Abel Alier Kwai

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Abel Alier
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Président du Soudan du Sud
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Abel Alier Kwai, né le dans le district de Bor, est un homme politique, juge et écrivain sud-soudanais. Figure éminente de l'histoire du Soudan et du Soudan du Sud, il est principalement connu pour avoir été l'artisan principal de l'accord de paix d'Addis-Abeba de 1972, qui a mis fin à la première guerre civile soudanaise. Il a occupé les postes de vice-président du Soudan de 1971 à 1982, tout en étant le premier président du Haut Conseil exécutif de la région autonome du Soudan du Sud de 1972 à 1978[1],[2].

Jeunesse et formation

Abel Alier naît en dans le district de Bor, dans l'État du Haut-Nil, alors partie du Soudan anglo-égyptien (aujourd'hui au Soudan du Sud). Il est issu de l'ethnie Dinka[1]. Il effectue ses études secondaires à la célèbre école de Rumbek, qui a formé de nombreux futurs dirigeants sud-soudanais, puis à l'école Wad Saina dans le nord du Soudan. Il poursuit des études de droit à l'Université de Khartoum, dont il sort diplômé[3].

Carrière politique et judiciaire

De retour au Soudan, Alier ouvre son propre cabinet d'avocats avant d'être nommé magistrat. Il devient ainsi le premier juge soudanais d'origine sudiste[3]. Membre fondateur du Front du Sud en 1964, il est l'un de ses représentants à la Conférence de la table ronde sur le Soudan du Sud en 1965. Il est élu à l'Assemblée nationale du Soudan pour la circonscription de Bor Sud, siégeant de 1968 à 1969[3]. Il occupe ensuite plusieurs postes ministériels au sein du gouvernement soudanais.

L'accord d'Addis-Abeba et la présidence de la région autonome

Abel Alier joue un rôle déterminant dans les négociations avec les rebelles Anyanya, qui aboutissent à la signature de l'Accord d'Addis-Abeba en 1972. Cet accord historique met fin à la première guerre civile (1955-1972) et accorde une large autonomie au Soudan du Sud, avec son propre gouvernement basé à Djouba[4]. La même année, Abel Alier est nommé vice-président du Soudan sous la présidence de Gaafar Nimeiry, poste qu'il conservera jusqu'en 1982[2]. Il devient également le premier président du Haut Conseil exécutif de la région autonome du Soudan du Sud, fonction qu'il occupe de 1972 à 1978[2].

L'écrivain et le témoin de l'histoire

Abel Alier est l'auteur d'un ouvrage majeur sur l'histoire politique de son pays, intitulé Southern Sudan: Too Many Agreements Dishonoured (en français: Soudan du Sud: Trop d'accords non respectés). Publié pour la première fois en 1990 (avec une seconde édition en 1992), ce livre est à la fois un mémoire personnel et une analyse approfondie des processus de paix entre le Nord et le Sud[4]. L'objectif principal du livre, selon l'auteur, est de relater et d'analyser les événements auxquels il a participé afin d'expliquer, de son point de vue, pourquoi le Soudan a été privé de la paix intérieure obtenue en 1972 et pour laquelle la majorité de son peuple aspire si désespérément aujourd'hui[5]. L'ouvrage revient en détail sur la négociation de l'accord d'Addis-Abeba, les succès et les difficultés du gouvernement autonome qui a suivi, et son effondrement en 1983 lorsque le président Nimeiry a imposé la charia (loi islamique), rompant ainsi l'accord[4]. La thèse centrale du livre est que la cause profonde du conflit prolongé réside dans la propension des gouvernements de Khartoum à ne pas respecter les engagements signés[6]. L'Accord de Khartoum de 1997, signé par Riek Machar, est un autre exemple d'accord jamais mis en œuvre qu'il analyse dans cette perspective[7]. Selon une critique spécialisée, l'ouvrage d'Alier constitue une source primaire importante sur l'histoire du Soudan entre 1965 et 1989. Il détaille notamment les garanties de sécurité, un point de négociation particulièrement complexe, et inclut les documents d'époque du processus ayant conduit à l'accord de 1972[4].

Engagement continu pour la paix

En 2005, à la suite de la mort de John Garang dans un accident d'hélicoptère, Abel Alier est choisi pour diriger la commission d'enquête chargée d'examiner les causes du crash[8]. Reconnu internationalement pour son expertise et son engagement, il est membre de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye et est considéré comme l'avocat chrétien le plus éminent du Soudan, activement impliqué dans la défense des droits des chrétiens dans ce pays[2]. En 2004, il a été invité comme conférencier principal par le Conseil œcuménique des Églises à Genève pour un séminaire sur les perspectives de paix au Soudan[2].

Héritage

Son héritage est complexe. N'ayant jamais rejoint la rébellion armée, il a constamment œuvré par la voie des négociations pour obtenir des avancées pour le Sud. Son analyse, selon laquelle les accords de paix successifs ont été systématiquement violés par Khartoum, s'est malheureusement révélée prémonitoire, comme l'a montré le parcours semé d'embûches de l'Accord de paix global de 2005[6],[8]. Son travail intellectuel pour documenter ces échecs lui assure une place majeure dans la mémoire politique de la région.

Œuvre principale

Références

Liens externes

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