Affaire Anna et Olivia

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TitreAffaire Anna et Olivia
StatutAnna Zimmerman et Tomás Gimeno portés disparus, présumés morts
Affaire Anna et Olivia
Sculpture d’Anna et Olivia
Sculpture d’Anna et Olivia

Titre Affaire Anna et Olivia
Lieu Santa Cruz de Tenerife, Îles Canaries (Espagne)
Jugement
Statut Anna Zimmerman et Tomás Gimeno portés disparus, présumés morts

L'Affaire Anna et Olivia ou les meurtres d’Anna et Olivia Zimmerman sont une affaire criminelle survenue en 2021 dans l’île de Tenerife (Îles Canaries). Le , Anna et Olivia Zimmermann de Zárate, âgées respectivement d’un et six ans, sont enlevées par leur père, Tomás Antonio Gimeno Casañas, alors qu’il doit les ramener à leur mère à Santa Cruz de Tenerife.

Malgré une vaste opération de recherche maritime et terrestre, seule Olivia est retrouvée morte le au fond de la mer, à environ 1 000 m de profondeur, au large de l’île. Anna et Tomás Gimeno n’ont jamais été retrouvés et sont présumés morts. L’affaire suscite une émotion considérable en Espagne et à l’étranger, ainsi qu’un important débat sur les violences faites aux femmes et aux enfants[1],[2].

Anna et Olivia, nées sous les noms d’Anna et Olivia Gimeno Zimmermann, sont les filles de Tomás Antonio Gimeno Casañas et de Beatriz Zimmermann de Zárate. Le , alors qu’il doit ramener les enfants chez leur mère, Tomás Gimeno les emmène d’abord chez leurs grands-parents paternels à Santa Cruz de Tenerife[3],[4].

Selon l’enquête, il aurait ensuite conduit les filles à son domicile d’Igueste de Candelaria, où elles auraient été tuées par suffocation peu de temps après un appel téléphonique à leur mère. Gimeno transporte ensuite les corps dans sa voiture, repasse chez ses parents sans éveiller de soupçons, puis se rend dans la nuit au port de Marina Tenerife, à Santa Cruz, où il charge plusieurs sacs de sport sur son bateau[5].

Vers 21 h 30, il est vu en train de préparer son embarcation. Il quitte le port autour de 0 h 30. Au cours de la soirée, il a appelé la mère des enfants, la menaçant qu’elle ne reverrait plus jamais ni ses filles ni lui-même[6].

Les enquêteurs estiment qu’il a jeté les corps en mer à une grande profondeur, à l’aide de sacs lestés par une ancre.

Enquête et recherches

Le , le bateau de Tomás Gimeno est retrouvé à la dérive, sans ancre, près de Puertito de Güímar. Le lendemain, un siège auto pour enfant appartenant à l’une des filles est découvert flottant dans la zone. Des traces de sang, relevées sur l’embarcation, sont analysées dans le cadre de l’enquête[5].

L’affaire est confiée à l’Unité Centrale Opérationnelle (UCO) de la Garde civile, qui a déjà travaillé sur plusieurs dossiers criminels très médiatisés en Espagne (affaires Asunta Basterra, Diana Quer, Gabriel Cruz, etc.). La maison de Gimeno à Igueste de Candelaria est fouillée dès le et dans les jours suivants[5].

Le 'le navire océanographique Ángeles Alvariño, de l’Institut espagnol d’océanographie, est mobilisé pour sonder les fonds marins au large de Tenerife[7]. Grâce à un sonar et à un robot sous-marin, le navire inspecte une zone de failles, de ravins et de crevasses qui rend les recherches particulièrement difficiles[8].

Le , Ángeles Alvariño retrouve une bouteille d’oxygène et une housse de couette appartenant au père des filles[9].

À la fin du mois de juin, après près d’un mois de recherches intensives, le navire met fin à l’opération sans avoir retrouvé les corps d’Anna et de Tomás Gimeno, la zone étant jugée « inabordable » en raison de son relief sous-marin[10].

Découverte du corps d’Olivia

Le , soit 45 jours après la disparition, une des valises immergées est localisée à environ mille de profondeur au large de Santa Cruz de Tenerife, à plusieurs milles nautiques de la côte. À l’intérieur, les enquêteurs trouvent le corps d’Olivia, l’aînée.

Le corps est transporté à l’Institut de médecine légale de Tenerife pour autopsie. Le lendemain, les premiers examens, notamment les empreintes, confirment qu’il s’agit bien d’Olivia. Après la découverte, la mère des deux filles, Beatriz Zimmermann, annonce vouloir supprimer le patronyme Gimeno du nom de ses filles afin de rompre tout lien symbolique avec le père, souhaitant qu’elles soient connues comme Olivia et Anna Zimmermann de Zárate[11].

Le , elle publie une lettre ouverte remerciant pour le soutien reçu et exprimant le souhait que le drame serve à sensibiliser contre les violences machistes et la violence envers les enfants[12].

Réactions

Couverture médiatique nationale et internationale

L’affaire fait l’objet d’une couverture médiatique intense en Espagne, puis dans de nombreux médias internationaux, notamment en Amérique latine, au Royaume-Uni, en Italie, au Portugal, en Allemagne et en Australie. Les photographies des deux sœurs sont largement relayées dans la presse et sur les réseaux sociaux[13],[14].

Classe politique

De nombreuses personnalités politiques espagnoles expriment publiquement leur soutien à la mère des enfants et leur condamnation des faits, parmi lesquelles le président du gouvernement Pedro Sánchez, la ministre de l’Égalité Irene Montero, le président du Parti populaire Pablo Casado, le président des Canaries Ángel Víctor Torres ou encore la présidente de Ciudadanos Inés Arrimadas[15].

Le , la reine Letizia évoque l’affaire et les assassinats d’Olivia et d’une autre jeune victime, Rocío Caíz, lors de la clôture du forum Santander Womennow 2021, soulignant la difficulté de contenir la douleur et la tristesse face à ces crimes[16].

Monde de la culture, de la musique et du sport

De nombreuses personnalités publiques espagnoles réagissent sur les réseaux sociaux : acteurs et actrices (par exemple Antonio Banderas, Paz Vega, Santiago Segura), chanteurs et chanteuses (Alejandro Sanz, Pastora Soler, Marta Sánchez, Rozalén, Malú, etc.), sportifs (Sergio Rodríguez, Rudy Fernández) et autres figures médiatiques expriment leur indignation et leur soutien à la famille[17],[18].

Opinion publique et mobilisations

À la suite de la découverte du corps d’Olivia, des minutes de silence, rassemblements et manifestations sont organisés dans de nombreuses villes espagnoles (Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Bilbao, Saint-Sébastien, Valladolid, Murcie, Malaga, Palma, etc.) pour dénoncer la violence machiste et rendre hommage aux deux sœurs[19],[20].

Hommage

Voir aussi

Références

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