Abel Julien Pagnard

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Abel Julien Pagnard
Biographie
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Abel Julien Pagnard, né le 3 juillet 1859 à Changé (Mayenne), décédé le 16 novembre 1913 à Buenos Aires (Argentine), est un ingénieur français spécialiste du génie civil, et de la construction portuaire. Il est connu pour la conception et construction du port d’Arroyo Pareja (Puerto Rosales, Argentine).

Jeunesse et formation

Abel Julien Pagnard naît le 3 juillet 1859 à Changé, dans le département de la Mayenne[1]. Ses parents, Denis Pagnard et Catherine Echmann, sont originaires d’Alsace[1]. Ses parents s’installent à Changé pour le travail de Denis dans une filature[1]. Après des études élémentaires, il travaille dans une librairie à Laval pour financer ses études à Paris. Il intègre l’École Centrale des Arts et Manufactures dont il sort diplômé en 1885[2].

Carrière en Europe

En 1887, Abel Pagnard entre chez Maison Hersent, une entreprise française de travaux publics, où il passera 18 ans. Il y noue une solide amitié avec la famille Hersent, qui le soutient tout au long de sa carrière[3].

Pendant cette période, il invente plusieurs mécanismes brevetés pour faciliter la construction portuaire[1] :

  • Un procédé de renflouage de navires par air comprimé (utilisé à Bordeaux en 1896).
  • Une vanne de fermeture à démontage automatique et un cabestan différentiel pour les travaux sous air comprimé (utilisé à Anvers).
  • Un chariot automatique pour le transport de matériaux (utilisé à Bordeaux, puis à Rosario et Arroyo Pareja).

Il réalise également des expériences de travaux sous-marins, atteignant des profondeurs de 54 mètres, et remporte plusieurs médailles lors d’expositions internationales[1] dont la médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1900[1]. En 1894, il épouse Marguerite Moncousin, une jeune Bordelaise, avec qui il aura cinq enfants[1].

Arrivée en Argentine et projets majeurs

En 1902, Pagnard arrive en Argentine pour représenter la Maison Hersent lors de la construction du Port de Rosario, dont il devient directeur général des travaux jusqu’en 1905[2]. Il participe à l’inauguration du port en présence du président Julio Argentino Roca[1] et du ministre des Travaux publics, Emilio Civit. Il s’installe avec sa famille à Rosario, dans une maison néoclassique du quartier Saladillo, puis à Buenos Aires, où il possède un immeuble sur l’avenue Santa Fe [2].

En 1905, il quitte Hersent pour des raisons personnelles et travaille comme ingénieur expert pour le gouvernement argentin, notamment sur les projets d’extension du port de Buenos Aires et d’un canal entre Buenos Aires et La Plata[1].

Concession du port d’Arroyo Pareja

L’Argentine connaît à la fin du XIXe et au début du XXe siècle une période de forte expansion économique, marquée par l’arrivée massive d’immigrants européens et d’investissements étrangers, notamment britanniques et français. Les ingénieurs étrangers, comme Pagnard, jouent un rôle clé dans la construction des infrastructures nécessaires à l’exportation des richesses agricoles du pays[2]. Le port d’Arroyo Pareja s’inscrit dans cette dynamique, visant à créer un grand port commercial en eaux profondes pour concurrencer les ports britanniques de la région[3].

En 1906, Pagnard obtient la concession pour la construction d’un port commercial à Arroyo Pareja (près de Punta Alta, province de Buenos Aires), grâce à la loi n° 5574 du 15 septembre 1908[2]. Le projet prévoit un port en eaux profondes, avec des bassins, des quais, des élévateurs à grains, des voies ferrées et des entrepôts, pour un coût estimé à dix millions de pesos or.

Le port devait être construit en cinq sections, avec une profondeur de trente pieds à marée basse. La concession était valable pour soixante ans. Pagnard s’associe avec la Régie Générale de Chemins de Fer et Travaux Publics, une entreprise parisienne spécialisée dans la construction de chemins de fer et de ports à travers le monde[1].

En 1912, la Compagnie du Port Commercial de Bahía Blanca est créée à Paris, avec un capital de dix millions de francs. Pagnard en est l’ingénieur conseil et directeur des travaux. Les travaux commencent en juin 1912, mais sont ralentis par des difficultés financières et la Première Guerre mondiale[3].

Décès et héritage

Abel Pagnard meurt subitement d’une crise cardiaque le 16 novembre 1913 à Buenos Aires, alors que les travaux du port d’Arroyo Pareja (rebaptisé plus tard Puerto Rosales) viennent à peine de commencer[2]. Sa disparition et la Première guerre mondiale entraînent l’arrêt des travaux, qui ne reprendront que partiellement après 1917. Le port, finalement nationalisé en 1947, reste un témoignage de son ambition et de son expertise. À Punta Alta, un quai porte aujourd’hui son nom en hommage à son œuvre[1].

Puerto Rosales, le port commercial de Punta Alta

Innovations et réalisations

  • Mécanismes brevetés pour la construction portuaire.
  • Conception du port d’Arroyo Pareja, prévu pour être le plus grand port en eaux profondes d’Amérique du Sud.
  • Utilisation de caissons en béton armé pour gagner sur la mer, une technique novatrice pour l’époque.
  • Participation à la modernisation des infrastructures portuaires en Argentine, dans un contexte de forte croissance économique et d’afflux de capitaux étrangers[3].

Hommages et postérité

Un quai du port de Punta Alta porte son nom depuis 2008. Son œuvre est étudiée par les historiens locaux comme un symbole de l’ambition modernisatrice de l’Argentine au début du XXe siècle. Malgré l’inachèvement du projet initial, le port de Puerto Rosales reste un élément important de l’histoire portuaire argentine[3].

Références

  • Gustavo Chalier. El ingeniero Abel Julien Pagnard. Su experiencia en Punta Alta (Argentina), Revista de Obras Públicas, septembre 2010.
  • Gustavo Chalier, L’ingénieur Abel Julien Pagnard. Un centralien à Punta Alta (Argentine), Centraliens, nº 620 (juillet-août 2012), p. 58-60.
  • Archivo Histórico Municipal de Punta Alta.
  • La Nación, Buenos Aires, 18 novembre 1913 (nécrologie).

Voir aussi

Liens externes

Notes et références

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