Affaire Éric Peugeot
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| Affaire Éric Peugeot | |
| Titre | Affaire Éric Peugeot |
|---|---|
| Chefs d'accusation | Enlèvement d'un mineur de moins de 15 ans |
| Pays | |
| Ville | Saint-Cloud |
| Type d'arme | ` |
| Date | |
| Jugement | |
| Statut | Affaire résolue 20 ans de prison pour les deux personnes condamnées |
| Tribunal | Cour d'assises de la Seine-et-Oise |
| Date du jugement | |
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L'affaire Éric Peugeot est une affaire criminelle liée au rapt d'un enfant de 4 ans et demi, fils de Roland Peugeot et petit-fils de Jean-Pierre III Peugeot, président des usines Peugeot, un des principaux constructeurs automobiles français et européens.
Enlevé le , l'enfant est libéré deux jours plus tard après remise d'une rançon de 50 millions de francs. Les ravisseurs sont arrêtés près d'un an plus tard et condamnés à vingt ans de réclusion criminelle.

Le , Éric, un enfant âgé de quatre ans et demi et fils de Roland Peugeot, est enlevé au golf de Saint-Cloud alors qu'il est censé être sous la surveillance de sa nourrice[1],[Note 1]. À 17 h 10, seul son frère Jean-Philippe est encore là, la nourrice s'étant éloignée pour rester auprès du chauffeur. Son frère évoque un homme qui s’est approché d’eux[2].
Trois heures après le rapt, le commissaire Pierangeli prend connaissance de la lettre de demande de rançon alors qu'il est dans l'appartement des Peugeot, au 170 avenue Victor Hugo, dans le 16e arrondissement de Paris.
| Image externe | |
| Une du journal L'Est Républicain sur les recherches concernant l'enlèvement d'Éric Peugeot | |
Les ravisseurs, Pierre-Marie Larcher et Raymond Rolland, vont garder l'enfant dans une maison du village d'Épiais-Rhus, à environ 40 km au nord-ouest de Paris.
Le , son père Roland Peugeot livre lui-même une rançon de 50 millions de francs en billets usagés[Note 2] aux malfaiteurs lors d'un rendez-vous au passage Doisy à Paris, entraînant la libération de l'enfant le jour même grâce à la complicité d'une jeune femme abandonnant l'enfant au coin de la rue Lauriston et de l'avenue Raymond-Poincaré à Paris[3].
Enquête et procès
Après des mois de vaines recherches consécutives à la publication de tous les numéros des billets de la rançon dans une édition de France-Soir et de nombreuses lettres lançant sur de mauvaises pistes, les ravisseurs sont subitement identifiés à la suite d'un signalement des services d'Interpol concernant un changement de train de vie inexpliqué, notamment par la dépense de grosses sommes dans un casino de Megève. Les investigations permettent de retrouver une petite partie de la rançon (57 450 NF) dans un garage situé au 27, rue Leconte-de-Lisle, à Paris[4].
Larcher et Rolland sont arrêtés le , leur complice supposée, âgée de 19 ans, la mannequin danoise Lise Bodin, l'amie de Raymond Rolland ainsi que Rolande Niemezick, l'amie de Pierre Larcher. Un étudiant en médecine, Jean-Simon Bothman, ami des ravisseurs, est également arrêté[5]. Le magistrat chargé de l'instruction est le juge Renard[6]. Les deux hommes avouent durant leur interrogatoire s'être inspirés du roman Rapt (The Snatchers) de Lionel White publié en 1953. En effet, la lettre de demande de rançon reprend, presque mot pour mot, quelques lignes de la traduction française du roman publié en 1955 dans la collection Série noire sous le no 271[7],[8]. Le romancier s'était lui-même inspiré de l'affaire du bébé Lindbergh pour écrire son récit[9]. Ce fait divers et ce roman ont, à leur tour, inspiré Bertrand Schefer pour écrire son livre Série noire, paru aux éditions P.O.L en 2018[10].
Les kidnappeurs sont condamnés, le , à vingt ans de réclusion criminelle ; Raymond Rolland, libéré au bout de douze ans, partira travailler dans une maison d'édition ; Pierre Larcher, libéré après quatorze ans, fait des études de droit et trouvera un poste d'enseignant[11],[12].