Accords Clark-Darlan
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Les accords Clark-Darlan sont un accord politique signé par les États-Unis et François Darlan, le , pour préciser les conditions de la coopération entre les États-Unis et les forces de Darlan dans l'Empire colonial français. Ces accords transfèrent une partie importante du contrôle de l'Empire français en Afrique aux États-Unis. Charles de Gaulle cherche à s'opposer à la signature des accords, qu'il considère comme attentatoires à la souveraineté française.
François Darlan annonce, dans son ordre de cessez-le-feu du , qu'il exercera l'autorité en Afrique Française du Nord au nom de Philippe Pétain, « empêché »[1]. Darlan a été condamné de manière répétée par le régime de Vichy, mais, quoiqu'en rupture de ban, il continue de se présenter comme gouvernant au nom de Pétain, ce dernier étant « moralement prisonnier »[2].
Les États-Unis considèrent l'Afrique française comme une zone stratégique dans la poursuite de la lutte contre le Troisième Reich. Ils souhaitent également avancer leurs intérêts stratégiques au sein de l'Empire colonial français afin d'y exercer une plus forte influence. Le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt considère que la France, une fois libérée, ne pourra plus gouverner l'Empire colonial, et que l'Amérique devra alors s'y immiscer[3].
Le , Henri Giraud rencontre Mark Wayne Clark, en présence de Robert Murphy. Le général Clark, qui est prêt à reconnaître Giraud comme commandant en chef, reçoit également Charles Noguès. Ce dernier développe l'argumentation selon laquelle l'AFN reste attachée à la personne du Maréchal qui fait l'unanimité tant au sein de la population française que de la population indigène[4]. Sous l'influence du maréchal Alphonse Juin, Noguès accepte finalement que Giraud soit associé à la combinaison.
Négociations
L'objectif des rencontres entre Giraud, Darlan, Clark et Murphy est de créer un cadre stable à la coopération entre la France du régime de Vichy et les Etats-Unis. Le maréchal Juin et Charles Noguès arrivent au compromis suivant : Charles de Gaulle ne viendra pas en Afrique et Giraud se mettra aux ordres de Darlan et commandera au nom de Pétain[4].
Dans la soirée du , Noguès proclame à la radio qu'il remet ses pouvoirs à Darlan « au nom du Maréchal et en accord avec lui »[4]. Quant à Darlan, il informe la population que les Américains aideront les Français à assurer la défense de l'Afrique du Nord en ces termes : « Français et Musulmans, je compte sur votre entière discipline. Chacun à son poste. Vive le Maréchal, vive la France ! »[4].
Le , les négociations s'achèvent. Un texte ayant l'aval des Américains détermine les contours du nouveau pouvoir[5]. Le but affiché des accords est de « chasser l’ennemi commun du sol de l’Afrique ».