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Laurent Duplomb

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Laurent Duplomb, né le à Rive-de-Gier (Loire), est un homme politique, syndicaliste agricole et exploitant agricole laitier français.

Réélection24 septembre 2023
CirconscriptionHaute-Loire
Groupe politiqueLR
Faits en bref Fonctions, Sénateur français ...
Laurent Duplomb
Illustration.
Laurent Duplomb en 2022.
Fonctions
Sénateur français
En fonction depuis le
(8 ans, 11 mois et 3 jours)
Élection 24 septembre 2017
Réélection 24 septembre 2023
Circonscription Haute-Loire
Groupe politique LR
Maire de Saint-Paulien
–
(7 ans et 3 mois)
Prédécesseur Denis Eymard
Successeur Denis Eymard
Premier adjoint au maire de Saint-Paulien
–
(2 ans)
Maire Denis Eymard
Prédécesseur Paul Martel[1],[2]
Successeur Denis Eymard
Biographie
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Rive-de-Gier (France)
Nationalité Française
Parti politique UMP, puis LR
Syndicat FNSEA
Profession Exploitant agricole
Homme d'affaires
Fermer

Membre du parti Les Républicains, il est sénateur de la Haute-Loire depuis 2017.

Comme émissaire de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), il a été président de la chambre d’agriculture de Haute-Loire. Il a également été l'un des présidents régionaux du groupe laitier Sodiaal et membre du conseil de surveillance de la marque Candia.

Élu sénateur de la Haute-Loire, il est à ce titre à l'origine de la controversée loi Duplomb, visant notamment à autoriser de nouveau un pesticide de la famille des néonicotinoïdes mis en cause pour sa toxicité sur l'humain et les insectes pollinisateurs.

Biographie

Enfance et formation

Né en 1971, il est fils d'un père agent de maîtrise dans la sidérurgie et d'une mère au foyer[3],[4], vivant dans une HLM à Rive-de-Gier[5],[6]. Il choisit de devenir éleveur laitier[5]. Après un lycée agricole à Roanne, il obtient un brevet de technicien supérieur à Brioude[3], en production animale. Durant sa formation, il rencontre sa future épouse, étudiante dans la même école[6].

Carrière

Agricole

Il s'installe sur l'exploitation de ses beaux-parents à Saint-Paulien en 1995[4],[6]. L'exploitant agricole gère en Gaec avec sa femme, son fils et son neveu, 350 vaches montbéliardes produisant 1,2 million de litres de lait annuel sur 200 hectares de cultures et de pâtures, comprenant des unités de méthanisation et d’engraissement, une salle de traite robotisée, et une retenue collinaire pour l’irrigation[3].

Mandats locaux

Laurent Duplomb est président des Jeunes agriculteurs de la Haute-Loire de 2000 à 2006[3],[7].

En , il se présente aux élections législatives dans la 2e circonscription de la Haute-Loire[8] et est battu dès le 1er tour en réalisant 14,46 %[9].

Il devient premier adjoint de Saint-Paulien de 2008 à 2010 (commission voirie)[10],[11], avant d'être élu maire de 2010 à 2017[3],[12],[4]. Il est président du conseil d'administration de l'Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Ruessium[13].

Membre de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA)[14], il devient le président de la chambre d'agriculture de la Haute-Loire de 2013[15] à 2017[16].

De 2014 à 2017, il est président de la région Massif central et de la section Haute-Loire du troisième groupe laitier français, la coopérative Sodiaal[17],[18], qui le nomme au conseil de surveillance de sa marque laitière Candia[18],[N 1].

Mandats nationaux

Le , il est élu sénateur de la Haute-Loire[19],[20],[21]. Il quitte alors ses mandats locaux[22],[23]. Il est, depuis son élection en 2017, conseiller aux questions agricoles de Laurent Wauquiez[17], qu'il parraine pour le congrès des Républicains de 2017[24],[25].

