Accouchement non assisté
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Un accouchement non assisté (ANA) est un accouchement non médicalement assisté, c'est-à-dire en l'absence de personnel de la profession médicale tels que sage-femme, obstétricien, gynécologue, ou médecin généraliste. Dans le monde moderne, une telle naissance se passe le plus souvent à la maison, c'est donc aussi une forme d’accouchement à domicile mais pas un accouchement assisté à domicile.
Avant l'essor de la médecine, les accouchements se déroulaient au domicile de parturiente. C'est encore le cas aujourd'hui dans les régions du monde peu touchées par la modernisation. On parle alors d'accouchements « traditionnels »[1].
Le concept d'accouchement non assisté est apparu dans les pays occidentaux après la généralisation des accouchements en milieu hospitalier), dans le prolongement des initiatives en faveur de l'accouchement naturel (Grantly Dick-Read, Robert A. Bradley (en)) et de l'accouchement sans douleur (Fernand Lamaze).
Il y a, aux États-Unis, des partisanes influentes, comme Jeannine Parvati Baker (en), de l'accouchement non assisté. Elles ont expérimenté ce type d'accouchement, écrit des livres sur le sujet puis initié un mouvement en faveur de l'accouchement non assisté dans leur pays[2].
Types
On peut distinguer les accouchements non assistés par différents critères :
- suivant qu'il ou non de la volonté de la mère ; si ce n'est pas le cas on parle d'accouchement non assisté « inopiné » : l'accouchement se produit bien avant le terme, dans des circonstances non choisies, ou pendant le transit vers le centre d'accouchement ;
Dans le cas où l'absence d'assistance ou d'intervention médicale relève de la volonté de la mère, on peut relever différents cas de figure en termes d'accompagnement :
- l'accouchement non assisté « vécu seule » : la femme enceinte décide de donner naissance à son enfant complètement seule ;
- l'accouchement non assisté « vécu en couple » : les parents décident de mettre au monde leur bébé seuls» [3] ;
- l'accouchement non assisté « vécu dans l'intimité » : en présence de proches.
Le degré de non-assistance médicale peut aussi varier[4],[5]:
- suivi pré-accouchement (échographie par exemple) ou non ;
- acceptation ou non d'un recours à une aide médicale d'urgence en cas de menace vitale.
Dans le cas où la vie de la mère ou de l'enfant est en jeu, le refus de soin peut concerner tous type d'acte médical ou être restreint à seulement certains d'entre eux ; les Témoins de Jéhovah par exemple sont significativement nombreuses à refuser les transfusions sanguines y compris en cas d'hémorragie du post-partum mais sont en dehors de cela généralement ouverts à l'usage de la médecine obstétricale[6].
Motivations
En dehors du cas des accouchements non assistés inopinés, qui par définition sont indépendants de la volonté des parents, on peut compter plusieurs types de motivations pour recourir à un accouchement non assisté.
Celles-ci peuvent varier selon les personnes : pudeur, accomplissement personnel, la naissance vue comme le prolongement de la vie maritale[7], désir de vivre en privé la naissance voulue sacrée, extatique ou orgasmique[8].
Une femme sur le point d´accoucher peut vouloir faire appel à l'assistance non médicale d´autres personnes, des doulas, pour remplir différents rôles tels qu'un accompagnement spirituel ou une prise en charge des tâches domestiques.
Certaines femmes recourent quant à elles à un accouchement non assisté par incapacité de payer les honoraires du personnel médical, notamment aux États-Unis, ou parce qu'elles craignent de subir de mauvais traitements de la part des professionnels de santé[4],[5].
Préparation et déroulement
La préparation à un accouchement non assisté peut inclure à la fois un suivi médical de grossesse et un apprentissage spécifique (techniques d'accouchement naturel autonome)[4]. Dans le cas où la préparation à l'accouchement non assisté ne comprend pas de suivi médical, on parle de grossesse non médicalement assistée.
