Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique
agence bio française
From Wikipedia, the free encyclopedia
L'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique, dite Agence bio, est un groupement d'intérêt public de promotion de l'agriculture biologique en France, sous tutelle du ministère de l'Agriculture et du ministère de la Transition écologique.
| Fondation |
|---|
| Sigle |
Agence bio |
|---|---|
| Type | |
| Domaine d'activité | |
| Pays |
| Site web |
|---|
| data.gouv.fr |
|---|
Histoire
L'Agence bio est créée le [1] sous le gouvernement Jospin, par le ministre de l'Agriculture Jean Glavany et celui le ministère de la Transition écologique. Yves Cochet[2]. Elle concourt au développement de l'Agriculture biologique en France[3] et doit notamment permettre à la France d'atteindre l'objectif européen adopté en 2019, repris par le Pacte vert européen adopté par la Commission européenne en (Stratégie « De la ferme à la fourchette »), qui est que 25 % des surfaces agricoles soient cultivées en bio en 2030 sur tout le territoire de l'Union européenne. Cette évolution des modes de production, doit contribuer à diviser par deux l'usage des pesticides, et les ventes d’antibiotiques pour les animaux d’élevage ; il s'agit aussi de réduire de 20 % le recours aux engrais chimiques avant 2030.
Son siège est basé à Montreuil dans le département de la Seine-Saint-Denis.
En 2025, en commission, la majorité (de droite) du Sénat français vote une proposition de Laurent Duplomb, ancien président FNSEA et personnalité de l'industrie agroalimentaire, soutenue par le gouvernement, qui déclare faire 2,9 millions d'économies, visant à supprimer l'Agence BIO, (opérateur de l’État) en suggérant une reprise de ses missions par le ministère de l’agriculture [4],[5]. Elle retire également du projet de loi d'orientation agricole, l'objectif de 21 % de surfaces agricoles cultivées en bio à horizon 2030 (cet objectif-cible devait mettre à jour le Code rural et de la pêche maritime, où il était de 15 %, à atteindre avant le (tel que fixé en 2021 ; encore inférieur au nouveau seuil de l'Union européenne, et par ailleurs jamais atteint, car en 2025, le taux est plutôt d'environ 10 %). À l'Assemblée nationale, les députés de gauche, et le gouvernement réintroduissent l'objectif de 21 % au (qui est celui du correspondant au chiffre qui figure dans le programme national pour l'agriculture biologique, et que l'Assemblée nationale avait initialement souhaité). Au Sénat, le rapporteur LR Laurent Duplomb (ancien président FNSEA d'une chambre d'agriculture, et personnalité de l'industrie agroalimentaire), motive ce retrait en arguant que cet objectif ne correspondrait pas à un marché du bio qui s'est contracté (« Est-ce qu'aujourd'hui, objectivement, avec 8 % de la surface agricole en bio et le marasme de la consommation, indiquer 21 % de surface, sans adéquation avec la consommation, ce n'est pas prendre les producteurs pour des imbéciles ? » a-t-il précisé, alors que Daniel Salmon, notait lui que « L'ambition de ce projet de loi est de répondre au défi du renouvellement des générations et en ce sens l'agriculture biologique est centrale car elle est plébiscitée par les jeunes qui souhaitent s'installer en agriculture. 30 à 50 % des futurs agriculteurs veulent le faire en bio. Pourquoi ? Parce qu'il y a une recherche de sens et de qualité au travail »[6]. La gauche sénatoriale et le gouvernement déposent une dizaine d'amendements pour réintroduire ce seuil dans la loi, tous rejetés par la majorité sénatoriale[6]. Ce retrait suscite des protestations[7], notamment basées sur le fait que l'agriculture biologique est plus vertueuse en termes de réduction des gaz à effet de serre, de préservation de la biodiversité, et de mise sur le marché de produits sains du point de vue de la santé environnementale. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard a réagi en disant que le Gouvernement ne souhaitait pas supprimer cette Agence mais qu'il travaille à l'optimiser[5].
En janvier 2025, dans une lettre ouverte, de nombreuses organisations de la filière bio française dénoncent le projet gouvernemental de suppression de l’Agence alors que la loi d’orientation agricole a pour objectif d'atteindre 21 % de surfaces cultivées en bio d’ici 2030, les acteurs de la filière déplorent « l’abandon » du soutien des pouvoirs publics, avec ce qu’ils perçoivent comme un démantèlement progressif de l’institution, marqué par un manque de dialogue avec le ministère qui a refusé de rencontrer le conseil d'administration de l'Agence et n'a pas accusé réception de la démission de la vice‑présidente de l'Agence qui marquait ainsi sa protestation. Les sénateurs ont voté un amendement au projet de loi Duplomb, visant la suppression de l’Agence bio, Annie Genevard, alors ministre de l’Agriculture, la « évidemment intéressante et même tout à fait pertinente ». La commission mixte paritaire ne valide ensuite pas cet amendement, mais — alors que l'Agence s’apprêtait à célébrer les 40 ans du label agriculture biologique — le ministère de l'agriculture lui supprime 15 millions de budget dont 5 millions qui devaient financer durant 3 ans la campagne de communication « C’est bio la France », qui démarrait à peine. L'Agence perd près de 60 % de son budget prévu (dont le « Fonds avenir bio », qui chute de 18 à 8,7 millions d’euros ; fonds qui était abondé par le plan de relance et « des moyens consacrés à la planification écologique » visant à financier les projets de transformation et de structuration des filières bio).
Puis en , le ministère décide de licencier la directrice de l'agence Laure Verdeau dont la mission était, selon lui arrivée à échéance. Ceci entraine des protestations de la FNAB[8] et d'autres acteurs « Tout le monde a voulu reconduire Laure Verdeau, qui avait très bien fait son travail, selon Olivier Chaloche, coprésident de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). C’est le ministère qui n’a pas voulu la reconduire. Il n’y a aucun motif pour la sortir, et elle avait l’aval du bureau »[9] ; en 5 ans, elle avait « presque doublé le budget de l’agence (...) On ne vire pas la directrice d’une agence qui fonctionne et progresse » ajoute Loïc Madeline, coprésident de la FNAB. En 2026, alors que le bio tend à revenir dans le panier de course (+ 3 à 4 % en 2025 selon l'annonce faite par l’Agence bio au Salon de l’agriculture en février 2026)[10],[11].
Missions
L'Agence bio est en relation étroite avec des partenaires ayant vocation à contribuer au développement de l'agriculture biologique, en particulier des organisations publiques, professionnelles et interprofessionnelles, chercheurs, circuits de distribution, organisations de la protection de l'environnement et de défense des consommateurs. Particulièrement, elle a pour mission de communiquer et d'informer sur l'agriculture biologique et ses produits, de développer et d'approfondir l'Observatoire national de l'agriculture biologique, de faciliter la concertation entre partenaires, de contribuer au développement de la structuration des filières et de gérer les notifications des producteurs et autres opérateurs certifiés, ainsi que le logo « AB » depuis 2008.
L'Agence bio traite les notifications des producteurs, préparateurs, transformateurs et distributeurs, acteurs de la filière agriculture biologique. La conversion vers l'agriculture biologique (période de transition entre le conventionnel et l'agriculture biologique, pour les producteurs, mais aussi les préparateurs, les transformateurs et les distributeurs de produits biologiques) commence par l'identification auprès de l'Agence BIO en remplissant le formulaire de déclaration.
L'Agence bio tient à jour l'annuaire officiel des professionnels notifiés en agriculture biologique. Il regroupe tous les professionnels notifiés, qu'ils soient producteurs, préparateurs ou transformateurs, distributeurs ou importateurs de produits bio.
Depuis 2007, l'Agence bio dirige le Fonds de structuration des filières biologiques dénommé « Avenir Bio ». Elle est dotée de 3 millions d'euros par an pendant cinq ans sur la période 2008-2012. L'appel à projets Avenir Bio est institué dans l'objectif de tripler les surfaces en agriculture biologique, en France, à l'horizon 2012 (passage de 2 % à 6 %). Dans le cadre du Programme Ambition bio 2017 lancé en 2013, 4 millions d'euros par an sont désormais alloués à l'Agence bio pour gérer Avenir Bio.
Chaque année, l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique organise l'Opération Printemps bio avec des acteurs de l'agriculture biologique.
Organisateur des Assises de l'agriculture biologique à partir de 2007, l'Agence bio participe chaque année au Salon international de l'agriculture, au Salon Biofach en Allemagne, au Congrès mondial de l'International Federation of Organic Agriculture Movements (IFOAM) ou encore au Salon international bisannuel Tech&Bio.
Organigramme
L'Agence bio rassemble des représentants des pouvoirs publics (ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation et ministère de l'Écologie de l’Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire) ainsi que des professionnels (la Fédération nationale d'agriculture biologique des régions de France (FNAB), les Chambres d'agriculture, Synabio et Coop de France) au sein de son conseil d'administration.
Présidence
- Pascal Gury (Coop de France) : 2009-2011[12]
- François Thiéry (FNAB) : 2011-2013[13]
- Étienne Gangneron (Chambre d'agriculture en France) : 2013-2015
- Didier Perréol (Synabio) : 2015-2017[14]
- Gérard Michaut (Coop de France) : 2017-2019
- Philippe Henry (FNAB) : 2019-2021
- Loic Guines (APCA) : 2021-2023
- Jean Verdier (Synabio) : 2023-2025
- Bruno Martel (La Coopération Agricole) : 2026-(en cours)[15]
Direction
- Michel Helfter :
- Élisabeth Mercier : 2004-2016[16]
- Florent Guhl : 2016-2020
- Laure Verdeau : 2020- (en cours)