En , il est coordinateur du rapport sénatorial « Compétitivité : une urgence pour redresser la ferme France » qui dénonce l'état de l'agriculture française et les faibles capacités d’exportations, le trop fort poids des importations, dépendance vis-à-vis de l’extérieur et la segmentation du marché entre les plus riches et les plus pauvres et est un appel à redresser sa compétitivité pour améliorer la souveraineté alimentaire de la France[26].

Il est réélu sénateur le [27].

Prises de position

« Thérapies » de conversion

Votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale et par 305 voix favorables au Sénat, il fait partie des 28 sénateurs s’opposant à la création du délit interdisant les « thérapies de conversion », actes assimilés à la torture selon l’Organisation des Nations unies[28] visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne[29],[30].

Agricoles

Il se positionne en fervent défenseur de l'agriculture intensive et agriculture productiviste[6],[4]. Il est un relai très actif des positions de la FNSEA[31].

Plan Loup

Laurent Duplomb critique vivement la gestion du plan Loup en Haute-Loire. Il dénonce un manque de transparence, avec des cas d’attaques indemnisés sans que même le préfet en soit informé. Il alerte sur les conséquences psychologiques chez les éleveurs, dont certains envisagent d’arrêter leur activité et de vendre leurs troupeaux[Information douteuse]. Pour lui, la situation est « intolérable » et demande une réaction urgente de l’État[32].

Directive nitrates

Selon lui, la pollution aux nitrates ne vient pas des agriculteurs, mais d'entreprise qui gère mal leur rejet, de stations d’épuration défaillantes ou de faibles débits de cours d’eau.[Information douteuse] Il rejette l’élargissement des zones vulnérables à 32 communes supplémentaires et affirme que les analyses à l’origine de cette décision sont inexactes[32].[pas clair]

Prix du lait

Les sanctions contre la Russie sont, d’après lui, un facteur majeur de la baisse de la consommation de lait, ce qui fragilise les exploitations. Il affirme que cet embargo coûte 10 millions d’euros par mois à la coopérative Sodiaal, dont il est président[32].

Normes environnementales

Il déclare son aversion pour les normes et « politiques environnementalistes », comme la zone à faibles émission (ZFE) et l'objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) qui « entrave » et conduisent selon lui à « des règles liberticides, ruralicides et antisociales ». Il s'estime en croisade face à une « écologie punitive » qui « devient par nature autre chose qu’un simple projet politique »[3]. Selon Mediapart, il s’associe à deux textes de reculs environnementaux importants au Sénat dans la loi de simplification économique votée aboutissant à la suppression des ZFE et de l'objectifs ZAN[16].

Acétamipride

Les alertes de la communauté scientifique sur la réintroduction de l'acétamipride, visent selon lui à créer le « sensationnel, la minorité agissante terrorise la majorité silencieuse ». Le principe de précaution, lorsqu'il ne sert qu’à créer de la peur, est un principe de régression. Il juge l’acétamipride « 3 000 fois moins toxique pour les abeilles que les quatre autres familles de néonicotinoïdes » et que la balance bénéfice-risque plaide pour sa réintroduction[3].

Suppression d'organisations publiques

En , il présente un amendement au projet de loi de finances visant à supprimer l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique, dite Agence bio[33],[4], avec le soutien du gouvernement[34]. L'amendement est adopté au Sénat[réf. nécessaire].

Il est aussi l’un des fers de lance du dénigrement de l’Office français de la biodiversité (OFB)[16].

Opposition à la revalorisation du RSA

Il défend en un amendement, finalement retiré, proposant de ne pas inclure le revenu de solidarité active (RSA) dans les revalorisations dues à l'inflation : estimant « qu'il y a plein de Français qui travaillent et qui en ont marre de cette situation »[35].

Laurent Wauquiez

Il soutient Laurent Wauquiez au Congrès des Républicains de 2025 face à Bruno Retailleau, reprochant à ce dernier de « diluer » la droite dans le macronisme en restant au gouvernement[36].

