Affaire Bérenger Brouns
affaire criminelle française
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L'affaire Bérenger Brouns est une affaire criminelle française dans laquelle une jeune femme de 26 ans, Christelle Leroy et son fils Lucas sont assassinés à Paris le par Bérenger Brouns, employeur et amant de Christelle.
| Affaire Brouns | |
| Titre | Affaire Bérenger Brouns |
|---|---|
| Fait reproché | Homicide |
| Chefs d'accusation | Assassinats |
| Pays | |
| Ville | Paris |
| Date | |
| Nombre de victimes | 2 : Christelle LeroyLucas Leroy |
| Jugement | |
| Statut | Affaire jugée |
| Date du jugement | |
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Biographies
Bérenger Brouns
Bérenger Brouns est né en février 1964. En 2005, au moment des faits, il est âgé de 41 ans et est marié depuis 20 ans. Il a deux filles.
Il détient plusieurs boutiques à Paris. Il est notamment gérant de la charcuterie italienne du marché Saint-Martin où Christelle Leroy, l'une des victimes, travaillait.
Il embauche Christelle Leroy en février 2004 et entame une relation avec elle, sans divorcer.
Son casier judiciaire est vierge au moment des faits.
Christelle Leroy
Au moment des faits, Christelle Leroy a 26 ans. Elle a un enfant de 4 ans prénommé Lucas. Elle a trois sœurs.
Elle a obtenu un CAP de vendeuse en boucherie-charcuterie et immediatement commencé à travailler. Après plusieurs expériences professionnelles, elle est engagée par Bérenger Brouns dans sa boutique du Marché Saint-Martin.
En 2004, Christelle tombe enceinte. Elle choisit d’avorter et de quitter Béranger. L'année des faits, elle retombe enceinte.
Faits matériels
Le dimanche en début d'après-midi, une violente dispute éclate entre Bérenger Brouns et Christelle Leroy. Elle souhaite le quitter.
Bérenger étrangle Christelle puis son fils, Lucas. Il étouffe ensuite leur chienne Mabelle.
Après les meurtres, Bérenger part retrouver sa femme vers 16 heures, comme s'il ne s'était rien passé. Il lui propose d'aller faire les magasins dans le quartier de Bercy, mais avouera qu'il était dans un état second et qu'il serait incapable de dire ce qu'il a vu à ce moment-là.
La nuit suivant les meurtres, Bérenger Brouns place les corps de la femme et de l'enfant dans de grands sacs de voyage, les transporte dans son véhicule et les emmène dans son arrière-boutique du marché Saint-Martin. Il enfile un tablier de charcutier en plastique, saisit ses outils et entreprend de découper les deux corps. Les quatre jours suivants, il les jettera, morceau par morceau, dans différentes poubelles. Les deux têtes finissent dans deux seaux dans lesquels Bérenger Brouns coule du ciment avant de les jeter dans les bennes du marché Saint-Martin. Plus personne n'aura de nouvelles de Christelle, de Lucas et de Mabelle, leur cocker.
Bérenger Brouns sera placé en garde à vue après quatre mois de mensonges, et passera aux aveux peu de temps après[1].
Enquête et procédure
Enquête
Les proches de Christelle Leroy et de son fils Lucas n'ont pas de nouvelles. Le temps passe, et Christelle ne répond pas au téléphone. Sa famille alerte la police et dépose pour disparition inquiétante.
Les policiers, pensant que Christelle et Lucas sont partis pour les vacances scolaires de février, ne prennent pas les dires de la famille au sérieux.
Désespérée, la mère de Christelle décide alors de contacter plusieurs médias pour aider à les rechercher. Mais Christelle Leroy étant majeure, ils ne peuvent pas faire grand chose. Finalement, seul le magazine Le Nouveau Détective réagit à ses sollicitations.
Le , le journaliste Nicolas Deliez, arrive donc sur les lieux. Il informe la police de ses découvertes (de vieilles traces de sang sur la porte d'entrée). La brigade de recherche des personnes disparues est alors sollicitée car Christelle étant majeure et les éléments si peu convaincants (pas de cadavre), la brigade criminelle ne peut être appelée. Les experts judiciaires envahissent également l'appartement de Christelle. Mais pour l'instant, rien de réellement tangible n'est découvert.
Le , Christelle et son fils ont disparu depuis presque une semaine. Les policiers interrogent finalement Bérenger Brouns sur son lieu de travail. Même si certains détails demeurent bizarres (il présente deux cicatrices autour du nez), aucun élément ne permet de soupçonner l'individu, qui semble sincèrement inquiet par la disparition de celle qui est sa maîtresse et son employée.
Une nouvelle déclaration vient tout chambouler : la voisine de palier de Christelle, Irène Lerman, qui est aussi la propriétaire de son appartement, affirme l'avoir vue le lundi, ce qui fait que Bérenger Bourns ne serait pas la dernière personne à avoir vu Christelle vivante. La peine de Bérenger commence à convaincre son entourage de son innocence, notamment la famille de la jeune femme qui se met à douter de sa culpabilité.
Une semaine plus tard, c'est la rentrée des classes et ni Christelle, ni son fils n'ont réapparu. Lucas n'est pas revenu à l'école [1]et les comptes en banque de Christelle n'ont pas bougé depuis sa disparition.
Les policiers interrogent une dernière fois Bérenger Brouns, dans l'espoir d'obtenir une information. Ils trouvent un homme calme, tempéré et très collaboratif. Il exprime ses soupçons quant au fait que Christelle l'ait quitté sur un coup de tête, comme c'était son habitude. Il ajoute qu'il l'aime et attend son retour. Quand un policier lui demanda s’il l’avait tuée, Berenger répondit : « Non, bien sûr que non ! »
Au bout d'un mois, la brigade clôt le dossier et le transfère au Procureur de la République. Il n'y a ni trace de vie ni de corps à déplorer. Le procureur ouvre alors une information et charge la brigade criminelle de l'enquête.
Le , la brigade découvre un élément important dans les relevés téléphoniques de Christelle : le jour de sa disparition, à 22 h 16, elle a reçu un appel localisé non loin de chez Bérenger Brouns. Pourtant, celui-ci affirmait ne pas avoir eu de nouvelle depuis 14 heures.
Le , la brigade criminelle découvre dans l'appartement de Christelle que tous ses biens ont disparu. C'est Bérenger Brouns qui les a enlevés, sous prétexte que la propriétaire voulait relouer l'appartement. Ce comportement alerte les policiers. Ces derniers se rendent au Marché Saint-Martin. La police retrouve les affaires de Christelle dans le hangar de ce dernier, ainsi qu'un papier dévoilant un rendez-vous chez le gynécologue pour . La jeune femme était vraisemblablement enceinte et n'avait pas honoré ce rendez-vous.
Les policiers sont désormais convaincus que Brouns est impliqué dans la disparition, mais aucune preuve ne peut confirmer leur soupçons. Le , trois mois après la disparition, Bérenger Brouns est arrêté et placé en garde à vue, ainsi que sa femme, pour complicité. Après un interrogatoire où ils doivent s'expliquer séparément, Brouns décrit son emploi du temps le jour de la mort de Christelle. Les policiers entrent dans son jeu pour le mettre en confiance puis le conduisent en cellule. Sa femme est libérée.
Après cela, les policiers sortent du jeu et exigent de lui la vérité. Il est pris au piège par ces derniers à propos du relevé téléphonique, et finit par avouer toute l'histoire : il a tué Christelle Leroy et Lucas en les étranglant.
Les meurtres ont eu lieu le [2]. Il a étranglé la femme et l’enfant puis étouffé le chien.
Quand sa femme part pour son travail de nuit, il en profite pour retourner chez Christelle et met les corps dans des sacs poubelle qu'il glisse dans deux grands sacs de voyage pour les transporter dans le coffre de sa voiture de nuit jusque dans son arrière-boutique. Il les démembre alors minutieusement et jette froidement les différents morceaux dans des poubelles au hasard de son parcours.
Pour se débarrasser des deux têtes, il les coule dans du ciment à prise rapide et les jette dans la poubelle du marché. Il prend soin de nettoyer complètement le matériel avec un détergent professionnel très puissant, et passe les siphons à l'eau de javel. De fait, les enquêteurs ne retrouveront aucune trace de sang effacée avec le produit bluestar. Il se débarrasse également des couteaux qu'il a utilisés et du téléphone portable de sa victime.
Les policiers retrouvent peu de temps après les factures d'achat des produits de nettoyage, du ciment et des nouveaux couteaux, ce qui confirme les aveux de Brouns. Quatre mois après les faits, les recherches des morceaux des corps ne donneront jamais rien et ils ne seront jamais retrouvés.
Les policiers de la brigade criminelle convoquent la mère de Christelle et le père de Lucas pour leur annoncer qu'ils sont tous les deux décédés, sans leur donner de détail. Ils n'apprendront le récit complet du meurtrier que le lendemain, par voie de presse.
Procès et condamnation
Interrogés par la Cour sur la personnalité de l'accusé, les experts psychiatres et psychologues le décrivent comme un «Monsieur tout le monde» qui a «perdu ses repères de conscience»[3]. L’avocat général requiert la peine maximale (réclusion criminelle à perpétuité). Il dit : « C'est un acte fou par lequel Bérenger Brouns a détruit la vie de Christelle Leroy et de Lucas, son fils à elle » mais commis par quelqu'un de « normal, comme vous et moi »[3].
Les proches des deux victimes sont surpris et horrifiés lorsque l'accusé décrit dans les détails les plus sordides pendant les débats la façon méticuleuse et quasi professionnelle avec laquelle il a procédé au découpage des corps.
Le mardi , la Cour d'assises de Paris condamne Béranger Brouns à 30 ans de réclusion criminelle, sans peine de sûreté. Le crime passionnel n'est pas retenu à son égard. Il ne fait pas appel de cette décision. La mère de Christelle regrettera le fait qu'aucune peine de sûreté n'ait été prononcée à son encontre.
En prison, Béranger Brouns reçoit régulièrement les visites de sa femme.[réf. nécessaire]
