Agentes in rebus

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L'expression latine agentes in rebus désigne du IVe au VIIe siècle certains agents du gouvernement de l'Empire romain d'Occident jusqu'en 476 et de l'Empire romain d'Orient, dit Empire byzantin, qui se prolonge au-delà de cette date.

Ces agents sont à l'origine chargés de fonctions de messagers de haut rang, mais ils sont généralement considérés comme des espions de l'empereur.

Signification de la formule latine

La formule agentes in rebus est composée

  • du verbe agere[N 1] faire ») au participe présent pluriel (agentes, « ceux qui font », le singulier étant agens),
  • de la préposition in (dans)
  • du mot res à l'ablatif pluriel (« choses », ici avec un sens abstrait comme dans res publica, « la chose publique », « la république »).

On peut traduire, par exemple, « ceux qui s'occupent des choses, des affaires », ce qui est assez vague.

Dénominations grecques

Le latin reste langue officielle de l'Empire d'Orient (dit ensuite byzantin), mais la langue principale est le grec, langue dans laquelle les agentes in rebus sont appelés « Άγγελιαφόροι » [aggeliaforoi, « messagers »] ou « μαγιστριανοί[1] » [magistrianoi, « hommes du maitre »]).

Le mot aggeliaforoi (au singulier : aggeliaforos) signifie « porteur de nouvelles ». Il est lié au mot aggelos, qui en latin donne angelus.

Le mot magistrianoi (au singulier : magistrianos) est formé sur le mot latin magister maître »), du fait qu'ils dépendent du haut fonctionnaire appelé magister officiorum maître des offices »).

Attestations textuelles

Les agentes sont mentionnés dans le code de Théodose, promulgué en 438 (VI, De Agentibus in rebus, 27.23) et dans le code de Justinien, promulgué en 629 (XII, 20.3). Ces codes reprennent et ordonnent des édits impériaux antérieurs.

Le dernier agens attesté est mentionné dans la chronique grecque de Théophane le Confesseur (757-817) qui parle d'un magistrianos nommé Paul, envoyé en ambassade en 678[2].

Historique

On ignore la date précise de création de cette fonction. Elle est attestée en 319[réf. nécessaire], mais il est possible qu’elle date des réformes de Dioclétien (empereur de 284 à 306) à la fin des années 280 (division de l'empire, création de la tétrarchie, renforcement de l'administration, etc.).

Les agentes in rebus remplacent les frumentarii[N 2], soldats qui, durant le Haut-Empire, sont à chargés d'assurer des liaisons entre Rome et les garnisons légionnaires, mais qui sont également « les yeux et les oreilles » de l’empereur dans l’empire. Détestés de tous, leur corps est dissous par Dioclétien.

La fonction de courrier est dévolu aux agentes, placés sous la direction du magister officiorum maitre des offices ») d’où leur nom grec de magistrianoi. Mais ils sont progressivement chargés des missions les plus variées comme l’atteste leur nom.

On les retrouve dans l’Empire byzantin, c'est-à-dire l'Empire romain d'Orient après la fin de l'Empire d'Occident, jusqu’au début du VIIIe siècle, date à laquelle leur corps est aboli à son tour, la plupart des fonctions du magister officiorum étant transférées au logothète du drome[3].

Organisation

Le corps des agentes

Les agentes in rebus constituent une garde (schola) impériale. Comme d’autres services publics dans la période du dominat, leur service est militarisé, devenant une militia.

Réparti en cinq classes hiérarchiques et commandés par un adjutor et des subadjuvae, ils sont recrutés parmi les jeunes officiers de cavalerie : equites, circitores, biarchi, centenarii et ducenarii[4].

Agentes postés en province

En 357, deux agentes sont postés dans chaque province de l'empire, un troisième en 395 et de nombreux autres à partir de 412.

Le code de Justinien précise que les agentes jouissent d’une immunité les soustrayant tant à la justice civile qu’à la justice criminelle de niveau provincial, sauf sur ordre du maitre des offices[5]

Carrière

Leur période de service achevée, les agentes in rebus sont normalement promus dans d’autres services gouvernementaux.

Les agents seniors accèdent généralement au grade de princeps officii dans les préfectures du prétoire et les diocèses ce qui leur permettait d’exercer la supervision de la bureaucratie tout en en réduisant l’indépendance[6].

Certains édits impériaux restreignent les promotions qui devaient se faire uniquement sur une base d’ancienneté, sauf pour deux d’entre eux qui pouvaient chaque année être promus à la discrétion de l’empereur[7].

Effectifs

Leur nombre augmente considérablement[3], si bien que les empereurs eux-mêmes finirent par se méfier de ce corps dont ils tentent de freiner la croissance[8].

Ils sont 1 174 en l’an 430 si on se fie à la loi de Théodose II et 1 248 sous Léon Ier (457-474)[9].

Fonctions

Notes et références

Bibliographie

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