Agathe de Catane

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Sainte Agathe de Catane ou Agathe de Sicile, née vers 231 et morte en 251, est une sainte chrétienne, vierge et martyre, elle est commémorée le selon le Martyrologe romain[1].

Date de naissancevers 231
Lieu de naissanceCatane, Sicile
Date de décès
Lieu de décèsCatane, Sicile
Faits en bref Sainte, martyre, Date de naissance ...
Agathe de Catane
Sainte catholique
Image illustrative de l’article Agathe de Catane
Tableau de Piero della Francesca (ca. 1460–70)
Sainte, martyre
Date de naissance vers 231
Lieu de naissance Catane, Sicile
Date de décès
Lieu de décès Catane, Sicile
Vénérée à Cathédrale Sainte Agathe à Catane
Vénérée par L'Église catholique, l'Église orthodoxe, les Églises orientales et la Communion Anglicane.
Fête 5 février
Attributs Cisailles, tenailles, seins sur un plateau
Sainte patronne Sicile, Catane, Palerme (co-patronne), Saint-Marin, Zamarramala (es) en Espagne ; fondeurs de cloche, nourrices, bijoutiers, martyrs, victimes de viol et de torture, invoquée contre les incendies, les tremblements de terre, les éruptions de l'Etna, les catastrophes naturelles et la stérilité, les personnes atteintes d'un cancer du sein
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Hagiographie

Statue par Carlo D'Aprile (1655-1656), cathédrale de Palerme.
Abbatiale de Sant'Agata.

Connue par une « passion » (récit hagiographique) du Ve siècle issue de traditions tardives, sa vie légendaire[2] a été reprise par Jacques de Voragine dans La Légende dorée.

Née au IIIe siècle à Catane en Sicile, dans une famille noble, Agathe était d'une très grande beauté et honorait Dieu avec ferveur et lui avait ainsi consacré sa virginité. Quintien, proconsul de Sicile, homme de basse extraction, souhaitait par-dessus tout l'épouser. Il pensait qu'il pourrait ainsi gagner en respect et aussi jouir de la beauté et de la fortune d'une telle épouse.

Agathe ayant refusé ses avances, Quintien l'envoya dans un lupanar tenu par Aphrodisie qu'il chargea de lui faire accepter ce mariage et de renoncer à son Dieu. La tenancière ayant échoué, Quintien fit jeter Agathe en prison et la fit torturer. Parmi les tortures qu'elle endura, le bourreau lui arracha les seins à l'aide de tenailles. L'apôtre Pierre lui apparut en prison et la guérit de ses blessures. D'autres tortures vont lui faire perdre la vie et sa mort fut accompagnée d'un tremblement de terre qui ébranla toute la ville.

Bras-reliquaire en argent (1532), trésor de la cathédrale de Palerme.

Une année après sa mort, l'Etna entra en éruption, déversant un flot de lave en direction de Catane. Selon la légende, les habitants s'emparèrent du voile qui recouvrait la sépulture d'Agathe et le placèrent devant le feu qui s'arrêta aussitôt, épargnant ainsi la ville. Depuis, les croyants invoquent son nom pour se protéger des tremblements de terre, des éruptions volcaniques ou des incendies.

Culte et patronage

Sainte Agathe, Francisco de Zurbarán, musée Fabre, Montpellier.

Le culte de sainte Agathe dépassa rapidement le cadre de la Sicile : en 470, les ariens lui consacrent une petite église à Rome, Sainte-Agathe-des-Goths, que le pape Grégoire le Grand donna aux catholiques.

Agathe figure après Félicité et Perpétue, et avant Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie parmi les sept saintes citées dans le canon de la messe catholique romaine.

Elle est l'une des trois grandes saintes de Sicile, elle à Catane, Lucie à Syracuse et Rosalie à Palerme.

Sainte Agathe est la patronne des nourrices, des bijoutiers, des fondeurs de cloche, des villes de Catane et de Palerme, ainsi que de l'île de Malte. Ses reliques, qui auraient été transférées à Constantinople en 1050, reposeraient maintenant depuis 1126 dans la chapelle qui lui est dédiée dans la cathédrale de Catane qui lui est consacrée. Un bras-reliquaire contenant des ossements attribués à la sainte est également exposé dans le trésor de la cathédrale de Palerme.

Une pâtisserie populaire en forme de sein est réalisée lors de la fête de la sainte, les « Minne di Sant'Agata » ou les « Minuzzo », servis par paire en Sicile dans la ville de Catania. Ce sont des petits dômes de pâte fourrés de fromage frais, de fruits candis et de pistache. Recouverts d'un glaçage blanc et surmontés d'une cerise confite, ils symbolisent la poitrine de la martyre. En France, la brioche fait référence aux seins d'Agathe de Sicile, avec le gâteau de Saint-Genix, ou gâteau Labully, inventé en 1880 par le pâtissier Pierre Labully dans le village de Saint-Genix-sur-Guiers en Savoie. L'apparition dans cette région du culte de sainte Agathe ainsi que de la tradition des brioches en forme de seins coupés remonte à l'annexion de la Sicile au duché de Savoie, en 1713.

Le fercolo de sainte Agathe à Catane, début février.

La fête de la Sainte-Agathe (it) qui a lieu chaque année du 3 au est la plus importante fête religieuse de Catane. Le buste de la sainte qui abrite ses reliques est installé sur un monumental char reliquaire, le « fercolo », porté en procession dans la ville. Même les mafieux de Catane obligent le reliquaire à effectuer un arrêt sous le balcon de leurs maisons[3].

En 2002, la fête de Sainte-Agathe de Catane a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO comme « valeur de l’humanité »[4].

Agathe héritière d'Isis

Dans sa Chronique des derniers païens[5], Pierre Chuvin relate comment la déesse Isis, protectrice de Catane, considérée comme la « bonne déesse » (Agathè Daimôn), fut remplacée par sainte Agathe[6] dès que le christianisme devint la religion dominante.

Pierre Sauzeau, qui professa à l'université Paul ValéryMontpellier III, explique comment Agathe devint l'héritière d’Isis à Catane. La déesse Isis, venue d'Égypte, y assumait les fonctions de protectrice de la navigation ; elle portait l’épithète d’Euploia, en grec ancien Εὔπλοια, qui donne une heureuse navigation, ou Ploiaphèsa. Elle était fêtée au cours d'une procession carnavalesque qui perdura jusqu'au VIe siècle et au cours de laquelle ses adorateurs lui offrait du lait dans des seaux en forme de sein. Quand Agathe la détrôna, ce furent désormais ses seins mutilés qui furent mis à l'honneur[7].

Le Martyre de sainte Agathe, par Andrea Vaccaro (v. 1635-1640). Huile sur toile, musée Fabre, Montpellier.

Iconographie

Ses principaux attributs sont la palme du martyre, un plateau sur lequel sont posés deux seins (d'où son nom de « sainte mastophore ») suggérant selon Didier Anzieu une castration symbolique[8], des tenailles et parfois un édifice en flammes.

Agathe est « très peu représentée, le clergé pudibond estimant qu'il serait difficile pour ce thème de faire l'impasse sur la nudité de la malheureuse vierge »[9].

Cette iconographie a probablement inspiré les aquarelles chinoises d'exportation, destinées aux marchés fo cho facher occidentaux, dont certaines représentaient des « supplices chinois »[10].

Galerie de représentations du martyre de sainte Agathe

Représentation dans l'art contemporain

Notes et références

Voir aussi

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