Ah les cons ! S'ils savaient
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« Ah les cons ! S'ils savaient » ou plus simplement « Ah les cons ! » est une exclamation attribuée au président du Conseil Édouard Daladier. Il l'aurait prononcée en découvrant la foule venue l'acclamer sur le tarmac de l'aérodrome de Paris-Le Bourget, à sa sortie d'avion le , après avoir signé les accords de Munich avec Adolf Hitler.

En , la guerre semble imminente. Afin d'éviter l'ouverture des hostilités entre, d'une part, le Royaume-Uni et la France, d'autre part, l'Allemagne nazie, la conférence de Munich qui est organisée du 29 au réunit Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini (ce dernier s'était commis en intermédiaire). Cette rencontre semble être celle de la dernière chance.
Quelques semaines auparavant, le chancelier Hitler, invoquant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, annonce qu'il annexera la région des Sudètes quoi qu'il arrive le en sachant parfaitement que cela équivaut à une déclaration de guerre avec la France et le Royaume-Uni, alliés de la Tchécoslovaquie. La France dirigée par le gouvernement Daladier ne souhaite pas entrer en guerre sans la présence du Royaume-Uni à ses côtés.

Le président du Conseil décide, dès lors, d'accepter de signer des accords dans cette même ville de Munich. Ceux-ci prévoient l'évacuation du territoire des Sudètes par les Tchèques avant le et son occupation progressive par les troupes allemandes et la rétrocession d'une partie de la Silésie à la Pologne. En échange, Hitler, manipulateur, assure que les revendications territoriales du Troisième Reich vont cesser. Quelques mois plus tard, le dictateur rompt sa promesse.
Le , à sa sortie de l'avion bimoteur « le Poitou »[1] l'ayant ramené à Paris, Daladier pense qu'il sera hué pour avoir cédé aux nazis. Or, à sa grande surprise, il est applaudi au Bourget, pour avoir « sauvé la paix ». Sa « mine défaite » contraste avec le « sourire radieux » affiché par son ministre des Affaires étrangères, Georges Bonnet, dont la politique pacifiste est alors acclamée[2],[3].
L'attitude sceptique de Daladier et son analyse pessimiste de la situation contrastent semblablement avec la conduite de Neville Chamberlain le même jour à l'aéroport londonien de Heston[4], où le Premier ministre britannique brandit l'accord munichois. Parvenu au 10 Downing Street, il se laisse convaincre de se pencher par une fenêtre du premier étage de la résidence d'État pour déclarer à la foule : « Je crois que c'est la paix pour notre époque » (« I believe it is peace for our time »)[5].
