Abraham Goyet-Dubignon
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Abraham Goyet-Dubignon ou à sa naissance Abraham Goyet, né le [1] à Vautorte (Mayenne) et mort dans la même commune le [2], est un homme politique français, député au Conseil des Anciens puis au Corps législatif pendant la Révolution française et le Consulat.
Origines et formation
La famille Goyet est originaire de Vautorte mais dispersée à Paris, au Mans, à Saint-Denis-de-Gast. et surtout à Mayenne, alliée aux familles Fourreau, Durand, Clouet, Guimond et autres, titrée d'un grand nombre de terres[3]. Il est le fils de Jean Goyet, seigneur de Morand, marchand et de Marguerite Le Fizelier. Il est l'époux de Marie-Flavie Legay de la Prunelière. Madame Dubignon, que Stendhal désigne dans son Journal, et ses lettres Dbgn, serait peut-être la femme d'Abraham Goyet-Dubignon[4], qui était dans l'entourage de Madame Pierre Daru[5].
Abraham Goyet-Dubignon naît en 1747 à Vautorte, au sein d’une famille ancienne et respectée. Il reçoit une éducation et une instruction soignées, conformes au rang social de sa famille et imprégnées des idées des Lumières, qui marquent profondément sa pensée et son engagement futur[6]. Les principes de justice, d’ordre et de tolérance, chers à la philosophie du XVIIIe siècle, guident sa vie publique et privée[6].
Carrière politique sous la Révolution
Avocat, lieutenant à l'élection de Mayenne avant la Révolution française[7], il est affilié à la loge maçonnique La Belle-Amitié de Mayenne en 1788[8]. Initié à la Loge La Sagesse à Paris, il est second surveillant de la loge de Mayenne en 1788, loge qu'il retrouvera à son réveil en 1810[7].
Il devint commissaire du gouvernement près le canton de Saint-Denis-de-Gastines[3]. La Révolution française éclate alors que Abraham Goyet-Dubignon jouit déjà d’une certaine notoriété locale, grâce à ses talents, son dévouement aux intérêts publics et l’élévation de sa raison[6]. Il embrasse avec enthousiasme les principes révolutionnaires, mais se distingue rapidement par son opposition aux excès de la démagogie et aux violences commises au nom de la Révolution[6]. Fidèle à ses convictions, il proteste publiquement contre les iniquités et s’expose ainsi à la haine des factions dominantes[6].
En l’an VI (1798), il est élu député de la Mayenne aux Élections législatives de 1798[9] en remplacement de René-François Jarry-Desloges. Il siège au conseil des Anciens. Dès son entrée en fonction, il se fait remarquer par son savoir, sa sagacité et son assiduité aux séances[6]. Il prend la parole à plusieurs reprises pour défendre des positions progressistes, notamment en matière fiscale[6].
Prises de position marquantes :
- 17 fructidor an VI ()[6] : Il s’oppose à un projet d’impôt sur le tabac, qu’il juge inique car pesant principalement sur les plus pauvres. Il propose à la place d’augmenter la contribution mobilière des riches, affirmant que « ce n’est plus sur le pauvre qu’il faut songer à prélever les sommes nécessaires aux dépenses ; il faut les demander à ceux-là seuls qui les possèdent et les peuvent donner ». Son discours est salué et demande l’impression[6].
- 12 vendémiaire an VII ()[6] : Il combat un projet d’impôt sur le sel, rappelant que la République doit protéger les plus démunis et que les représentants sont unanimes sur la nécessité de financer la paix, mais divisés sur la répartition de l’effort fiscal[6].
- Le 16 brumaire an VII, il se plaignit des journalistes qui n'avaient pu donner un compte-rendu fidèle des séances; le 11 germinal, il fit approuver les propositions de diverses assemblées primaires[9].
- Il intervient également sur des sujets variés, comme la confiscation des biens des déportés fugitifs, la liberté de la presse, et soutient diverses résolutions sur les élections[6].
Sous le Consulat et le Premier Empire
Le 18 brumaire an VIII (), Napoléon Bonaparte prend le pouvoir. Goyet-Dubignon, qui a soutenu le Coup d'État du 18 Brumaire, est immédiatement choisi par le Sénat conservateur aux Élections législatives de 1800, comme député de la Mayenne au nouveau Corps législatif. Il y apporte sa contribution à la stabilisation de la société française, notamment en participant à l’élaboration du Code Napoléon, monument législatif qui marque durablement l’histoire juridique française[6].
Il quitte la vie politique en , à l’expiration de son mandat, et se retire dans sa ville natale, où il jouit de l’estime et de l’affection de ses concitoyens[6]. Il est désigné comme un des Grands notables du Premier Empire du département de la Mayenne[8].
Famille
Abraham Goyet-Dubignon est le grand-père de Charles Goyet-Dubignon, député de la Mayenne sous la Deuxième République. Abraham Goyet-Dubignon est le fondateur d’une dynastie militaire et politique issue de l' Ouest de la France[10]
- Jean-Baptiste Goyet, sieur de Morand x Marguerite Le Fizelier
- Jean-Baptiste Goyet (?-1794)
- Abraham Goyet-Dubignon x Renée Marie-Dutertre (1756-1806)
- Jean-Baptiste Goyet-Dubignon (1776-?) x Thérèse Le Bouc de La Bouteillère (1780-1867)
- Jules Goyet-Dubignon
- Charles Edouard Goyet-Dubignon (1809-1883)
- Jean-Baptiste Goyet-Dubignon (1776-?) x Thérèse Le Bouc de La Bouteillère (1780-1867)
- André-Pierre Goyet[3], sieur de La Davière (1751-1797), avocat x Marie Fourreau
- André Jacques Goyet Davière (1781-1822) x Cécile Jeanne Renée Gascoin (1794-?)
- Adèle Goyet Davière (1818-1897) x Charles Poirier-Coutansais (1807-1896)
- André Jacques Goyet Davière (1781-1822) x Cécile Jeanne Renée Gascoin (1794-?)
- Jeanne Michelle Goyet
Notes
- ↑ Archives départementales de la Mayenne, état-civil numérisé de Vautorte, . Il a pour parrain Abraham Couppé, prêtre vicaire de la paroisse de Vautorte, pour marraine Jeanne Goyet.
- ↑ Archives départementales de la Mayenne, état-civil numérisé de Vautorte, décès de l'année 1820.
- 1 2 3 « Abraham Goyet-Dubignon », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. IV.
- ↑ Oeuvres complètes de Stendhal, vol. 72, p. 365, 1937.
- ↑ Pour d'autres sources, il s'agit de Victorine de Lihu, seconde femme du colonel de gendarmerie Dubignon, en demi-solde sous la Restauration, qui tenait alors un salon mi-politique et mi-artistique que Stendhal fréquentait.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Biographe universel : revue générale biographique et littéraire / par une société d'hommes de lettres français et étrangers ; sous la direction de M. E. Pascallet, au bureau de la Revue générale...au bureau de la Revue générale... 1er juillet 1847
- 1 2 Marius Lepage, Histoire de la Franc-maçonnerie dans la Mayenne (1756-1951). Le Mans, Imprimerie Monnoyer, 1951. (avec la collaboration d'André Bouton)
- 1 2 François Dornic, Grands notables du Premier Empire : Mayenne, Editions du CNRS, 1986.
- 1 2 Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)
- ↑ Michel Denis, Les royalistes de la Mayenne et le monde moderne, 1977, p. 229.
Sources
- « Abraham Goyet-Dubignon », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- « Abraham Goyet-Dubignon », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. IV Article Goyet.

Liens externes
- Ressource relative à la vie publique
: - Il était une fois... Les Goyet-Dubignon, grand-père et petit-fils devenus députés