Affaire Paul-André Harvey et diocèse de Chicoutimi
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| Affaire Paul-André Harvey et diocèse de Chicoutimi | |
Église Saint-Dominique à Jonquière. | |
| Fait reproché | Pédophilie |
|---|---|
| Pays | |
| Ville | Saguenay-Lac-Saint-Jean |
| Date | 1963 à 1987 |
| Nombre de victimes | 40 |
| Jugement | |
| Statut | Six ans de prison pour Paul-André Harvey et versement de 13,75 millions de dollars aux victimes inscrites au recours collectif. |
| Date du jugement | 2015 pour le prêtre et 2022 pour l'entente dans le cadre du recours collectif. |
| Recours | non |
| modifier |
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L'affaire Paul-André Harvey et diocèse de Chicoutimi est une affaire judiciaire mettant en cause le prêtre canadien Paul-André Harvey et le diocèse de Chicoutimi où le prêtre exerçait son sacerdoce. Paul-André Harvey est condamné en 2015 à six ans de prison pour l'agression sexuelle de 39 enfants et d'une jeune femme entre 1963 et 1987. Les assureurs du diocèse de Chicoutimi doivent verser 13,75 millions de dollars aux victimes inscrites à l'action collective.
Actions judiciaires
Paul-André Harvey est né en 1936 ou 1937. Il a été ordonné prêtre en 1962 et a pris sa retraite en 2002[1].
Entre 1965 et le début des années 1980, Paul-André Harvey a été interrogé à quatre reprises par les forces de police de Kénogami, de Jonquière et d’Alma ainsi que par la Sûreté du Québec. Selon le prêtre : « Les policiers ne m’ont pas sanctionné mais simplement prévenu de ne pas récidiver. C’est ainsi que durant toutes ces années, j’ai profité (!) de leurs largesses »[2].
Condamnation
En , Paul-André Harvey est condamné à une peine de six ans de prison. Les agressions sexuelles qui lui sont reprochées concernent 39 enfants de 6 à 12 ans, ainsi qu'une jeune femme âgée de 23 ans, entre 1963 et 1987. Le prêtre a reconnu, lors du procès, une quarantaine « d'attentat à la pudeur et de grossière indécence ». À l'issue de ce jugement, un procès canonique doit être engagé[3].
À la suite de cette condamnation, en , un recours collectif à l'encontre de Paul-André Harvey est déposé à l'initiative de l'Association des jeunes victimes de l'Église. 120 personnes provenant de 9 paroisses du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'y inscrivent au fil des ans[4].
Le , Paul-André Harvey, âgé de 81 ans, décède alors qu'il est en prison. Il laisse une déclaration sous serment où il accuse l’Église catholique d’avoir couvert ses agissements de pédophile : « Dès les premières infractions, mon évêque m’a alors convoqué à son bureau à la suite d’une plainte reçue. Je lui ai fait part de mes difficultés et lui ai avoué mon besoin d’aide. Il m’a uniquement conseillé de me comporter avec plus de prudence avec les enfants et à mettre plus de prière dans ma vie. (…) Lorsqu’une plainte lui parvenait, il me changeait de paroisse, pensant ainsi résoudre mon problème affectif. Il n’en était rien. Je récidivais ». En 1965, l’évêque du diocèse de Chicoutimi est Marius Paré, puis Jean-Guy Couture lui succède d’ à . Le diocèse de Chicoutimi réfute ces accusations et indique qu'il ne connaissait pas des agressions sexuelles du prêtre. En vingt ans, Paul-André Harvey a changé douze fois de paroisse[5].
Au deuxième jour du procès lié au recours collectif un accord est conclu entre les avocats des deux parties. Les assurances du diocèse de Chicoutimi verseront 13,75 millions de dollars aux 125 victimes inscrites et à celles qui pourraient s’ajouter. Les honoraires des avocats seront prélevés sur ce montant financier. Enfin les victimes doivent recevoir les excuses publiques de la part de l’Église catholique[6].