Affouillement des fonds marins par la glace

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Affouillement d’un fond marin par une formation de glace flottante (ici, un iceberg), donnant lieu à un sillon dont la profondeur dépend des propriétés de la quille et de la réaction du sol.

Lorsqu’une formation de glace flottante (typiquement un iceberg ou un fragment de banquise) dérive dans une zone peu profonde, il arrive que la partie immergée (la quille) de cette glace touche le fond de l’eau. Elle se met alors à racler les sédiments en y laissant un sillon[1] – c’est le phénomène de l’affouillement (Wadhams 2000, Weeks 2010, ch. 13). Si ce phénomène est le plus souvent observé dans les mers et les océans, on le remarque également dans les rivières et les lacs (Noble and Comfort 1982, Grass 1984).

Recours à un sonar multifaisceaux à partir d’un navire pour effectuer un levé bathymétrique du fond marin.

Vu de la surface, l’affouillement d’un fond marin par de la glace flottante est un processus qui se fait très discret. La présence de sédiments incorporés à la glace en constitue une des rares indications (Weeks 2010, p. 391). Les renseignements que l’on tente d’obtenir de ces sillons comprennent : profondeur, largeur, longueur et orientation (King 2011, Barrette 2011). La fréquence d’affouillement (le nombre de sillons engendrés dans un secteur donné au cours d'un certain laps de temps) est aussi un paramètre important. Pour obtenir ce genre de données, on fait appel à des navires pourvus d'un matériel servant à cartographier le fond marin, constitué entre autres de sondeurs à ultrason, tels un sonar latéral ou multifaisceaux (Weeks 2010, p. 392). Ces levés se font parfois à plusieurs reprises – on parle alors de cartographie répétitive – sur une période de temps variant de une à plusieurs années (Blasco et al. 1998, Sonnichsen et al. 2005).

Quelques statistiques sur l’affouillement

Les sillons résultant de l’affouillement par la glace peuvent s’étendre sur plusieurs kilomètres. Au nord du Canada et en Alaska, leur profondeur atteint m (Been et al. 2008). En général cependant, elle demeure inférieure à m. Du point de vue de la planification d’ouvrages côtiers, on appelle « événement extrême » un sillon dont la profondeur dépasse m. Quant à la largeur de ces sillons, elle varie de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres (Héquette et al. 1995, Oickle et al. 2006). C’est au nord-ouest de Svalbard, dans l’océan Arctique, qu’on les retrouve dans les eaux les plus profondes : entre 450 à 850 m (Weeks 2010, p. 395). On estime qu’il s’agit là de vestiges datant du Pléistocène il y a plusieurs milliers d’années, à une époque où le niveau de la mer était plus bas. Dans la mer de Beaufort, au nord du Canada, un sillon, dont la profondeur atteint 8,5 m, parcours le fond marin sur une cinquantaine de kilomètres, suivant une trajectoire qui n’est pas toujours rectiligne. Ce phénomène, qui est observé dans des eaux dont la profondeur varie de 40 à 50 m (Blasco et al. 1998), daterait d’environ 2 000 ans.

Description de la glace flottante

Notes

Bibliographie

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