Affaire Ruth et José

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TitreAffaire José Bretón
LieuCórdoba, Andalousie (Espagne)
StatutCondamnation (2013)
Affaire Ruth et José
Titre Affaire José Bretón
Lieu Córdoba, Andalousie (Espagne)
Jugement
Statut Condamnation (2013)

L’affaire Ruth et José, également connue sous le nom d’affaire José Bretón, désigne la disparition puis le meurtre de deux enfants espagnols, Ruth Bretón Ortiz (6 ans) et José Bretón Ortiz (2 ans), tués par leur père, José Bretón Gómez, le à Córdoba, en Andalousie (Espagne). Bretón brûle ensuite les corps dans une hoguera préparée dans la finca familiale de Las Quemadillas, cherchant à les faire disparaître et à simuler un enlèvement.

L’affaire reçoit un écho médiatique massif, notamment en raison d’une erreur initiale de la police scientifique ayant classé les os retrouvés comme « non humains », avant que des contre-expertises ne confirment leur origine humaine.

Le , Bretón est condamné par un jury populaire à 40 ans de prison pour double meurtre avec préméditation et simulation d’enlèvement. En 2015, l’application de l’article 76 du Code pénal espagnol réduit la peine exécutoire maximale à 25 ans[1]


En , Ruth Ortiz Ramos annonce à son mari, José Bretón Gómez, son intention de divorcer. Celui-ci élabore alors l’idée de tuer leurs deux enfants dans un acte de vengeance. Les enfants, Ruth et José, sont âgés respectivement de six et deux ans.

Préparation du crime

José Bretón choisit la finca familiale, Las Quemadillas, comme lieu du meurtre. Il prévoit d’agir le , week-end où il a la garde des deux enfants.

Fin septembre, il obtient des tranquillisants (Orfidal et Motivan) prescrits antérieurement par un psychiatre. Entre le 5 et le , il achète environ 270 litres de gasoil et collecte du bois afin de préparer un bûcher.

Pour rendre crédible un faux scénario d’enlèvement, il réalise quelques jours avant le crime un « test » en laissant temporairement seuls ses neveux dans un parc.

Déroulement

Le , Bretón récupère ses enfants à Huelva puis se rend à Córdoba. Après plusieurs passages chez des membres de sa famille pour se créer un emploi du temps confus, il conduit les enfants à Las Quemadillas.

Ils reçoivent alors des doses indéterminées de tranquillisants. Bretón prépare un bûcher dissimulé parmi des orangers. Vers 13 h 48, il tente d'appeler Ruth Ortiz, sans succès, puis met son plan à exécution : il place les enfants (vivants ou déjà morts, point resté indéterminable) sur le bûcher, allume le feu et l’alimente avec environ 250 kg de bois et 80 litres de gasoil. La température atteint près de 1 200 °C, détruisant presque entièrement les corps.

Vers 17 h 30, Bretón quitte la finca et se rend dans le quartier du parc Ciudad de los Niños. Il envoie alors plusieurs SMS et appels à des proches pour simuler la disparition. À 18 h 41, il contacte le numéro d’urgence 112 puis, à 20 h 43, il dépose une plainte au commissariat.

Controverse sur les ossements

Les premiers prélèvements réalisés à Las Quemadillas sont analysés par la police scientifique. L’anthropologue Josefina Lamas conclut qu’il s’agit de restes d’animaux — notamment de rongeurs — ce qui retarde fortement l’enquête[2].

À la demande de la mère, une contre-expertise menée par l’anthropologue Francisco Etxeberria conclut que les fragments sont bien humainset compatibles avec l’âge des enfants[3]. Un troisième rapport, par José María Bermúdez de Castro, confirme à son tour cette conclusion.

Lamas est alors écartée de l’enquête[4].

Problèmes dans la chaîne de garde

L’instruction révèle plusieurs anomalies dans la chaîne de custodie des preuves envoyées à Madrid pour analyse. Lors de sa comparution, Lamas signale l’absence d’un échantillon (« numéro 8 ») dans les photographies consultées par le juge[5].

La défense s'appuie largement sur ces irrégularités. Serafín Castro, chef de l’UDEV, affirme en audience que l’échantillon manquant a pu se désintégrer en raison de son état dégradé[6].

Procès

Audiencia Provincial de Córdoba

Le procès débute le devant l’Audiencia Provincial de Córdoba, avec un jury populaire composé de sept femmes et quatre hommes. Bretón nie les faits et l’administration de tranquillisants. Ruth Ortiz déclare qu'en entendant l’annonce de la disparition, elle comprit immédiatement qu'elle ne reverrait plus ses enfants.

Lors des audiences, des employés de station-service, des voisins et des proches témoignent ; plusieurs psychiatres confirment que Bretón ne souffre d’aucun trouble mental. Les experts confirment l’origine humaine des restes retrouvés.

Le , le jury déclare Bretón coupable à l’unanimité des deux meurtres[7]. Il est condamné à 40 ans de prison (20 ans par meurtre).

Appels

La défense fait appel devant le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie, qui confirme la peine en [8].

Un recours est ensuite présenté devant le Tribunal suprême, rejeté en [9].

En , l’Audiencia Provincial réduit la peine exécutable maximale à 25 ans conformément à l’article 76 du Code pénal[10].

Voir aussi

Références

Liens externes

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