Agressivité chez les animaux

From Wikipedia, the free encyclopedia

Un berger allemand agressif ou en colère.

Cet article traite de l'agressivité chez les animaux, en particulier chez quelques animaux domestiques communs.

L'agressivité peut être synonyme de survie dans la nature ; elle fait partie du comportemental normal de toutes les espèces, sociales ou non ; elle est un régulateur social dans bien des espèces, passage obligé de la résolution des conflits.

L'homme civilisé a tendance à diaboliser l'agressivité ; la canaliser dans des exutoires sains et productifs paraît une meilleure solution.

L'agressivité par irritation

Combat d'éléphants de mer mâles.

L'agressivité chez les animaux peut être classée en quatre classes.

C'est une réaction à une douleur répétitive ou à un comportement provoquant la colère. L'agression est prévisible, l'animal prévient par des signaux d'alarmes et de menaces ; ensuite, il passe à l'agression proprement dite : morsure, griffures, coups… L'agression est sévère et immédiate selon l'ancienneté et de la répétition de l'irritation. Elle est généralement de courte durée, sauf si elle est maintenue par une instrumentalisation (la répétition de l'acte) plus ou moins poussée.

L'agressivité par peur

Elle est rapide, violente et s'arrête immédiatement quand la cause de la peur disparaît.

L'agressivité hiérarchique

Elle ressemble à l'agressivité par irritation, mais s'en distingue essentiellement par son contexte : la prérogative hiérarchique est remise en question.

Elle peut être à l'initiative de l'un ou de l'autre protagoniste. Elle a toujours pour but de contrôler un symbole de leur position hiérarchique : accès à une ressource (nourriture, eau ou sociale (lieu, ami, conjoint).

L'agressivité territoriale est un cas particulier : même si les protagonistes ne font pas partie de la même hiérarchie, le contrôle de la ressource territoire entre un « titulaire » et un « prétendant » entraîne une lutte. La lutte entre individus du même sexe pour le contrôle d'un partenaire sexuel en fait partie aussi.

L'agressivité de prédation

Plus sauvage, elle est plus ou moins organisée, mais systématiquement optimisée par l'expérience. Son but est d'immobiliser et de consommer sa proie. Elle est condition de survie chez le prédateur. Elle est absente chez les espèces prédatées (proies) comme le cheval.

Les signaux d'alerte

Chaque espèce a son registre de signaux d'alerte, puis d'agression proprement dite. Pour certaines d'entre elles, une typologie permet de la caractériser ; pour le chien : type 1, grognements ; type 2, grognements puis morsure ; type 3, morsure directe et plus violente.

L'agressivité, lorsqu'elle est répétée dans le temps, finit toujours par s'instrumentaliser. La séquence d'agression est alors plus courte et l'attaque plus violente. Par exemple, une agression instrumentalisée de chien, par irritation, autour de la gamelle, pourra être immédiate et violente, alors qu'avant l'instrumentalisation (la répétition de l'acte), elle était précédée de grondements et grognements répétés avant une attaque brève et non appuyée.

Il existe aussi une agressivité sociale : lutte entre clans ou hardes faisant intervenir plusieurs individus de factions différentes pour le contrôle d'un territoire. Un exemple se voit chez les suricates.

Réglementation

Combat de cou entre girafes mâles.

Animaux domestiques

L'agressivité des animaux domestiques s'inscrit dans plusieurs lois françaises.

Tout animal ayant mordu ou griffé une personne doit être soumis à une surveillance vétérinaire[1].

Cette surveillance consiste en trois examens généraux, à une semaine d'intervalle ; ils doivent déterminer si l'animal est indemne de maladie transmissible, notamment la rage. Le premier examen doit avoir lieu dans les 48 heures suivant l'agression.

La procédure comprend une information de la préfecture. Environ 20 000 déclarations sont enregistrées chaque année ; les statistiques des assurances estiment à 500 000 les morsures chaque année.

Animaux errants

La loi relative aux animaux errants et dangereux donne beaucoup de pouvoir au maire et au préfet[2].

Le maire gère l'attribution de permis de détention des chiens catégorisés et peut prendre toutes mesures nécessaires à la gestion d'un animal dangereux. Il peut, notamment, en cas de danger grave et immédiat, procéder à l'abattage de l'animal impliqué. Cette décision est soumise à une procédure : l'animal est considéré comme le prolongement de son gardien dans l'exercice de sa responsabilité civile. En clair, le gardien de l'animal (et non son propriétaire) est responsable de tout sinistre causé par l'animal qu'il a en sa garde. Une décharge de responsabilité signée par le propriétaire est souvent considérée comme nulle par la justice. Accepter la garde d'un animal est une décision qui peut avoir des conséquences.

Chez le vétérinaire

La responsabilité est transférée lorsqu'un professionnel intervient sur l'animal. Dans ce cas, le professionnel devient pendant toute la durée de l'intervention le responsable, civilement, de l'animal. Une exception existe : quand le gardien, qui a amené l'animal, a sciemment caché une information importante. En clair :

  • si l'animal mord son propriétaire en consultation chez le vétérinaire, c'est la responsabilité de celui-ci qui est engagée.
  • Si le vétérinaire a posé la question : « votre animal a-t-il déjà mordu ? » et que le propriétaire a menti en répondant : « non », la responsabilité de la morsure en revient au propriétaire.

Ceci est transposable, par exemple, au cheval en leçon chez un moniteur, au chien chez l'éducateur… Le professionnel avisé doit donc être très attentif et prendre les mesures appropriées en cas de doute.

Cas d'espèces

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI