Affaire Petrocaribe

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Phase de dénonciation :

PETRO CARIBE est un programme du gouvernement vénézuélien, lancé en 2005 visant à inciter le développement endogène des pays de la caribe. En Haïti rejoint le programme, cependant un soupçon d'extorsion de fond surgit et donne lieu à des manifestations un peu partout dans la capitale. En , le cinéaste haïtien Gilbert Mirambeau Jr a lancé sur Twitter le mot-clic #PetroCaribeChallenge. L'intention derrière cette communication était de questionner la gestion des fonds publics, administrés par l'État Haïtien dans le cadre du programme Petro Caribe. Cette vague de dénonciation est devenue virale sur les réseaux sociaux et très vite le mouvement s'est transposé dans les rues sous forme de manifestations populaires en à peine quelques semaines. Le manque de transparence du gouvernement haïtien face à la gestion du programme à entrainer des vagues de manifestation à travers tout le pays et également dans la diaspora haïtienne. Qu'il soit sportif, culturel, communautaire, médiatique ou politique, Petro Caribe prend de l'ampleur dans tous les secteurs de la vie nationale. Les manifestations s'enchainent et les réactions des politiques sont troubles, dans la mesure où tous les acteurs s'accusent mutuellement et tentent de clarifier leurs responsabilités.

Entre 2016 et 2017, la commission éthique et anti-corruption du Sénat Haïtien a produit deux rapports visant à mettre en évidence les irrégularités du programme. Par résolution du Sénat, le - ces rapports ont été transmis, à l'organe de contrôle pour éventuellement mettre en accusation des ordonnateurs de l'État: «L'assemblée des sénateurs demande à la Cour des comptes et du contentieux administratif d'effectuer une analyse, une vérification et un examen approfondis de la gestion des fonds Petro Caribe sur la période allant de septembre 2008 à septembre 2016, conformément à l'article 200 de la Constitution... » (résolution du Sénat; Article 1)[1].

Dans l'intervalle, artistes et personnalités engagés ont gardé en vie cette mobilisation sur le terrain. Qu’elle soit marche pacifique, commémoration de date symbolique, publication de banderole, mobilisation des hashtags, la pression populaire est telle que les institutions bougent et produisent des résultats. En un premier rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif[2] (CSC/CA) révèlent à son tour une gestion catastrophique des fonds publics et laisse entrevoir de véritables malversations au sein de l'administration publique. Les revendications vont alors s'accroitre, les manifestations s'enchainent et le pouvoir est mis en difficulté.

Couverture médiatique :

L'amplification du sujet sur les plateformes numériques - grâce au mot-clé - a accéléré l'intérêt des médias traditionnels autour de Petro Caribe. En effet, divers médias (radios, télés, périodiques ou presse écrite en général) ont régulièrement consacré leurs unes à cette affaire de corruption parait-il généralisé. Le slogan « Kot Kòb Petro Karibe a ??? » « Où est passé l'argent Petro Caribe ? », prend une ampleur considérable et servira de devise dans toutes les manifestations exigeant des explications sur la disparition des quatre milliards de dollars américains (Rapport Cour des comptes 2020)[3].

Haïti a souvent été vu comme un pays où les médias obéissent à une très forte logique politique, en ce sens que le traitement de l'information semble être calqué sur le positionnement de certains partis politiques. On pourrait parler d'une politisation des médias. Lors des manifestations populaires[4], des stations comme la télévision nationale, radio télé caraïbes ou le quotidien le nouvelliste ont été accusés d'être des outils de propagandes du gouvernement. Ces institutions ont souvent, dans le passé, été critiquées d'utiliser une forme de propagande communément appelée propagandes grises (informations diffusées avec des sources incertaines ou non identifiées), pour rédiger et diffuser leurs messages

Plusieurs médias internationaux ont couvert l'affaire Petro Caribe. Mediapart, un site d'information français, a diffusé, le , un écrit intitulé « Petro Caribe, l'arnaque au développement qui révolte Haïti[5]». En quelques lignes l'article fait une mise en contexte de la situation et rend compte de la fragilité du gouvernement. Le journaliste consacre une bonne partie du texte à la nature du financement pétrolier des Vénézuéliens à Haïti. Il met en exergue la voix des citoyens, décrit les mobilisations et les manifestations à répétitions dans le but d'obtenir des réponses et exiger un procès.

