Ahmed al-Alwani

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PrédécesseurHaïder al-Abadi (indirectement)
SuccesseurJawad al-Bulani (indirectement)
Réélection7 mars 2010
Ahmed al-Alwani
(ar) أحمد العلواني
Illustration.
Fonctions
Président de la commission de l'Économie, de l'Investissement et de la Reconstruction du Conseil des représentants de l'Irak

(2 ans, 11 mois et 11 jours)
Prédécesseur Haïder al-Abadi (indirectement)
Successeur Jawad al-Bulani (indirectement)
Membre du Conseil des représentants de l'Irak

(7 ans, 9 mois et 12 jours)
Élection 15 décembre 2005
Réélection 7 mars 2010
Circonscription Al-Anbar
Coalition Front de l'accord irakien (en) (2006-2010)
Al-Iraqiya (2010-2012)
Moutahidoun (en) (2012-2013)
Biographie
Nom de naissance Ahmed Suleiman Jamil Muhanna al-Alwani
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Ramadi (Irak)
Nationalité irakienne
Parti politique Conseil du dialogue national (2004-2008)
Diplômé de Université de Bagdad

Ahmed al-Alwani (en arabe : أحمد العلواني), né le à Ramadi (Irak), est un homme politique irakien, dont l'arrestation, le , contribue à déclencher la bataille de Ramadi[1].

Condamné « à la peine de mort (...) pour avoir tué deux soldats » lors de son arrestation, il est libéré le à la faveur d'une loi d'amnistie générale et du versement du prix du sang aux familles des soldats[2].

Ahmed al-Alwani est né le à Ramadi, dans la province d'Al-Anbar, à l'ouest de l'Irak[3]. Il appartient au clan des Albou Alwan de la tribu qahtanite de Zubaid[4].

Formation

Il est titulaire d'un doctorat en sciences de la Terre de l'université de Bagdad[5].

Carrière politique

En , Ahmed al-Alwani est élu au Conseil des représentants sur une liste du Front de l'accord irakien (en) dans la province d'Al-Anbar[6],[7]. En 2008, il se retire du Conseil du dialogue national, reprochant à son secrétaire général, Khalaf al-Olayan (en), d'avoir soumis au Premier ministre Nouri al-Maliki une liste de candidats à des postes ministériels sans consulter les autres membres du Front[8],[9],[10]. Ahmed al-Alwani continue de siéger au sein du Front, mais en tant que membre indépendant. Il rejoint un quintet de députés dans la même situation que lui (parmi lesquels l'ancien footballeur Ahmed Radhi)[11]. Début , il annonce à Radio Sawa que le Front va demander à « la présidence » de « retire[r] sa confiance au gouvernement al-Maliki I et [de] le renverse[r] pour ses tentatives d'imposer son hégémonie sur le Conseil des représentants » et d'empêcher ainsi l'élection de son président[12].

En , Ahmed al-Alwani est réélu au Conseil des représentants sur une liste de la coalition Al-Iraqiya[13], la première liste non sectaire d'Irak[14]. Début 2011, il est élu président de la commission des Affaires économiques du parlement[15],[16]. À ce poste, il met en garde contre les risques de maintenir un modèle économique fondé principalement sur la rente pétrolière, et appelle à une diversification de l'économie et à une révision des futures lois de finances en ce sens pour construire une base économique plus solide et moins vulnérable[17].

Début , il qualifie le gouvernement de Nouri al-Maliki de « tyrannique » et appelle la coalition Al-Iraqiya à s'en retirer[18].

Rôle dans la contestation sunnite de 2012-2013

En , il prend la tête du mouvement de protestation (en) contre le Premier ministre Nouri al-Maliki dans la province d'Al-Anbar[19],[20]. Les principales revendications des manifestants sont l'abolition de la loi sur la responsabilité et la justice de 2008 (qu'ils perçoivent comme discriminatoire à l'encontre des sunnites), l'abrogation de l'article 4 de la loi antiterroriste de 2005 (dont ils dénoncent l'usage excessif contre les sunnites) et la libération des prisonniers politiques, en particulier des femmes[21].

Le , à Falloujah, Ahmed al-Alwani prononce un discours enflammé, dans lequel il qualifie, sans les nommer, certains acteurs politiques de « traîtres », d'« agents de l'Iran » et de « porcs ». Selon l'Alliance nationale (coalition chiite au pouvoir, incluant l'État de droit dirigé par Nouri al-Maliki), ces propos visent les chiites dans leur ensemble. Le , une commission parlementaire est créée pour enquêter sur ces propos[22]. Le même jour, la coalition de l'État de droit demande au président du parlement (en), Oussama al-Noujaïfi (en), de prononcer l'exclusion d'al-Alwani. Le lendemain, ce dernier nie tout sectarisme dans ces propos, soulignant que sa tribu compte des sunnites et des chiites[23]. Il accueille d'ailleurs favorablement le soutien du leader chiite Moqtada al-Sadr aux manifestations[24]. Le , la commission d'enquête parlementaire sur les propos d'al-Alwani recommande l'envoi de son dossier au ministère public afin de lancer des poursuites pénales contre lui[25].

