Ai Xiaoming

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Ai Xiaoming
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Ai Xiaoming (chinois 艾晓明 , pinyin Ài Xiǎomíng), née en 1953 à Wuhan, est une universitaire, réalisatrice de films documentaires et féministe chinoise.

Ai Xiaoming a grandi dans la ville de Wuhan[1]. Son grand-père était général du Guomindang. Âgée de 13 ans, pendant la révolution culturelle, elle est forcée de dénoncer son père comme étant un « contre-révolutionnaire »[2].

Elle part pour Pékin en 1985 pour enseigner à l'université normale de Pékin. À partir de 1994, Ai Xioaming devient professeure[1] à l'université Sun-Yat-sen de Canton (département de littérature chinoise). Ses domaines de recherche sont les études féminines, études de genre et études culturelles[3]. Elle prend sa retraite en 2014[1].

Parmi ses huit ouvrages[1], Ai Xiaoming a écrit ses mémoires, sous forme romanesque, La Consanguinité (Xuetong), parus en 1990[4]. Elle est aussi traductrice de l’œuvre de Milan Kundera[1].

Ai Xiaoming s'est d'abord engagée pour éviter l'étouffement du cas de Sun Zhigang, révélateur du sort fait aux migrants venus depuis les campagnes dans les villes[2]. Active dans la défense des droits des femmes et des homosexuels, elle traduit et met en scène avec ses étudiants les Monologues du vagin de Eve Ensler[5], puis commence à réaliser des films, qui abordent par la suite d'autres sujets sensibles : démocratie locale, contamination par le VIH de donneurs ou de receveurs de sang, impunité des cadres du Parti communiste chinois… Elle collabore avec le cinéaste Hu Jie. Ai Xiaoming fait partie de ce qui est appelé en Chine les « intellectuels publics (zh) » (Gōnggòng zhīshì fēnzǐ), équivalent des « intellectuels engagés » en français[6],[7].

En 2013, elle exprime sa solidarité avec la militante pour les droits des prostituées Ye Haiyan (en), passée à tabac par la police chinoise[8].

En 2020, elle rédige un journal de quarantaine alors qu'elle est à Wuhan, sa ville natale et point de départ de la pandémie mondiale de Covid-19[9].

Œuvres

Littérature

Son journal de quarantaine mêle texte, photographies, pièce formée de SMS, poésie et peinture. Invoquant des précédents tels que le journal de Lei Feng, utilisé à des fins de propagande durant la période maoïste, et objet d'une censure qui a évolué au fil des éditions en fonction des impératifs politiques du temps, elle réfléchit à la portée d'un journal public, en termes de liberté et d'opposition à la dictature. Ai Xiaoming commente ainsi en direct la censure de son propre journal sur la plate-forme WeChat, avant la fermeture de son compte le . Elle refuse de choisir entre un journal privé, écrit à l'abri des regards pour un public futur mais sans portée politique, ou un journal autocensuré, tel que celui de Fang Fang, autocensure qui est une condition de son succès international selon Ai Xioming[9].

Documentaires

Tiantang Huayuan (Le Jardin du paradis), en 2005, est un documentaire sur les changements à l'œuvre en Chine entre 2003 et 2005 en matière de respect et de protection des droits humains (deux aspects inscrits dans la Constitution en 2004). Il est centré sur le cas de Huang Jing, enseignante victime d'un viol et d'un meurtre[10].

Taishi cun (Le Village de Taishi) relate la lutte des villageois de Taishi contre les autorités locales en 2005[11],[12].

Zhongyuan Jishi (L’Épopée des grandes plaines), en 2006, est un film documentaire sur le sort de villageois infectés par le VIH après avoir, en raison de leur pauvreté, vendu leur sang. Le courage dont ils font preuve dans cette situation est mis en contraste avec la corruption des officiels[13].

Guan'ai zhi Jia (La Maison des soins et de l'amour) est un film documentaire, sorti en 2007, sur les personnes contaminées par le VIH après avoir reçu une transfusion de sang. Il est centré sur le cas de Liu Xiaohong, une villageoise de Xingtai dans le Hebei, contaminée durant son enfance[14].

Kaiwang Jiaxiang de Lieche (Le Train qui mène chez moi), de 2008, s'intéresse au sort des migrants, à la suite de l'interruption du trafic ferroviaire sur la ligne Pékin-Guangzhou (en), après des intempéries hivernales[15].

bâtiment avec des dessins enfantins sur la façade en ruine.
École détruite après le séisme de 2008 au Sichuan.

Le séisme de 2008 au Sichuan et ses conséquences sur la population, notamment dans le cadre du scandale de la corruption dans la construction des écoles (en), ont fait l'objet de trois documentaires de la part de Ai Xiaoming : Women de Wawa (Nos enfants) et Gongmin Diaocha (Une enquête citoyenne) en 2009, et Hua weishenme zheme hong (Pourquoi les fleurs sont si rouges) en 2010. Ce dernier s'intéresse plus particulièrement au voyage d'Ai Weiwei au Sichuan et aux conséquences de son tabassage par la police[16].

Filmographie

  • 2004 : Bai Sidai (Le Ruban blanc), 57 minutes
  • 2005 : Tiantang Huayuan (Le Jardin du paradis), 140 minutes, coréalisé avec Hu Jie.
  • 2005 : Taishi cun (Le Village de Taishi), 100 minutes, coréalisé avec Hu Jie.
  • 2006 : Zhongyuan Jishi (L’Épopée des grandes plaines), 140 minutes
  • 2006 : Xing, Xing bie yu quan li (Sexualités, genres et droits en Asie), 46 min[17]
  • 2007 : Guan’ai zhi Jia (La Maison des soins et de l’amour), 108 minutes, coréalisé avec Hu Jie.
  • 2008 : Kaiwang Jiaxiang de Lieche (Le Train qui mène chez moi), 59 minutes
  • 2009 : Women de Wawa (Nos enfants), 73 minutes
  • 2009 : Gongmin Diaocha (Une enquête citoyenne), 64 minutes
  • 2010 : Hua weishenme zheme hong (Pourquoi les fleurs sont si rouges).
  • 2014 : Les Pinceaux rouges 文革宣傳畫 [WenGe XuanChuan Hua], 65 minutes, coréalisé avec Hu Jie[18].
  • 2017 : Jiabiangou Elegy.

Récompenses et distinctions

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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