Adèle de Batz de Trenquelléon

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Date de naissance
Lieu de naissanceFeugarolles, royaume de France
Date de décès (à 38 ans)
Lieu de décèsAgen, royaume de France
Adèle de Batz de Trenquelléon
Image illustrative de l’article Adèle de Batz de Trenquelléon
Bienheureuse, supérieure, fondatrice
Date de naissance
Lieu de naissance Feugarolles, royaume de France
Date de décès (à 38 ans)
Lieu de décès Agen, royaume de France
Nationalité Française
Ordre religieux Filles de Marie Immaculée (fondatrice)
Vénérée à Cathédrale Saint-Caprais d'Agen
Béatification 10 juin 2018 par le cardinal Angelo Amato
Vénérée par l'Église catholique
Fête 10 janvier

Adèle de Batz de Trenquelléon, en religion Marie de la Conception (Feugarolles, - Agen, )[1], est une religieuse française, fondatrice des Filles de Marie Immaculée et reconnue bienheureuse par l'Église catholique.

Première enfance

Château familial où nait Adèle.

Adèle naît le à Feugarolles, au château de Trenquelléon (Lot-et-Garonne) et est baptisée à l'église paroissiale. Elle est la fille aînée du baron Charles de Batz de Trenquelléon (1754-1815) et de son épouse, née Marie-Ursule de Peyronnencq de Saint-Chamarand (1763-1846), d'une famille très ancienne du Rouergue, descendante, du côté maternel, de Robert de France, comte de Clermont, fils du roi saint Louis. À sa naissance, son père est lieutenant au régiment des Gardes françaises, dissout le pour avoir combattu aux côtés de la population de Paris.

En , le baron s'exile pour prendre part, aux côtés du prince de Condé, aux combats destinés à rétablir la monarchie en France. L'échec de la tentative l'obligera à rester à l'étranger et il ne pourra retrouver sa famille qu'en 1798 et ne retournera en France qu'en 1801. Cette situation affecte directement le reste de sa famille qui est inquiétée plusieurs fois. En , Mme de Trenquelléon doit s'exiler à son tour avec ses deux enfants. Ils partent pour l'Espagne, à Tolosa, puis s'installent finalement à Bragance, au Portugal, au printemps de 1798. C'est là que les rejoint le père d'Adèle, en juillet de la même année.

Fin de l'exil

L'assouplissement des lois françaises envers les émigrés permet à la famille de se rapprocher de la France et de s'établir, pour un temps, à Saint-Sébastien, en . C'est là qu'Adèle vivra l'expérience inoubliable de sa première communion, le , à l'église Santa María. La dévotion envers l'Eucharistie restera toute sa vie un élément fort de sa spiritualité, cherchant toujours à se préparer attentivement à ce sacrement et à mettre en pratique les grâces reçues à cette occasion[2]. Dans sa correspondance, elle mentionne toujours comme un grand événement les occasions qu'elle a de communier, cette possibilité étant accordée avec une certaine parcimonie à son époque. C'est en cette période que s'exprime pour la première fois sa vocation ; elle fait part de son désir d'être carmélite.

Retour à Feugarolles et confirmation

En , la famille est de retour au château de Trenquelléon et réorganise sa vie. Le , des mains de Mgr Jacoupy, nouvel évêque d'Agen, elle reçoit le sacrement de confirmation qui va marquer profondément sa vie. Elle indiquera plus d'une fois l'anniversaire de cet événement dans sa correspondance[3]. Elle décide alors de fonder, avec une amie de confirmation, une association chrétienne, la Petite société. C'est un groupe d'émulation qui voudrait stimuler la ferveur chrétienne de ses membres et en faire de vraies missionnaires. Commencée en 1804, l'association s'accroît rapidement autour d'Agen, à Villeneuve d'Agen, Condom, Villeneuve-de-Marsan, Saint-Sever, Monflanquin ; certains prêtres s'associent, l'un d'entre eux, l'abbé Jean Larribeau, curé de Lompian près de Puch-d'Agenais en devient le directeur et Adèle le choisira aussi comme directeur spirituel.

L'unité et la ferveur du groupe s'entretiennent essentiellement par le moyen de lettres hebdomadaires que la responsable envoie et auxquelles les membres réagissent. C'est ce qui explique l'abondance des lettres d'Adèle qui ont pu être conservées : sept-cent-trente-sept sont parvenues jusqu'à nous. En 1808, le contact s'établit entre cette Petite société, qui compte déjà soixante membres, et la Congrégation de l'Immaculée, mouvement laïc fondé par le Père Chaminade en 1801 à Bordeaux. Les similitudes existant entre les deux mouvements apparaissent tout de suite aux deux fondateurs et une union est décidée. Cela va donner un élan nouveau aux deux groupes qui échangeront des nouvelles et des pratiques. Entre 1808 et 1814, à cause de l'imprudence politique d'un de ses membres, la congrégation de Bordeaux est supprimée par le gouvernement et c'est celle d'Agen qui continue seule, jusqu'à la reprise de 1814.

La fondation religieuse

C'est au cours de cette période de veille que commence à croître le désir chez Adèle et plusieurs de ses amies de former une communauté religieuse, c'est le « cher projet »[4] qui va prendre forme peu à peu ; indépendamment, un désir similaire se manifeste à Bordeaux. Le projet va s'organiser autour d'Adèle et avec l'aide de l'abbé Larribeau, mais, à partir de 1814 surtout, c'est avec l'assistance du Père Chaminade que la fondation prendra sa forme définitive. À Agen, le , avec cinq autres jeunes filles, elle fonde l'Institut des Filles de Marie qui sera désigné par la suite comme Filles de Marie Immaculée et, communément, sous le nom de sœurs marianistes ; elle prend en religion le nom de « Mère Marie de la Conception ». Dans les premières années de la fondation, elles essaimeront à Tonneins, Condom, Bordeaux et Arbois.

Hosanna au Fils de David

Plaque commémorative à l'église Sainte-Foy.

Très affaiblie par l'intensité de son travail et après plusieurs années de grande faiblesse, la Mère Marie de la Conception meurt de la tuberculose[5] le au couvent d'Agen. Ses derniers mots sont un cri d'espérance et de foi en Dieu : « Hosanna au Fils de David ! ». Ses funérailles ont lieu dès le lendemain. L'une de ses plus proches collaboratrices, la Mère Saint Vincent de Labastide lui succède à la tête de la congrégation ; ce qui a été semé par sa vie et son témoignage continuera à se développer.

La fondatrice est inhumée dans le cimetière du couvent des Filles de Marie à Agen[6]. En 2018, à la suite de sa béatification, sa dépouille a été exhumée et placée dans un reliquaire, qui est exposé à la vénération des fidèles dans la Cathédrale Saint-Caprais d'Agen.

Vénération

Notes et références

Pour approfondir

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