Affaire Thalamas
From Wikipedia, the free encyclopedia

L’affaire Thalamas est une polémique dans l'enseignement français naissant en 1904 autour des cours du professeur Amédée Thalamas portant sur Jeanne d'Arc.
Lorsque les Camelots du roi, militants d'extrême droite de l’Action française, veulent empêcher par la violence ce cours d'avoir lieu à la Sorbonne en 1908, la polémique gagne considérablement en ampleur. Pendant trois mois, les cours en question sont interrompus, de nombreuses manifestations se tiennent dans le Quartier latin et les émeutes d'extrême droite aboutissent à une occupation du ministère de la Justice.

photographie d'Henri Manuel
publiée dans Le Miroir,
.
L'affaire Thalamas démarre en . À la suite d'un cours du professeur sur Jeanne d’Arc à une classe de seconde au lycée Condorcet, dans lequel il affirmait que l'héroïne avait été en proie à des hallucinations auditives (et remettait en cause le caractère sacré de la figure)[1], le député nationaliste de Paris Georges Berry dénonce un outrage à sa mémoire[2].
Ce cours faisait suite à la publication de son livre intitulé Jeanne d’Arc, l’histoire et la légende[3] qui exposait d'une manière jugée « positiviste »[réf. nécessaire] la vie de la Pucelle d'Orléans.
L'intervention du député donne lieu à des polémiques dans la presse, à des manifestations, à un débat à la chambre des députés, puis au duel entre Paul Déroulède et Jean Jaurès en . Dans ce contexte, une enquête est ouverte par le ministre de l'Instruction publique, Joseph Chaumié. Celle-ci mène à un blâme du professeur, pour avoir manqué de tact et de mesure. Le professeur est alors déplacé du lycée Condorcet au lycée Charlemagne[2].

