Abelardo de la Espriella
avocat, homme d'affaire et politicien colombien
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Abelardo Gabriel de la Espriella Otero, né le à Bogota, est un avocat, homme d'affaires et homme d'État colombien d'extrême droite, président élu de la république de Colombie.
| Abelardo de la Espriella | ||
Abelardo de la Espriella en 2025. | ||
| Fonctions | ||
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| Président de la république de Colombie | ||
| En attente d'investiture – | ||
| Élection | 21 juin 2026 | |
| Vice-président | José Manuel Restrepo Abondano | |
| Gouvernement | De la Espriella | |
| Législature | Xe | |
| Prédécesseur | Gustavo Petro | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Abelardo Gabriel de la Espriella Otero | |
| Surnom | Le Tigre | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Bogota | |
| Nationalité | colombienne, italienne, américaine | |
| Parti politique | Parti républicain (États-Unis) Défenseurs de la patrie |
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| Conjoint | Ana Lucía Pineda | |
| Diplômé de | Université Sergio Arboleda Université du Rosaire Université externado de Colombie Université autonome des Caraïbes |
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| Profession | Avocat, Homme d'affaires, acteur | |
| Religion | Athéisme puis Catholicisme | |
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| Présidents de la république de Colombie | ||
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Commençant une carrière juridique au début des années 2000, il se fait connaître en assurant la défense de paramilitaires et narcotrafiquants lors de la démobilisation des Autodéfenses unies de Colombie, puis de personnalités politiques impliquées dans le scandale de la parapolitique, dont l'ancien président Álvaro Uribe. Il mène également une carrière d'entrepreneur entre les États-Unis et l'Italie, deux pays dont il possède la nationalité.
Il se lance en politique en 2025 avec le soutien du Mouvement de salut national, puis crée le mouvement d’extrême droite Défenseurs de la patrie dans le cadre de sa candidature à l'élection présidentielle de 2026. Il est élu président de la république face au candidat de gauche Iván Cepeda.
Biographie
Jeunesse
Abelardo de la Espriella est né à Bogota le 31 juillet 1978 au sein d’une famille aisée issue de l'immigration italienne[1]. Il a grandi dans la ville de Montería, chef-lieu du département de Córdoba, dans le nord de la Colombie[1].
Son père, avocat de profession, a été député et candidat au poste de gouverneur de Córdoba dans les années 1990[2].
Il explique avoir eu une enfance « très heureuse », au contact de la nature, et la compare à celle du personnage Tom Sawyer[3]. Il raconte qu'à l’adolescence il s'amusait à tuer des chats en leur attachant des pétards[4].
Il a suivi des études de droit à l'université Sergio Arboleda[1].
Carrière d'avocat
Abelardo de la Espriella devient dans les années 2000 un avocat riche et influent en assurant la défense de paramilitaires d’extrême droite[5]. Il revendique son admiration et son amitié pour Salvatore Mancuso, ex-dirigeant des Autodéfenses unies de Colombie[6]. Il a créé en 2004 la Fondation pour les initiatives de paix (Fipaz), qui offre un espace politique aux paramilitaires[1].
Il part ensuite pour les États-Unis afin de défendre des narcotrafiquants extradés avant de revenir en Colombie, où il est l'avocat d'hommes politiques de droite, dont l’ex-président Álvaro Uribe, et de personnalités impliquées dans le scandale de la parapolitique[5],[7]. Il a également été l'avocat de l'homme d'affaires Alex Saab — celui-ci se présentant comme un ami —[8] et de David Murcia, créateur de la plus grande pyramide financière qu’a connue le pays[1]. Plusieurs de ses clients, dont David Murcia, l'ont accusé de vol[1]. Son cabinet comprend en 2026 plus de 300 personnes[9].
Il attaque régulièrement en justice des journalistes enquêtant sur l'origine de sa fortune et ses liens avec des personnalités soupçonnées de liens avec le narcotrafic. Entre 2008 et 2019, la Fondation pour la liberté de la presse a recensé 109 poursuites pour diffamation et calomnie engagées par Abelardo de la Espriella. La plupart des plaintes sont classées sans suite selon le média Vorágine. Cependant, « leurs conséquences ne se mesurent pas en jugements, mais en années d’usure, en coûts économiques et en peur. L’objectif est de rendre l’exercice du journalisme trop coûteux », affirme le média[10].
Carrière dans les affaires
Abelardo de la Espriella mène une carrière d'homme d'affaires en Italie où il investit dans le vin et le rhum[6]. Il possède également une ligne de vêtements de luxe pour hommes baptisée "De la Espriella Style" et la marque Café Hope by Animal Voices, qui commercialise du café[2]. Il est propriétaire d'un jet privé avec lequel il effectue ses déplacements[11].
Carrière politique
Campagne présidentielle de 2026
Candidat à l'élection présidentielle de 2026 sans être membre d’aucun parti, Abelardo de la Espriella explique le sens de son engagement : « J’avais dit que je ne me lancerais dans la politique que si mon pays était en grave danger, et Dieu m’a révélé que ce moment était venu. Ce n’est pas seulement une bataille politique, mais aussi une bataille morale et spirituelle. Le mal habite la Casa de Nariño [résidence présidentielle][5]. » Il a pour colistier José Manuel Restrepo, ancien recteur d’université et ex-ministre de l’économie[1].
Se surnommant lui-même « Le Tigre », il se distingue par ses discours offensifs contre la gauche colombienne, qu'il promet « d'étriper »[5], et de nombreuses injures envers ses adversaires politiques[12]. Il a promis de faire extrader le président Gustavo Petro aux États-Unis et de faire incarcérer Iván Cepeda, son adversaire de gauche à l'élection présidentielle[13]. Faisant campagne avec le maillot de foot de l’équipe nationale et une casquette de baseball, il se présente comme un outsider venu d’en bas en lutte contre les élites et les politiques « de toujours »[1].
Divers analyses relèvent que son sens du spectacle et de la communication ont constitué un atout majeur dans sa campagne. El País écrit que « ses discours dans plus de 100 villes de Colombie ont ressemblé davantage à un concert pop qu'à un meeting politique classique : il projette sur des écrans géants des vidéos générées par intelligence artificielle, tire des feux d'artifice, jette du feu et des drones survolent la foule pendant qu'il s'exprime depuis la scène[13]. »
Il n'hésite pas à vanter la taille de son sexe pour convaincre les électrices[14]. Le site politique La Silla Vacía note que « tout dans sa campagne tourne autour de l’idée du “mâle alpha” comme un signe indiscutable de sa capacité à gouverner », pour se démarquer de l'autre candidate de droite, Paloma Valencia[14]. Il a également attaqué le colistier de cette dernière, Juan Daniel Oviedo, sur son homosexualité, estimant que son orientation sexuelle l’empêchait de gouverner[14].
Sa campagne gagne le soutien de secteurs à forte capacité de mobilisation, comme les vétérans de l'armée ou les églises évangéliques[15].
Il prend la première place du premier tour avec 43,7 % des voix, un score bien supérieur à ce qu'annonçaient les sondages[16]. Il a notamment réussi à capitaliser sur l'échec de la politique sécuritaire du gouvernement sortant et sur la forte hostilité d'une partie de l'opinion publique à l’égard du président Gustavo Petro et de la gauche en général[1],[12]. Le président américain Donald Trump lui a réitéré son « soutien total et absolu »[1], demandant aux Colombiens de voter pour lui afin que la Colombie continue de bénéficier du soutien économique, financier et sécuritaire de Washington[17]. Il est aussi rejoint pour le second tour par Paloma Valencia[1]. Le colistier de cette dernière, Juan Daniel Oviedo, a en revanche refusé de le soutenir, le qualifiant de « machiste homophobe »[18]. Les médias dominants, les milieux économiques et la plupart des églises évangéliques l'ont soutenu[17].
Le 21 juin 2026, il est élu président de la république de Colombie avec 49,66 % des voix face à son adversaire Iván Cepeda[19]. C’est la première fois qu’un président est élu en Colombie avec moins de la moitié des suffrages et que l'écart séparant deux candidats au deuxième tour, de moins de 1 %, est si faible. La participation électorale a atteint le niveau record de 63 %[17].
Iván Cepeda a reconnu sa défaite, tout en dénonçant « une opération massive d’achats de votes » et « l'ingérence étrangère manifeste et injustifiée dans les affaires intérieures de la Colombie, notamment les interventions du gouvernement américain et, en particulier, celles du président Donald Trump »[17]. Le président américain a assuré que son soutien avait été décisif dans l'élection d'Abelardo de la Espriella : « Il était à la dixième place [parmi les candidats en lice au premier tour], je l’ai soutenu et il a gagné »[20].
Positionnement politique
Abelardo de la Espriella est classé à l'extrême droite[21],[22],[23],[24],[25]. Il est libéral sur le plan économique et pro-américain[26]
La question de la lutte contre la criminalité a occupé une place majeure dans sa campagne. Il promet la construction de « dix méga-prisons » dans lesquelles les détenus seraient enfermés « dix étages sous terre » et nourris « de pain et d'eau »[27]. Il souhaite mettre fin aux négociations de paix avec les groupes armés engagées par Gustavo Petro[28] et défend une alliance militaire avec les États-Unis et Israël[6]. Sur les questions d'ordre public, il défend une ligne répressive face aux mouvements contestataires, affirmant vouloir autoriser les forces de l'ordre à tirer pour tuer si elles sont attaquées[6]. Il a proposé de libéraliser la vente d'armes à feu aux citoyens[13]. La dénonciation de la corruption est aussi un thème récurent[29].
Sur le plan économique, il déclare prendre pour modèle le président argentin Javier Milei, défend le libre marché et propose de réduire au minimum le périmètre d’action de l’État[28]. Il promet une « grande révolution de la dérégulation »[17], une croissance annuelle de 7 %, une réduction des dépenses publiques et des impôts pour les entreprises, ainsi qu'une simplification administrative. Il soutient la légalisation du fracking (fracturation hydraulique), la relance de nouveaux contrats pétroliers et l'abandon de la transition écologique promue par le président sortant[28]. Il souhaite aussi une « dollarisation » de l'économie colombienne[30]. Selon lui, la Colombie doit être gérée comme une entreprise et « confiée à des personnes qui, au cours de leur vie, ont créé de la richesse »[27]. Lui-même met en avant sa réussite financière pour prouver sa compétence et dit représenter ceux qui n’ont « jamais vécu de la tétine de l’État »[11].
Il suscite des polémiques pour ses propos homophobes et misogynes[31],[32]. Il a assuré qu'il ne reviendrait pas sur la reconnaissance du mariage homosexuel et la dépénalisation de l'avortement[26].
Fortement pro-américain en matière de politique étrangère[1], il envisage la possibilité de retirer la Colombie de l’ONU, de l’Organisation des États américains et du Système interaméricain de protection des droits humains[29]. Il souhaite le retour de bases militaires américaines sur le territoire et l’intégration de la Colombie au « bouclier des Amériques », la coalition de pays latino-américains pro-Washington dans la région, lancée en 2026 en Floride. Cette dernière vise à mettre en œuvre la feuille de route de la « doctrine Donroe »[17]. Il a par ailleurs annoncé vouloir rétablir les liens diplomatiques avec Israël, rompus par la Colombie qui a accusé Israël de commettre un génocide à Gaza[33].
Vie privée
Abelardo de la Espriella détient les nationalités colombienne, américaine et italienne[1]. Il a fait reconnaître en 2023 sa nationalité italienne – transmise automatiquement par ses grands-parents italiens – et a été naturalisé américain en 2024 grâce à ses années de résidence aux Etats-Unis[1].
Il explique être animé d'un fort esprit de compétition : « Je suis très exigeant envers moi-même, je suis très compétitif, je veux toujours être le premier en tout ; si je suis deuxième ou troisième, ça ne me convient pas[26]. » Il se plait à exhiber sa fortune sur les réseaux sociaux, se faisant filmer en jet privé, au volant de sa Rolls-Royce Phantom ou dans ses différentes propriétés. Il a enregistré deux albums — étant chanteur d'opéra amateur — publié cinq livres et participé à plusieurs séries télévisées[2]. Il est passionné de chasse[13].
Il habite entre Miami et Florence depuis le début des années 2010[4].
Il est marié à Ana Lucía Pineda, une femme d'affaires dirigeant plusieurs entreprises aux États-Unis[34]. Ils sont parents de quatre enfants[34], tous nés aux États-Unis[1].
Aux États-Unis, il finance des campagnes électorales du Parti républicain, dont il est membre[17], et cultive des liens avec des fonctionnaires du gouvernement, comme le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau[35].
Il a longtemps été athée avant de se convertir au christianisme[1] et affirme désormais vivre « selon les principes judéo-chrétiens »[6].