , il ordonne à ses combattants de tuer un garçon musulman de 17 ans à Bangui, afin de répandre des rumeurs selon lesquelles les anti-balaka ont commis ce crime pour inciter à la violence dans la capitale, Bangui[5],[4]. Il donne également l'ordre à ses troupes de tirer sur les personnes participant au référendum du , tuant au moins cinq d'entre eux[5]. Le , il est arrêté par la police, avant que ses hommes ne prennent d'assaut son lieu de détention pour le libérer[6]. Le , un groupe de combattants qu'il dirige enlèvent cinq policiers à Bangui[1].
Le , il décide de fuir le quartier PK5 de Bangui. Avec Haroun Gaye et Hamit Tidjani, ils peignent sept véhicules en blanc, de couleur similaire à ceux de l'ONU. 35 ex-combattants de la Seleka lourdement armés le suivent. En traversant un point de contrôle, un soldat leur tire dessus, tuant un combattant. À Damara, ils affrontent à nouveau des soldats. Un combattant, tombé du véhicule, est tué par les anti-balaka. À Sibut, la MINUSCA tente de stopper le convoi. Ils abandonnent leurs véhicules et la MINUSCA arrête 11 combattants, mais Gaye et Hissène parviennent à s'enfuir à pied. Début , il arrive à N'Délé avec Gaye. De là, le groupe se rend à Siki Kedi et N'Da dans la préfecture de Vakaga où ils rencontrent Noureddine Adam, avant de se rendre à Bria pour assister à l'Assemblée générale de la faction anciennement appelée Seleka[3]. En , lors d'affrontements à Bria, il ordonne à des groupes de miliciens de tuer des civils peuls. Il attise ainsi les tensions ethniques, encourageant les combattants anti-balaka à attaquer le groupe armé Unité pour la paix en Centrafrique[5]. En , il est missionné par le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique pour participer à une réunion diplomatique à Khartoum, à la suite de laquelle est signée la déclaration d'entente de Khartoum[7].
En 2019, il épouse la fille du sultan de Birao[3].
En , Abdoulaye Hissène reçoit un poste ministériel dans le cadre d'un accord de paix avec le gouvernement. De à , il est ministre[4] de la Jeunesse et des Sports sous la présidence de Michel Djotodia. De février à , il devient ministre et conseiller présidentiel pour la jeunesse sous la présidence de Samba-Panza. En , il est nommé premier conseiller du Front populaire pour la renaissance de la République centrafricaine (FPRC), nouveau groupe qui prend la suite de l'organisation Seleka[5].
Dès 2019, il se rapproche du pouvoir centrafricain, jusqu'à obtenir une autorisation officielle de port d'arme. Plusieurs logements lui sont attribués, et une importante indemnité financière lui est versée[9].
Sanctions
Abdoulaye Hissène est placé sous mandat d'arrêt de le justice centrafricaine en 2018, et jugé par contumace à Bangui le [10]. Avant cela, en 2017, l'Organisation des Nations unies et les États-Unis lui imposent des sanctions en raison de sa responsabilité dans les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par ses troupes[9].
Ses avoirs sont gelés par la justice de son pays en [11].