Le 17 aout 2020, France 24 a consacré un article entier sur ce même dossier l'intitulant : « Scandale Petro Caribe : en Haïti, la Cour des comptes étrille le pouvoir[6]». Dans celui-ci, le journal fait état de malversation du gouvernement Haïtien. L'accent est également mis sur l'absence de poursuites judiciaires face aux accusations de détournement de fonds du président Jovenel Moïse.

Dans la continuité, le la station RFI (Radio France internationale) met en évidence les revendications et les manifestations des Haïtiens avec leurs titres « Fonds Petro caribe : des Haïtiens demandent des comptes à la classe politique[7] ». Une chronique sera consacrée au dossier pour exposer les plaintes, le mécontentement ainsi que l'incompréhension du peuple Haïtien. Au Canada, le site d'information francophone lapresse.ca consacrera toute une page au sujet. Leur titre « Corruption: la Cour des comptes étrille le pouvoir haïtien[8] » est un exposé détaillé du premier rapport de la Cour supérieure des comptes en Haïti. Il sera question de la gestion dite « catastrophique » du gouvernement ainsi que l'implication de plusieurs figures politique dans ce scandale. À la lumière de ces données, on réalise que ce mouvement de reddition de compte entamé sur les réseaux sociaux à la base, a été amplifié par plusieurs canaux de communication différents. On comprend que cette large couverture médiatique en Haïti, comme à l'étranger a eu un impact significatif sur la durabilité du mouvement à long terme.

Bilan

Malgré l'ampleur médiatique à travers différents pays, l'affaire Petro Caribe semble encore être non résolu. Certaines personnes soupçonnées de détournement de fonds publics ont fait l'objet de sentences pénales, mais cela est loin d'être suffisant en comparaison de l'ampleur du dossier. Les associations de la société civile, les médias, des groupes politiques n'ont pour autant jamais cessé leurs mobilisations. Bien que les deux rapports de la Cour Supérieure des comptes soulignent plusieurs incohérences, le processus judiciaire n'en est qu'à son début. Le peuple Haïtien reste dans l'attente de réponses. Des figures politiques comme Wilson Laleau, Michel Martelly et Laurent Lamothe par exemple continuent de plaider leurs innocences face à ces accusations.

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La cartographie de l'alliance PetroCaribe.

L'affaire Petrocaribe est une affaire dans laquelle Haïti est touchée par un scandale politico-économique, qui implique quatre présidents haïtiens et six gouvernements.

Des plaignants dénoncent une dilapidation de 3,8 milliards de dollars américains du Fonds PetroCaribe. Le Petrocaribe est une alliance entre les pays des Caraïbes et le Venezuela, premier exportateur de pétrole brut latino-américain, leur permettant d'acheter le pétrole à ce dernier à des conditions de paiement préférentielles. Cette alliance a été créée en et regroupe actuellement 18 pays.

Entre 2008 et 2018, Haïti s'est ainsi procuré du pétrole à un taux préférentiel tout en bénéficiant de facilités de paiements. En vertu de cet accord, Haïti revendait plus cher une partie du pétrole aux compagnies locales, les bénéfices devant ensuite servir à financer des projets sociaux et de développement. Pourtant, des responsables politiques et des hommes d'affaires haïtiens, en particulier pendant les mandats présidentiels de Michel Martelly et de Jovenel Moïse, ont détourné à leur profit la plus grande partie de ces bénéfices. La plupart des projets sociaux imaginés au départ sont demeurés inachevés[9].

Les révélations concernant ce système de corruption ont contribué à déclencher les manifestations de 2019-2020 en Haïti[10].

Déroulement

Notes et références

Liens externes

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