Agnès Rouzier
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Odile Jeanne Agnès Kirmann |
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Agnès Rouzier, née Odile Jeanne Agnès Kirmann le à Paris et morte le [1] à Goursac, commune de Saint-Cybranet, est une écrivaine française. Elle était la fille du physicien Fernand Holweck et de Marie-Agnès Kirmann. Antoine de Saint-Exupéry était son parrain[2].
Son père est arrêté en 1941[3] par la Gestapo et il meurt sous la torture. Sa mère est déportée et meurt au camp de concentration de Ravensbruck en 1944 [4]. Elle est ensuite élevée par sa marraine. D'autres détails concernant sa jeunesse manquent.
Elle se marie avec l'architecte d'intérieur Pierre Rouzier (1934-1996). Le couple habite dans le petit village de Turnac en Dordogne. Ils s'occupent de la restauration et de la vente de vieilles maisons. Ils s'associent avec l'entrepreneur Bernard Benson[5]
À partir de 1964 Agnès Rouzier commence à écrire. Son premier roman Hélène devait être publié chez Gallimard, dans la collection « Le Chemin »[6]. Le texte de son deuxième roman Le Prince russe est perdu [7]. Entre 1964 et 1969, correspondance (environ 300 lettres) avec un jeune Allemand[8]. Son troisième texte Non, rien est publié en 1974 chez Seghers/Laffont dans la collection « Change ». Plusieurs articles paraissent dans la revue Change[9]. Lettres à un écrivain mort est publié en 1981 dans Furor, un périodique suisse[10]. Ce sont des réponses fictives à des lettres de Rainer Maria Rilke.
Le Fait même d'écrire est publié à titre posthume en 1985 ; c'est une collection des toutes ses textes littéraires, complétées par des notes de journal.
En 2015, nouvelle édition de Non, rien chez BRÛLEPOURPOINT à Paris, avec une préface de Jean-Pierre Faye. Initié par cette réédition, le Cahier critique de poésie sort un dossier Agnès Rouzier (no 31) en .
Réception
"Je peux vous dire la violence extrême de votre écriture; la syntaxe, parfois mallarméenne, est au service de cette violence. Vous faites de l'écriture une sorte de moyen de connaissance. Vous n'écrivez pas sur la sexualité, vous écrivez sexuellement." (Gilles Deleuze)[11]
"Peut-être faut-il disparaître en quelque sorte pour rentrer en rapport avec ce texte". (Maurice Blanchot)[11]
"...l'extrême exigence d'un poète pour qui la vie n'est possible que dans une écriture intense, amoureuse. Ces ultimes écrits tendend vers une paix : 'Il faudra qu'un point (de paix) s'établisse. Cette paix. La paix en sorte." (Christian Descamps)[12]
Œuvres
- Non, rien, Paris, Éditions Seghers/Laffont, collection Change, 1974
- « Sur Kafka », dans L'imprononçable, l'écriture nomade, Change no 22, , p. 26-40
- « À haute voix » dans La machine à conter, Change no 38, , p. 71-77
- « Maurice Blanchot, le fait même d’écrire », dans La machine à conter, Change no 38, , p. 78-102
- Lettres à un écrivain mort, Lausanne, 1981, Furor no 4, p. 53-74
- Le Fait même d'écrire, Paris, Éditions Seghers/Laffont, collection Change, 1985
- L'ordre de la colère, échanges avec Philippe Boyer, Tiré à part de La politique des auteurs, Toulon, Éditions la Nerthe, 2026
Rééditions:
- Non, rien, Paris, BRÛLEPOURPOINT, 2015
- Dire, encore, Paris, BRÛLEPOURPOINT, 2016. Cette édition reproduit quelques textes de Le Fait même d'écrire
Correspondance
- Lettres à un Jeune Allemand, Saarbrücken, AQ-Verlag, 2018, 2e éd. corrigée et augmentée 2020 [13]. Cette collection comprend 266 lettres écrites entre 1964 et 1969 et une partie du roman inédit Hélène.
Traductions
- Non, rien (extrait), dans Paul Buck (éd.) Curtains, le prochain step, Hebden Bridge, Royaume-Uni, 1976[14].
- Non, rien (extrait), dans Paul Buck, (éd). Violent silence : Celebrating Georges Bataille, London (?), 1984, p. 79-82
- Non, rien (extrait), dans Stacy Doris et. al. (éds), Violence of the White Page, Contemporary French Poetry, Tyuonyi 9/10, 1991, p. 139-141, traduction par Chet Wiener[15]
- Non, rien (extrait), in: Cydney Chadwick (éd.), AVEC 8, 1994
- Letters to a Dead Writer, (Lettres à un écrivain mort), (extrait), dans : Norma Cole (éd.): Crosscut Universe, Writing on Writing from France, Providence, RI, Burning Deck, 2000 p. 138-143[16]
- Letters to a Dead Writer, (Lettres à un écrivain mort), (extrait), in: Lindsay Hill & Paul Naylo (Eds.) Facture, A Journal of Poetry and Poetics, Nr. 3, Cedar Ridge (CA), 2002, p. S. 36-41
Les Lettres à un écrivain mort existent dans deux traductions allemandes différentes: