Affaire Zuma
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L'« affaire Zuma » est un scandale politico-financier impliquant, en Afrique du Sud, deux filiales sud-africaines du groupe français d'électronique de défense Thomson CSF (actuel groupe Thales), Thint et Thint Holding, ainsi que le vice-président puis président sud-africain Jacob Zuma et son conseiller financier, Schabir Shaik.
L'affaire concerne précisément des pots-de-vin perçues à l'occasion de contrat d'armement d'un montant de 51 milliards de rands (environ 3 milliards d'euros de 2019).
Le , Schabir Shaik, alors seul inculpé dans ce dossier, est condamné à quinze ans de prison ferme pour avoir versé à Jacob Zuma près de 160 000 euros entre 1995 et 2001 dans le cadre d'un trafic d'influence et notamment pour avoir négocié un pot-de-vin entre Zuma et le fabricant d'armes Thint, prévoyant un versement annuel de 500 000 rands (60 530 euros) au vice-président. Les poursuites contre Jacob Zuma lui-même ont été annulées par deux fois avant de reprendre en 2018.
L'affaire Zuma a pour origine un programme d'achat d'armes de 1998-1999 effectué par le gouvernement dirigé par Nelson Mandela. Le programme visait à moderniser l'équipement de défense de l'armée sud-africaine, ce qui comprenait l'achat de corvettes, de sous-marins, d'hélicoptères utilitaires légers, d'avions d'entraînement de combat et d'avions de combat légers.
Deux filiales sud-africaines du groupe français d'électronique et de défense sont soupçonnées de trafics d'influence avec de hautes personnalités du congrès national africain, le parti au pouvoir.
Affaire Thint Thomson-CSF
L'affaire débute en 2000 à l'initiative de la cellule de lutte anti-corruption et des enquêtes menées par les enquêteurs de l’unité d’élite des Scorpions[1]. En , le procureur général, Bulelani Ngcuka, renonce cependant à engager les poursuites contre Jacob Zuma, bien qu'il affirme disposer de suffisamment de charges pour pouvoir le faire, mais aussi contre la filiale sud-africaine du groupe Thomson-CSF[1]. Seul Schabir Shaik, le conseiller financier de Zuma, est poursuivi.
Le procès de Schabir Shaik
Selon l'acte d'accusation, un pacte de corruption aurait été passé entre les filiales du groupe français et Jacob Zuma, « lui promettant une rente annuelle de 500 000 rands (soit 62 500 euros), en échange de sa protection contre toute éventuelle enquête sur la régularité du contrat mais aussi son «soutien permanent» pour des «projets futurs» »[1]. Shabir Schair aurait été l'intermédiaire entre les corrupteurs et le corrompu. La société française a toujours contesté ces faits. Tout en contestant la moindre volonté de corruption, Schabir Shaik reconnaît le versement de près 160 000 euros à Jacob Zuma entre 1995 et 2002[1] à une époque où Zuma est ministre provincial au Kwazulu-Natal.
En 2003, les tentatives du clan Zuma de discréditer le procureur Nguka échouent[2],[3],[4],[5]. Au fil de l'enquête apparait même l'existence d'une caisse noire du congrès national africain (ANC), le Development Africa Trust[1]. La situation financière délicate de Zuma, criblé de dettes, est aussi exposée au grand jour. Pour Schabir Shaik, les versements versés par son intermédiaire devaient être considérées comme des contributions à l'ANC car elles étaient justifiées par les fonctions exercées par Zuma au titre de son parti[1].
En , Shaik est condamné à 15 ans de prisons pour corruption et fraude[6]. Dans l'énoncé du verdict, le juge de la Haute cour de Durban met en cause Jacob Zuma en affirmant qu'« à la lumière des preuves, nous avons trouvé que le paiement était de l’argent destiné à corrompre et influencer Mr Zuma à prendre des décisions qui vont contre ses pouvoirs constitutionnels et protéger les intérêts de monsieur Shaik et ceux de ses compagnies »[7]. L'appel de Schabir Shaik sera rejeté[7] et l'homme d'affaires finalement libéré de prison pour raisons médicales en 2009.