Dans la nuit du ou , les forces d'intervention rapide du ministère de l'Intérieur (en) se présentent au domicile d'al-Alwani, dans le centre-ville de Ramadi, pour le perquisitionner voire l'arrêter. Mais son service de sécurité les repousse, tuant deux de leurs membres au passage[26].

À l'été 2013, il refuse le poste de gouverneur d'Al-Anbar, que lui proposent les membres de la coalition Moutahidoun (en), arrivée en tête des élections provinciales (en) (elles-mêmes qualifiées de « farce » par Ahmed al-Alwani[27]). Al-Alwani motive son refus par la crainte que le poste de gouverneur le place en contact direct avec Nouri al-Maliki, ce qui pourrait engendrer de nouveaux conflits entre la province et Bagdad[28].

Le , alors que les États occidentaux étudient la possibilité d'une intervention militaire en Syrie après le massacre de la Ghouta, Ahmed al-Alwani prononce un nouveau discours enflammé. Dans ce dernier, il affirme qu'une attaque internationale contre la Syrie « est inévitable », mais que son véritable but n'est pas de « tuer Bachar », mais de « tuer les moudjahidine syriens et préserver le régime de Bachar ». Il dénonce un supposé « plan de Qassem Soleimani » visant à « faire exploser le sanctuaire de Sayyida Zaynab à Damas » afin de déclencher « une mobilisation générale pour massacrer les sunnites dans le sud, à Bagdad, sous la supervision, la direction et le financement des Gardiens de la Révolution iraniens et de leurs milices ». Il déclare : « Que chaque criminel, chaque sectaire, chaque lâche comprenne bien : Par Allah, nous leur trancherons la tête, un par un ». Le , le chef du bloc Al-Ahrar (en), Baha Araji (en), écrit au procureur en chef de l'Irak, Ghadanfar Hamoud, pour lui demander d'ouvrir des poursuites pénales contre al-Alwani en raison de ce discours. Le même jour, le président du conseil provincial de Kerbala, Nassif Jassim al-Khattabi (ar), accuse Ahmed al-Alwani de donner le feu vert aux terroristes et aux membres d'Al-Qaïda pour tuer des Irakiens dans des provinces sûres, dont la sienne[29]. Le , des chefs tribaux de Kerbala appelle le clergé chiite « à émettre une fatwa à son encontre ainsi qu'à l'encontre de tous ceux qui lui ressemblent sur le plan idéologique »[30]. Le , Ghadanfar Hamoud demande à la Cour centrale d'enquête de Rusafa (en) « d'engager des poursuites judiciaires conformément à (...) l'article (4/1) de la loi de lutte contre le terrorisme n°13 de l'année 2005, à l'encontre du député Ahmed al-Alwani »[31]. Le , un débat télévisé entre Ahmed al-Alwani et son accusateur, Baha Araji, est organisé sur Al Rasheed TV (en). Al-Alwani, qui s'exprime par visioconférence, refuse de s'excuser, affirmant avoir seulement « critiqué l'Iran et Qassem Soleimani, pas une composante du peuple [irakien] »[32]. Le , Ahmed al-Alwani annonce faire appel du mandat d'arrêt délivré à son encontre[33].

Le , Ahmed al-Awlani dément l'information rapportée par la chaîne Al Iraqiya selon laquelle il aurait été tué, ainsi qu'un de ses proches, lors d’un affrontement avec les forces de sécurité (en) dans la région du Wadi Houran (en), à l'ouest d'Al-Anbar[34]. Dans la foulée, al-Awlani dément également les accusations de Nouri al-Maliki, diffusée sur la même chaine, selon lesquelles les sit-ins d'Al-Anbar abriteraient des combattants d'Al-Qaïda[35]. Le , jour de prière du joumou'a, il affirme que « les prières [du joumou'a] se poursuivront » sur les sit-ins, alors qu'al-Maliki avait promis que celle-ci serait la dernière[36].

Raid à son domicile

Le , à l'aube, une colonne de la Division d'or s'élance dans les rues de Ramadi pour exécuter un mandat d'arrêt contre Chaker Wahib, le commandant militaire de l'État islamique dans la province d'Al-Anbar, et plusieurs autres personnes accusées de terrorisme, dont Ali al-Alwani, le frère d'Ahmed al-Alwani.

En approchant de la maison d'al-Alwani, les soldats essuient des tirs provenant du bâtiment et ses alentours. Le commandant de la colonne tire alors une fusée éclairante et crie aux tireurs qu'il représente une force officielle exécutant un ordre judiciaire. Malgré cela, les hommes armés continuent de tirer en direction des soldats. Lorsque ces derniers prennent d'assaut la maison, ils essuient des tirs provenant du toit et des fenêtres du deuxième étage, qui entraînent la mort du caporal Ali Obeid Alwan Al-Owais. En pénétrant dans la cour intérieure de la maison, les militaires sont pris sous le feu d'une mitrailleuse Kalachnikov tenue par un homme posté sur l'escalier intérieur. Au même moment, un autre tireur sort d'une pièce du rez-de-chaussée et ouvre le feu sur eux, tuant sur le coup l'adjudant-chef Duraid Rahma Yassin al-Mansouri[37].

Autres affaires

Références

Liens externes

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