Accordina

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Accordina
Image illustrative de l’article Accordina
Accordina Havane 2 (Joseph Carrel)

Classification vent
anche libre

L'accordina est un instrument de musique à vent et anches libres comme l'accordéon ou l'harmonica. Inventé par André Borel (1915-1988) dans les années 1930, qui l'a breveté dans les années 1940, l’accordina est surnommé « accordéon à bouche » ou « harmonica à boutons ».

Le dépôt de brevet est daté du sous l'appellation Chromatic Harmonicon[1]. L'accordina était distribué par les établissements Paul Beuscher à Paris de 1954 jusqu'au début des années 1970.

S'ensuit une longue période d'oubli de l'accordina. Il ne ressort temporairement qu'au travers de l'album Spleen de Richard Galliano en 1985. Il faudra toutefois attendre encore quelques années avant de voir l'instrument de nouveau en conception et fabrication chez un facteur d'accordéon. Le pionnier à la suite de Borel : Laurent Jarry en 1995, suivi par Marcel Dreux en 1998, puis Joseph Carrel.

L'accordina fait partie de la famille des instruments à anches libres. C'est un instrument qui combine plusieurs origines, mais la nouveauté de son concept et sa fabrication singulière se veulent être non une modification d'instruments existants (tels l'harmonica ou l'accordéon), mais la création d'un nouveau genre qui répond à une demande de son époque. Le son est très proche de celui de l'harmonica chromatique, très fin mais riche.

C'est un clavier droit d'accordéon, dont le soufflet a été remplacé par le souffle de l'instrumentiste. Son clavier est constitué de 37 à 44 boutons ronds offrant une tessiture maximum de trois octaves et demi, de fa3 à do7.

Aujourd'hui les musiciens pratiquant l'accordina tendent à le prendre comme un instrument à part entière, et non pas comme un accordéon miniature ou un harmonica développé. En effet, l'accordina n'est pas un instrument qui bénéficie d'une technique de poussé-tiré. Il faut souffler dans l'embouchure pour produire le son. Le principe est semblable à celui de l'harmonium (qui a des pédales pour activer le son en poussant l'air vers les anches), ou encore du mélodica. Il n'a qu'une voix, la "flûte"[Quoi ?].

Trois fabrications initiales de l'accordina se sont succédé :

  • la première avec des anches en laiton et un bec trapézoïdal ;
  • la deuxième avec des anches en acier inoxydable et un bec ovale avec un embout en matière plastique ;
  • la troisième, fabriquée par les établissements Paolo Soprani, semblable à la deuxième mais avec une finition moins soignée.

Facture

Le premier facteur se trouve être André Borel dont le brevet du modèle initial est déposé en 1943[Passage contradictoire]. Il a commencé à le développer dès l'année 1938[2]. Il décrit ainsi l'instrument : « 28 cm de long, 7 cm de large et 6 cm de hauteur pour un poids total de 700 grammes »[2] ; ceci est comparable à un harmonica ordinaire à seize trous. Le premier accordina a été conçu pendant la guerre à Dixmont, il pèse alors 4 kilos. Le modèle définitif verra le jour en 1955. Alors qu’il allait abandonné ses recherches et après avoir vendu sa voiture et sa maison, André Borel, mécanicien le jour et accordéoniste de bal la nuit (à la boule rouge, rue de Lappe), fut sauvé par Frédo Gardoni. Ce dernier le présenta au patron des établissements Beuscher. Ce sera un formidable succès : l’accordina se vendra par milliers[2].

Aujourd'hui, plusieurs professionnels se sont intéressés à la reconstruction de cet instrument : Laurent Jarry, Marcel Dreux[3], Georges Fornes, Jérémie Vanglabeke, Claude Labourdette, Joseph Carrel, Ewen d'Aviau (qui travaille particulièrement sur l'ergonomie et la relation musique et handicap) et Guy Boitier (fabrication amateure avec une imprimante 3D), chacun ayant une approche différente et personnelle de cet instrument. Leur objectif étant d'apporter leur contribution pour faire évoluer cet instrument et surtout le faire accéder au statut d'instrument de musique à part entière. Seuls restent aujourd'hui Dreux et Carrel qui continuent une production régulière d'accordinas.

Le modèle Laurent Jarry est le modèle le plus léger des accordinas et aussi le moins sonore. Il a pour dimensions 280 × 80 × 70 mm pour un poids total de 860 grammes. Son esthétique est reconnaissable par sa forme et son utilisation unique d'essence de bois pour le capot (if, pommier, noyer et cerisier), mais aussi pour les boutons. Il possède des boutons en différentes matières possibles bois, nacre ou synthétique. Les anches sont en acier inoxydable et le sommier en noyer traité pour une meilleure protection contre l'humidité. Il comporte 37 boutons (Sol 3-Sol 6). L'instrument se joue encore et on peut en trouver parfois en occasion.

Le modèle Marcel Dreux a pour dimensions 300 × 80 × 70 mm pour une masse de 1,185 kg, et est proposé avec un choix de becs en haut ou sur le côté et longs ou courts. Les matériaux utilisés pour l'habillage sont l'acier inoxydable, le bois (merisier et noyer) et le carbone. Les anches sont en acier inoxydable. Le sommier est réalisé en POM (matériau de synthèse) pour une meilleure régularité du son et une insensibilité à l'humidité. Il comporte 44 boutons (Fa 3-Do 7) pour le modèle principal. Il se démarque aussi par la proposition de plusieurs plans de clavier : 7 au total. Il a lancé récemment un modèle hommage au concepteur : le Borel Replica. Ses instruments sont joués par un très grand nombre de musiciens de renom.

Le modèle Joseph Carrel est assez similaire au modèle Borel mais avec des finitions boisée aux extrémités. Le poids de l'instrument est assez proche de celui de Marcel Dreux. Il apporte une innovation en faisant lui-même ses anches "full inox". Ainsi il n'utilise plus les marques italiennes qui selon lui sont trop fragiles pour l'instrument qui rappelons-le, est soufflé, donc sujet aux variations hygrométriques et possiblement oxydables[4].

Par ailleurs, on trouve d'autres facteurs qui ont développé l'instrument à leur manière ouvrant d'autres possibilités.

Un peu plus long que les précédents modèles (cm de plus), le modèle prototype de Claude Labourdette est plus léger (kg), et concentre quantité de technologies innovantes. Son concept fait une large place à l'utilisation du bois sous différentes formes, tandis que le sommier est réalisé avec une résine de synthèse hydrofuge proche des qualités acoustiques du bois. Il est équipé d'anches Binci a Mano avec lames inox.

Ewen D'Aviau se concentre sur un instrument en bois fabriqué maison, qui présente trois, quatre ou cinq rangées, allant ainsi de 24 à 60 notes. L'instrument peut être Basse ou Soprano. Il propose aussi la sonorisation interne. L'instrument est très singulier et se démarque des autres par son allure possédant une forme géométrique intéressante et innovante.

Guy Boitier fabrique lui à partir d'une imprimante laser un accordina 23 boutons de 19 cm de long et d'un poids plume de 360 grammes, et un plus grand de 41 boutons. Il publie quelques vidéos de ses avancées.

Enfin, André Borel a conçu une variante de l'accordina avec touches de piano : le clavietta. On le trouve sous les marques Clavietta Borel (Paul Beuscher), Melodion (Suzuki) et Pianica (Yamaha)[5].

Jeu

Notes et références

Voir aussi

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