Adolphe Thalasso
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Adolphe-Marie-Antoine Thalasso (1857-1919) est un poète, auteur dramatique et critique d'art français.
Originaire de Constantinople, fils de l'armateur Étienne Thalasso et d'Adèle Giuliani, Adolphe Thalasso entreprit, à travers ses productions littéraires, d'établir un pont culturel entre l'Empire ottoman et la France. Son travail à ce titre recouvre plusieurs aspects : la poésie, des pièces de théâtre et de la critique d'art.
Figure orientaliste intellectuelle majeure du XIXe siècle, il était issu d'une famille française du Levant ayant de lointaines racines avec la Grèce et la république de Venise. Après avoir passé les vingt-cinq premières années de sa vie à Constantinople, il s'installe à Paris au début des années 1880[2], et commence par publier des recueils de poèmes.
Thalasso noue d'importantes amitiés dans les cercles artistiques parisiens et stambouliotes, côtoyant des personnalités telles que Victor Hugo, Sarah Bernhardt, Namık Kemal et le prince Abdülmecid. Son mode de vie bohème attira toujours l'attention, et pourtant, il fut perçu comme un étranger dans les deux mondes. De fait, de nombreuses publications en Turquie le qualifiaient d'« écrivain français »[3].
En 1885, il lance La Revue orientale, « journal littéraire, artistique et scientifique », qui dure une année et douze livraisons, et qu'il imprime dans le quartier stambouliote de Beyoğlu (Pera), mettant en avant des auteurs issus des communautés francophones, grecques, italiennes, arménienne et turques[4].
Au printemps 1889, il donne une représentation inspirée du Karagöz, sur la scène du Chat noir, avec la complicité de Frédéric Garguelo[5].
En , sa pièce La Famille est créée au Théâtre Moderne, dans le cadre du Cercle des Escholiers. En , La Vie, pièce en trois actes, est créée au théâtre de l'Odéon[6].
Le , création de Terpsichore, un ballet en 4 actes et 8 tableaux, sur une musique de Léo Pouget, au Palais de la Danse lors de l'Exposition universelle[7].
En 1906, Léo Pouget met en musique sa suite de poèmes intitulée Chants d'amour orientaux.
À partir de cette année-là, Thalasso dirige la rubrique « Orient » dans la revue L'Art et les Artistes jusqu'en 1914.
Thalasso publie à Paris en 1910 un ouvrage majeur, L'Art ottoman. Peintres de Turquie », consacré aux pionniers de la peinture turque moderne, un livre qui fut édité en partenariat avec la municipalité de Constantinople et grâce au soutien d'Abdülmecid (lui-même peintre), et traduit en allemand. Dans ces pages, il est question de peintres tels que Osman Hamdi Bey, Fausto Zonaro, Halil Pacha (1857-1939), Joseph Warnia-Zarzecki, Leonardo de Mango[3].
Il meurt le dans le 1er arrondissement de Paris à son domicile, au 191 rue Saint-Honoré[8].