Le déroulement d'un accouchement non assisté suit le processus physiologique naturel, comme dans le cas de l'accouchement naturel[pas clair]. Les personnes impliquées assument les tâches liées à la naissance.
Bénéfices
L'accouchement non assisté peut être ressenti comme plus bénéfique pour la mère et l'enfant. L'absence d'un référent vu comme hiérarchique donne à la mère l'entier choix de technique et position à adopter pour son bien être et celui de son enfant[réf. nécessaire].
Lors d'un accouchement non assisté, la femme ne risque pas de souffrir de gestes iatrogènes non-nécessaires ou non-consentis et sources de doléances par la suite[4]; sont aussi évitées les conséquences parfois imprévisibles d'interventions médicales délicates telles que la péridurale. Ces bénéfices disparaissent cependant en cas d'urgence vitale nécessitant une intervention rapide[4].
Risques sanitaires
Face à l'intérêt croissant porté à l'accouchement non assisté, plusieurs organisations professionnelles représentant les sage-femme, obstétriciens et gynécologues du Canada[9], des États-Unis[10],[11], d’Australie[12], et du Royaume Unis[13] ont publié des déclarations fermes mettant en garde contre cette pratique.
Facteurs de risques
Les gynécologues-obstétriciens déconseillent les accouchements à domicile, même en présence d'un professionnel de santé, en cas d'hypertension maternelle ou de suspicion de présentation par le siège[14]. En effet, un accouchement non assisté ne permet pas de bénéficier des services offerts par le monde médical tels que la ventouse obstétricale, les forceps ou la césarienne d'urgence, qui permettent parfois de sauver des vies notamment dans des cas difficiles ou pathologiques, avec des complications[15] telles qu'un bassin de la mère trop étroit, placenta praevia, mauvaise présentation du bébé (présentation podalique, transverse ou de l'épaule), embolie amniotique, pré-éclampsie. Une hémorragie post-partum nécessite aussi l'intervention rapide d'un professionnel ; cette complication qui reste la première cause de décès maternel en France touche 5 à 10 % des accouchées[16].
Taux de mortalité
Depuis la Préhistoire, un accouchement est un événement où peut se jouer la vie et la santé de la mère et du bébé à naître[17]. L'accouchement sans assistance médicale est associé à des taux de mortalité maternelle et néonatale bien plus élevés. Si l'on observe en pratique des risques équivalents dans la période périnatale, c'est uniquement car les femmes qui choisissent l'accouchement à domicile sont parmi celles qui présentent le moins de risques au départ (pas de surpoids, nulliparité, antécédent de césarienne, ou antécédents de grossesse avec complications)[18].
En 1984, une étude menée par le Conseil de santé de l'État d'Indiana auprès des membres d'une communauté religieuse de cet État où les femmes accouchaient sans assistance médicale a révélé un taux de mortalité périnatale 2,7 fois supérieur et un taux de mortalité maternelle 97 fois supérieur à la moyenne de l'État[19].
L’accouchement sans assistance comporte des risques importants. En cas de complication pendant le travail, la mère et l’enfant peuvent avoir besoin de l’aide d’un personnel médical qualifié[20]. Selon Thomas Purdon, président de l’ American College of Obstetricians and Gynecologists, 20 % des grossesses initialement normales évoluent vers des complications et des situations à haut risque au cours du travail, pouvant entraîner des conséquences graves pour la mère et l’enfant, voire le décès[21].
Une méta-analyse de 2010 portant sur des études menées dans les pays occidentaux a conclu qu'« une moindre intervention médicale lors d'un accouchement à domicile planifié est associée à un triplement du taux de mortalité néonatale »[18],[22]. Les causes de mortalité des nouveaux-nés semblent être principalement les anomalies congénitales, l'anoxie (manque d’oxygène) pendant le travail, la détresse respiratoire et l'échec de la réanimation[18].