Adrien-Gabriel Morice

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Linguiste, prêtre, missionnaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Adrien-Gabriel Morice
Adrien Gabriel Morice.
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Distinction

Adrien-Gabriel Morice ( à Saint-Mars-sur-Colmont - , Winnipeg) est un prêtre, un missionnaire, un linguiste et un religieux oblat franco-canadien.

Origine

Le père Adrien-Gabriel Morice est né et a été élevé à Saint-Mars-sur-Colmont, dans le département de la Mayenne. Adrien-Gabriel Morice entre au petit séminaire de Mayenne à l’âge de 14 ans[1]. Inspiré par le père Émile Petitot, il s’est fixé pour but de devenir missionnaire et explorateur dans le Nord-Ouest canadien. Influencé par le romantisme des grands espaces, il aspire à devenir missionnaire au Canada, motivé par l’idée d’une promesse de grandeur. Il suit le parcours du juniorat de Notre-Dame de Sion, du noviciat de Nancy, puis du scolasticat d’Autun[1].

À l’issue de sa formation, il affirme être « prêt à se battre parmi les humbles d’Amérique et à les conquérir »[1]. En 1880, il part pour la Colombie-Britannique, mais il se rend vite compte qu’il n’est pas fait pour enseigner le catéchisme dans un pensionnat[1].

Désinvolture

Au sein de sa congrégation, il se distingue par son comportement irrévérencieux : se moquant des règlements, refusant ses tâches d’enseignant, se présentant à la communion sans s’être confessé[1]. Le directeur du scolasticat avait averti le supérieur au Canada qu'Adrien-Gabriel Morice était vaniteux, ambitieux et insubordonné[1]. Malgré ces remarques, il est ordonné le et affecté à la direction d’une école pour enfants : l'école Saint-Joseph de Williams Lake, où il étudie le chilcotin. Avec l'aide de Jimmy Alexander, le fils d'une femme Dakelh et d'un commerçant de fourrures qui a été envoyé à l'école Saint-Joseph, a commencé son étude de la langue dakelh.

Mais déçu par cette tâche banale, Adrien-Gabriel Morice se met délibérément à enseigner de manière médiocre, rompt le contact avec ses confrères, néglige ses devoirs sacerdotaux et gêne ses collègues lorsqu'ils célèbrent la messe[1]. En , en guise de punition, il est exilé au Fort St. James, une région surnommée la Sibérie du commerce des fourrures, un centre de traite des fourrures et de mission dans la région des Dakelh.

Travailler avec les langues autochtones

Adrien-Gabriel Morice voit dans cette vaste région la terre promise[1]. Il y apprend rapidement la langue dakelh, devenant ainsi le seul missionnaire à maîtriser plus que quelques rudiments de cette langue. Quelques mois après son arrivée, il crée le premier système d’écriture pour le dakelh, le syllabaire dakelh, afin de renforcer son autorité aussi bien religieuse que civile, et en adaptant de façon radicale le syllabaire cri (en).

Peu à peu, il en vient à se considérer comme « le roi du pays »[1]. Pour consolider son influence sur la tribu, il refuse de leur enseigner l’anglais et le français, préférant la convertir à un catholicisme rigoureux. Poursuivant son ambition de domination, Morice baptise un village du nom de Moricetown, et donne à des lacs, des montagnes et des rivières ses propres nom[1].

De 1891 à 1894, il publie un journal bimestriel en dakelh, le « Dustl'us Nawhulnuk ». Il est également chargé de la traduction du catéchisme, ainsi que de nombreux hymnes et prières en dakelh.

Le père Morice fut le premier à reconnaître avec précision toutes les distinctions phonologiques d’une langue athabascane et à la transcrire fidèlement. Il fut aussi le premier à produire une documentation exhaustive sur une langue athabascane. Son œuvre majeure, un ouvrage volumineux en deux tomes intitulé The Carrier Language: A Grammar and Dictionary, a rapidement fait du carrier la langue de l'Athabaska la mieux documentée de son époque[2],[3].

Différends avec l'Église

Le père Adrien-Gabriel Morice Morice aurait préféré rester à Fort St. James, mais en 1904, l’évêque le rappelait, en raison des difficultés personnelles qu'il avait avec les autres missionnaires de la baie d’Hudson. En 1903, son incompétence totale contraint ses supérieurs à le relever de ses fonctions et à le déplacer dans la région de Vancouver[1]. Le père Adrien-Gabriel Morice montra peu d’enthousiasme à remplir les autres missions confiées par l’évêque et eut des difficultés à s’entendre avec ses collègues prêtres. Après plusieurs années de conflit, l’Église le relégua dans une maison à Winnipeg au Manitoba, où il passa le reste de sa vie en tant qu’érudit. Mais là encore, sa mégalomanie le pousse à s’isoler, à aliéner ses collègues, à provoquer et à perturber son environnement[1]. On le déclare atteint de neurasthénie, de troubles mentaux et d’un épuisement physique. Il lui est conseillé de vivre isolé dans un lieu paisible[1].

Il y écrivit abondamment sur la langue et la culture des Dakelh, ainsi que sur des sujets plus généraux liés à l’Athabascan, l’histoire de l’Église catholique romaine dans l’Ouest canadien, celle des Français et des Métis de l’Ouest, ainsi que d’autres thèmes occasionnels. Il meurt à Winnipeg le .

La ville de Moricetown en Colombie-Britannique est nommée en l'honneur du père Adrien-Gabriel Morice. Dans la même région, la rivière Morice (en) et le lac Morice (ceb) rappellent aussi sa mémoire.

Ouvrages publiés

  • Au pays de l'ours noir chez les Sauvages de la Colombie-Britannique,
  • (en) The Great Dené Race,
  • Dictionnaire historique des Canadiens et des Métis français de l'Ouest,
  • L'Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadien,
  • Travaux dans Catholic Encyclopedia

Revues

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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