Abou Maria al-Qahtani naît en 1976 à Mossoul dans la province de Ninive en Irak[1], fait ses études à l'université de Mossoul et obtient un diplôme de gestion[1]. Il fait partie des Fedayin Saddam jusqu'à la guerre d'Irak[1],[2]. Il intègre notamment l'Armée de Jérusalem(en) et est formé pour une éventuelle mission-suicide en Israël[3]. Après l'invasion de l'Irak par les États-Unis, il perd son travail lors de la dissolution de l'armée irakienne, devient officier dans la police fédérale, mais déserte en 2004 pour rejoindre les insurgés djihadistes[1],[2].
Arrêté en 2004 et libéré quelques années plus tard, il devient ensuite chef de la police religieuse de l'État islamique d'Irak[1]. Blessé en 2010, il part ensuite en Syrie pour se faire opérer[1].
À l'été 2014, il quitte le gouvernorat de Deir ez-Zor au moment de l'offensive qui permet à l'État islamique de s'emparer de la région[1]. Il trouve alors refuge dans le gouvernorat de Deraa accompagné de 700 personnes, combattants et membres de leurs familles[1]. Particulièrement virulent contre l'État islamique, même parmi les chefs du Front al-Nosra, et manquant de compromis à l'égard des autres groupes, al-Qahtani est démis de sa fonction de chef religieux du Front al-Nosra et est remplacé par le Jordanien, Sami al-Oreidi, dit Abou Mahmoud al-Shami[1]. Il plaide alors pour une rupture du Front al-Nosra avec al-Qaïda[4].
Al-Qahtani est arrêté en par Hayat Tahrir al-Cham, et emprisonné à la suite d'accusation de «trahison»[4]. Il est cependant libéré le par le groupe, qui le déclare blanchi des accusations portées contre lui[4].
Le , al-Qahtani est tué dans un attentat suicide à Sarmada(en), près d'Idleb[4]. Selon l'OSDH, deux autres personnes sont grièvement blessées par l'explosion[4]. Hayat Tahrir al-Cham impute aussitôt l'attaque à l'État islamique[4]. Amjad, le site d'information du groupe, déclare alors qu'al-Qahtani «a péri en martyr dans une lâche attaque menée par un membre de l'EI équipé d'une ceinture explosive»[4].