Agriculture martienne

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Vue d'artiste d'une ferme martienne présentant une agriculture aéroponique.

L'agriculture martienne est un thème de science-fiction et constitue un projet à long terme, essentiellement en lien avec la colonisation de Mars.

Alors que plusieurs projets de missions habitées martiennes commencent à se théoriser et à s’organiser, plusieurs équipes scientifiques se penchent sur la question de nourrir un équipage une fois installé sur une base martienne.

La première solution envisagée consisterait à envoyer régulièrement des ravitaillements par voie spatiale, tout comme l’ISS est ravitaillée. Cependant, alors qu’un voyage vers l’ISS dure en moyenne 6 heures[1] pour un séjour d'environ 6 mois, un trajet vers mars dure de 200 à 350 jours pour des durées sur place allant jusqu'à 500 jours avec des fenêtres de lancement beaucoup plus limitées[2].

En effet, ces lancements auraient un coût très élevé que ce soit d’un point de vue financier, technique et environnemental.

De plus, on estime à un poids de 60 à 80 tonnes de matériel nécessitant à être posé sur le sol martien pour la survie d'un équipage (contre environ 7 tonnes sur le sol lunaire pour une mission Apollo). L'installation de moyens de production de nourriture directement depuis le sol martien permettrait donc de réduire la quantité et donc la masse de matériel emporté. Il pourrait alors être envisagé d'envoyer les structures nécessaires à l'agriculture martienne pouvant se construire de manière autonome (comme les systèmes SFERO présentés par la firme française Fabulous) avant le départ des astronautes pour la mission martienne afin que celles-ci puissent être prêtes à l'usage lors de l'arrivée de l'équipage[3].

Enfin, il est important d’ajouter que si l’engin spatial approvisionnant la base martienne subit une avarie lors de son trajet, les délais pour qu’une nouvelle mission de réapprovisionnement soit lancée seront très important, autant pour sa mise en place que pour la durée de son trajet (8 mois et demi), cela pourrait mettre tout le personnel de la base en péril.

Pour cela, les agences spatiales se penchent sur la possibilité d’établir des cultures sur Mars afin de créer directement des bases autonomes ne nécessitant pas (ou peu) de réapprovisionnement.

Même ci ceci requiert plusieurs installations au préalable, cette possibilité serait donc à long terme plus économique et durable[4].

État des lieux : l’environnement martien, les besoins visés pour parvenir à la culture de légumineuses.

Les besoins des légumineuses pour une croissance optimale sont abordables en 5 points : l’eau, les minéraux, “l’air”, la lumière et enfin la gravité sont indispensables dans le développement de l'agriculture sur Mars[5]. "L'air” mis entre guillemets dans ce paragraphe, désigne les conditions environnementales gazeuses proches de celles qu’offre la Terre, c’est-à-dire 78,087 % de diazote, 20,95 % de dioxygène, 0,93 % d'argon, 0,041 % de dioxyde de carbone et des traces d'autres gaz.

Depuis 2018, les équipes de chercheurs chargés de la mission d’exploration Mars Express ont avancé la présence de réserves d’eau liquide près du pôle Sud de Mars mais il faut préciser que ces conclusions ont été tirées après 29 observations (entre 2012 et 2015) et de ce fait, toujours plus de mesures sont attendues pour confirmer leurs hypothèses[6].

Vue prise par Viking 1 de la surface martienne et de la fine couche de son atmosphère.

Pour les minéraux, les plantes ont besoin de trois éléments principaux : l’azote (N) pour son rôle de croissance pour la plante, le potassium (K) pour son renforcement, ainsi que le phosphore (P) pour la stimulation métabolique. D’autres éléments participent aussi à l’équilibre des plantes, comme le magnésium, le fer, le calcium et le soufre. Aujourd’hui, la connaissance de la composition de la surface martienne a été fournie par l'étude de météorites d’origine martienne et des sondes Viking 1 et Viking 2, ce qui permet aux scientifiques d'avoir une idée assez précise de sa composition qui est principalement du silicium et du fer, mais aussi en quantité moindre le magnésium, le soufre, le calcium et d’autres, pour ne citer que les éléments d'intérêts pour le projet d'agriculture martienne. De plus, on peut s'appuyer sur une étude parue sur la revue PLOS-One[7] où une équipe de chercheurs a reproduit les sols martiens et lunaires pour comparer la croissance de différentes légumineuses dans ces sols par rapport au sol terrestre. Leurs résultats sont encourageants en faveur du sol martien, dû à son pH qui serait inférieur à celui de la Terre (en moyenne sur Terre pH=8,3).

Le besoin des plantes en air et en lumière peut être réuni sous un même point. Mars inhospitalière, a une atmosphère ténue : 200 fois moins dense que celle de l'atmosphère terrestre avec une composition de dioxyde de carbone (96 %), d'argon (1,93 %) et de diazote (1,89 %), contient des traces de dioxygène, d'eau, et de méthane, et ceci pose trois problèmes pour l'agriculture martienne : le manque “d’air”, le manque de protection contre les rayonnements solaires et en dernier, une température très basse, -68° en moyenne.

Enfin, le dernier point qui paraît moins évident, car moins “palpable” : la gravité. Celle de Mars est environ 3 fois moins importante que celle de la Terre donc les légumes pousseraient en hypogravité[8]. La bonne nouvelle, c’est que cette gravité diminue le lessivage des sols, autrement dit, l'eau s'écoulant moins bien du fait de la faible gravité va être mieux retenue par le substrat de culture et donc réduire l'appauvrissement des sols dû à arrosage trop fréquent.

Valorisation du sol martien et moyens pratiques

L'art au service de la science

Notes et références

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