Académie d'équitation de Caen

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Destination initiale
Destination actuelle
Lieu culturel (projet)
Architecte
Gustave Auvray
Construction
1863–1866
Académie d'équitation de Caen
Façade du manège en 2008.
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
Lieu culturel (projet)
Architecte
Gustave Auvray
Construction
1863–1866
Localisation
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L'académie d'équitation de Caen est une ancienne école de dressage fondée au XVIIIe siècle à Caen dans le quartier Hastings. Fermée au milieu du XXe siècle, cette académie d'équitation est en partie détruite pendant la bataille de Caen et les locaux subsistants sont transformés en centre d’incendie et de secours de Caen-Canada. La caserne de pompiers ferme à son tour au début du XXIe siècle. Une partie du site est reconvertie en logements, alors que l'ancien manège doit accueillir d'ici 2028 le Centre chorégraphique national de Caen en Normandie.

Dans son dernier état, l'établissement occupé un terrain compris entre la rue de l'Académie, la rue Barbey-d'Aurevilly et la place du Canada.


Histoire

Les origines de l'école au XVIIIe siècle

La filière équestre a une importance particulière à Caen depuis le XVIIIe – XIXe siècles. Il aurait existé dès le XVIe siècle (avant 1583) une académie menée par un Napolitain, Janus Geronimo[1] ; mais son existence fut probablement éphémère[2].

En 1719, un premier projet d'école d'équitation mené par Jean Poussière est autorisé par Charles de Lorraine, grand écuyer de France ; mais faute de financement et de soutien, le projet n'est pas mis à exécution[3].

L'académie est finalement fondée en 1728 par Pierre des Brosses de La Guérinière[note 1],[3]. Il fait construire des manèges, des écuries et des logements pour des pensionnaires sur un vaste terrain au nord de l'église Saint-Martin[4] appelé le Luxembourg[3]. L'école est agrandie en 1737. L'école devient une des plus prestigieuses de France avec celle d'Angers, son prestige dépassant les limites du royaume[2].

En 1763, un élève anglais menant des expériences de chimie met le feu au bâtiment[5] qui est reconstruite trois ans plus tard. En 1765, Pierre-Amable Hébert de La Pleignière, gendre de Pierre des Brosses de La Guérinière, prend la tête de l'institution[A 1]. Les fils de la noblesse caennaise s'y préparent à la carrière militaire[6]. Elle est également fréquentée par la haute société anglaise[A 2] comme William Sidney Smith[7],[8].

En 1783, un nouveau projet architectural est présenté par Armand Lefèbvre, ingénieur du Roi en chef pour les ponts et chaussées de la généralité de Caen, mais n'est pas réalisé[9].

L'école au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle

L'influence de l’académie sur l’évolution du cheval normand, que l'on constate au XVIIIe siècle[A 3], se prolonge au XIXe siècle, l'école abritant le siège social de la Société d'encouragement à l'élevage du cheval français, fondée à Caen en 1864[10]. En 1810, un rapport rédigé à l'attention de la mairie pointe le besoin de reconstruire le manège avec des dimensions plus importantes[note 2]. Le maire propose alors de reconstruire l'école. Plusieurs implantations sont évoquées (hôtel de Fontenay, Hôtel-Dieu de Caen). En 1814, un mur s'effondre et le manège devient impraticable. Il est réparé l'année suivante[11]. En 1810, elle est érigée en école impériale d'équitation ; puis sous la Restauration, elle devient école royale[2]. En 1829, l’école devient municipale et prend en 1849 le nom d'école pratique de dressage et d’équitation[4].

L'école de dressage est reconstruite par Gustave Auvray de 1863 à 1866[B 1]. Cette académie était alors une des plus prestigieuses de France[12].

À partir de 1914, l’école commence à décliner[13]. Pendant l'Occupation allemande, l’école abrite un dépôt du génie de la 716e division d'infanterie[14].

Les vestiges de l'école après la Seconde guerre mondiale

L'école est endommagée par les combats lors de la bataille de Caen[B 1]. Après la libération de la ville en , les civils affairs, dont l'un des principaux objectifs est de rétablir un centre de secours avec véhicules, établissent leur dépôt et leur cantonnement dans l'ancienne école[15]. Les forces alliées sont ensuite remplacées par les sapeurs-pompiers caennais, dont la caserne de la rue Daniel Huet a été détruite lors de la bataille de Caen[16]. Dans les années 1960, la partie nord de l'ancienne école est détruite afin de construire les bâtiments actuels[note 3].

Seuls subsistent de l'ancienne école, le manège et deux pavillons encadrant ce dernier (pavillon du directeur et pavillon des piqueurs). Après avoir servi un temps de garage pour les voitures[B 2], le manège est mis à disposition par la ville à des associations en 2011[13]. Les deux pavillons sont transformés en logements sociaux en 2013[19].

Le manège est rénové afin d'accueillir des spectacles équestres à partir du printemps 2014 dans le cadre des jeux équestres mondiaux de 2014[20]. Il est également prévu d'y organiser des événements culturels[21], notamment deux œuvres de Jean-Philippe Rameau (La Naissance d'Osiris et Daphnis et Églé) avec Les Arts florissants[22]. Pour l'occasion, deux tribunes de 300 places sont installées de part et d'autre du bâtiment[23].

Le , l'ancien manège est transformé en centre de vaccination contre la COVID [24].

Lors du conseil municipal du , décision est prise de transférer le Centre chorégraphique national de Caen en Normandie dans le manège[25]. Le début des travaux est prévu pour fin 2026 pour une ouverture en 2028[26].

Architecture

Avant sa reconstruction au milieu du XIXe siècle, les bâtiments longent la rue de l'académie[27],[28].

L'établissement est ensuite reconstruit sur un terrain de 87 ares à l'angle de la rue de l'Académie et de la rue de Bagatelle (actuelle rue Barbey d'Aurevilly), qui constitue jusqu'au milieu du XXe siècle la limite nord de l'espace urbain[B 3].

L'ensemble est constitué[29] :

Différents logements sont construits pour les employés (piqueurs[note 4], agent comptable, palefreniers et directeur). Le pavillon du directeur est situé à l'entrée de l'école sur la rue de l'Académie. De l'autre côté de la cour, un autre pavillon similaire abrite une salle de réception et, aux étages, les logements pour le piqueur de selle et le piqueur d'attelage. Deux autres pavillons situés au nord, abritent d'un côté l'agent comptable (à l'est) et de l'autre le palefrenier en chef (côté ouest). Ces deux pavillons étaient identiques[29].

Le tout s'organise autour d'une grande cour accessible principalement par la rue de l'Académie avec un accès par la rue Barbey-d'Aurevilly au rez-de-chaussée du pavillon du comptable. Une seconde cour de service, de dimension beaucoup plus modeste, est accessible depuis la grande cour par un passage au rez-de-chaussée du pavillon du palefrenier[29].

L'ensemble s'inscrit dans la tradition de l'architecture classique[B 1].

Plan de l'académie d'équitation en 1873
Plan de l'académie d'équitation en 1873.

Dans les années 1880, l’école est reliée par une allée à la place et à l'avenue de Courseulles (actuelles place et avenue du Canada), percées à la suite de l'ouverture de la gare Saint-Martin[B 4],[30].

La plupart des manèges des académies équestres existant en France ont disparu, mais celui de Caen a été conservé[5]. De forme rectangulaire et orienté nord-est – sud-ouest, il est long d'environ 50 m sur 18 m de large[31]. La charpente en bois du manège est solidifiée par des tirants métalliques[B 2].

Notes

Références

Articles connexes

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