Loi Duplomb

Le , le Sénat vote une proposition de loi dans le domaine agricole à son initiative[37].

  • Attribution d’un qualificatif d’« intérêt général majeur » aux retenues de substitution
  • Possibilité de recours en cas de pertes de cultures,
  • Simplification administrative pour l'agrandissement ou la modernisation des élevages,
  • Suppression de la stricte séparation entre l'activité de conseil aux agriculteurs et la commercialisation de pesticides, qui avait en pratique pour effet d'empêcher les coopératives agricoles de donner des conseils aux agriculteurs,
  • Autorisation de dérogation à l'interdiction de deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes (l'acétamipride et le flupyradifurone), s'il existe « une menace grave compromettant la production agricole » et s'il n'y a pas d'alternative suffisante[38],[39]. Les néonicotinoïdes avaient été interdits en France en 2018 en raison de leur forte nocivité pour les abeilles[40],[41].

Cette loi est adoptée par l'Assemblée nationale le par 58 % des députés[37]. Elle rencontre une très forte opposition dans la société civile, politique, scientifique et médicale et une pétition demandant son abrogation obtient plus de 2 millions de signatures sur le site de l'Assemblée nationale[42].

Prises de position dans le cadre de la loi

Laurent Duplomb réfute les accusations de toxicité, invoquant les positions de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) français qui, selon lui, ne considèrent pas l'acétamipride « comme un produit toxique [pour l'humain] » ni comme un « produit qui tue les abeilles »[43]. Ces affirmations sont contestées, notamment par le journaliste et militant écologiste Hugo Clément[44]. Le consensus scientifique sur les dangers pour l'homme des néonicotinoïdes est encore principalement celui de l'incertitude[45],[46],[47], malgré une documentation croissante sur certains de ces dangers[48],[49]. Par précaution, L’EFSA abaisse en 2024 la dose journalière admissible pour l'acétamipride, sans proposer l'interdiction de la substance[50].

Il fustige la position des opposants, dénonçant deux visions opposées de la société, la sienne défendant « le travail, la croissance, et la souveraineté »[43]. L'interdiction totale de l'acétamipride en France reviendrait selon lui à imposer une « concurrence déloyale » à ses agriculteurs, les autres pays d'Europe ayant continué à autoriser cette molécule. Cela amènerait ainsi simplement « à acheter des produits qui viennent d’ailleurs et qui ne correspondent pas du tout [aux] normes [françaises] »[51],[52],[53].

Controverses

En , Les Jours révèle que Laurent Duplomb a bénéficié d'un soutien financier de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par Laurent Wauquiez (LR), pour agrandir une retenue d’eau présente sur l'une de ses fermes. Ce financement public interroge sur des possibles conflits d’intérêts entre activités politiques et intérêts agricoles privés[54].

En , Bon Pote révèle que le sénateur a reçu plus d’un million d’euros de subventions entre 2020 et 2025 distribuées par la région Auvergne-Rhône-Alpes, majoritairement issues de la politique agricole commune (PAC). Cela classe son exploitation parmi les 1 % les plus subventionnées, notamment sur l’exercice 2022-2023. Le média remet en cause le discours de positionnement de Laurent Duplomb comme un agriculteur « dans la moyenne française », alors que la partie laitière de son exploitation est plus grande que 96 % des exploitations laitières françaises. Ces subventions étant validées par le conseil régional, le média soulèvent des accusations de conflits d’intérêts en citant notamment le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez. En outre, Bon Pote accuse également le sénateur de se faire le défenseur d’un système industriel agricole dont il est l’un des principaux bénéficiaires[55].

Vie personnelle

Son fils, Julien Duplomb, qui étudie au lycée de Brioude Bonnefond[56], est associé au Gaec familial[57] et est depuis 2024 président du syndicat des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire.

Notes et références

Liens externes

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