Adolf Rudnicki

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
VarsovieVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Aron HirschhornVoir et modifier les données sur Wikidata
Adolf Rudnicki
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
VarsovieVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Aron HirschhornVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de
Union des écrivains polonais (en)
Syndicat des écrivains polonais (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Arme
Conflit
Distinctions
Liste détaillée
Vue de la sépulture.

Adolf Rudnicki, né le (date reprise sur sa pierre tombale) ou le (selon les archives de la communauté juive de Żabno[1]), mort le (à 78 ou 81 ans) est un écrivain juif polonais, à la fois romancier et essayiste. Il est particulièrement connu pour son travail sur la Shoah et la résistance juive polonaise durant la Seconde Guerre mondiale.

Adolf Rudnicki naît officiellement le à Varsovie, alors dans l'Empire russe[1]. Il est le descendant d'une vieille famille de Juifs hassidiques. Il reçoit une double éducation: une éducation juive traditionnelle et une éducation moderne. À la fin de ses études secondaires, il commence à travailler comme employé de banque. Bien que le yiddish soit sa langue maternelle, il choisit d'écrire en polonais comme bon nombre de jeunes juifs de cette période. Il mélange avec bonheur l'imaginaire polonais et l'imaginaire yiddish. Son premier roman, Les Rats est publié en 1932. Il est très remarqué par la critique littéraire polonaise et marqué par l'influence de la psychanalyse freudienne. Son second roman, Soldats, publié en 1933 a pour thème les conflits avec les minorités dans la société polonaise. En 1936, il publie l'un de ses meilleurs romans, Le Mal-aimé qui explore les affres d'un amour non-partagé. Il introduit pour la première fois dans son œuvre la figure d'une femme dévouée et sensible, Noémi.

En 1939, Adolf Rudnicki sert dans l'armée polonaise. Après l'effondrement militaire du pays, il parvient à rejoindre la partie de la Pologne occupée par les Soviétiques et séjourne à Lwów jusqu'en 1941. Il continue dans cette ville son œuvre littéraire et collabore à la revue littéraire Nowe Widnokręgi (pl). Après l'invasion de l'Union soviétique par les Allemands, il rejoint Varsovie en 1942 où il vit caché pendant l'occupation. Il participe à l'insurrection de Varsovie en 1944.

Entre 1945 et 1949, Adolf Rudnicki vit à Łódź. Il est le directeur de publication de la revue Kuźnica (pl). Il revient ensuite à Varsovie. Il porte désormais un regard critique sur son œuvre d'avant-guerre. ses préoccupations esthétiques d'alors lui semblent immorales au vu des événements survenus pendant le conflit. Il se reproche de n'avoir rien fait pour représenter dans ses romans le monde juif avant qu'il ne disparaisse et d'avoir adopté le point de vue d'un Juif assimilé sur le monde yiddish. Il contribue de 1953 à 1968 à la revue Świat (pl) où il publie chaque semaine ses fameuses « pages bleues ». Il reçoit en 1955 et en 1966, une récompense d'État pour son œuvre. En 1968, une campagne antisémite secoue la Pologne. Adolf Rudnicki s'installe en France mais retourne en Pologne au milieu des années 1970. Ses derniers travaux, consacrés aux maîtres de la littérature slave, combinent la critique littéraire aux observations personnelles.

Un naturaliste lyrique

Dans son œuvre, Adolf Rudnicki combine des éléments de fiction avec des reportages et des éléments autobiographiques. Après guerre, il conserve sa technique du naturalisme psychologique mais l'adapte à une nouvelle thématique, la Shoah dans son cycle, l'époque des crématoires. Ce cycle est certainement le plus complet réalisé par un écrivain juif polonais qui a vécu la Shoah en tant qu'adulte. Adolf Rudnicki donne aux victimes et aux survivants de l'Holocauste une épaisseur psychologique complexe. Il devient le chroniqueur d'un monde juif disparu, mêlant détails historiques et lyrisme. Il consacre un livre à l'écrivain yiddish Efraïm Kaganowski, à Ostap Ortwin (pl), un socialiste assassiné à Lwów par les nazis dans des circonstances mystérieuses, écrit sur des Justes ayant aidé les Juifs polonais et sur la destruction du ghetto de Varsovie.

Au milieu des années 1950, il cesse d'écrire sur la Shoah. Son biographe polonais, Józef Wróbel, pense que l'obligation faite aux auteurs par le parti au pouvoir de travailler sur l'avenir radieux du socialisme a bridé le travail de Rudnicki.

Œuvres publiées en français

  • Souviens-toi, Choix et introduction, Éditions Polonia, Varsovie, 1956
  • Les Fenêtres d'or et autres récits, Gallimard, 1966, Folio, 1979
  • Feuillets bleus, Gallimard, 1968
  • Le Marchand de Łódź, Gallimard, 1969 - rééd. Sillages, 2010
  • Baguette, Gallimard, 1971
  • La Fuite de Isnaia Poliana, Gallimard, 1973
  • Le Matin d'une coexistence, Gallimard, 1975
  • Que le meilleur gagne, Le Sagittaire, 1978
  • Hier soir à Varsovie, Gallimard, 1978
  • Le Lion du Saint Sabbath, Gallimard, 1979
  • Le Compagnon de route, Actes sud, 1987
  • Des Greniers et des caves, Actes sud, 1988
  • Théâtre, théâtre !, Actes sud, 1989
  • La Mort d'un Polonais catholique, Gallimard, 1994
  • Têtes polonaises, Albin Michel, 1981, 2000

Extraits

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI