Les lutrins ont pour première usage, dans la religion catholique, de servir d'appui aux moines copistes pour recopier et enluminer leurs ouvrages. Leur usage évolue peu à peu et ils sont utilisés pour supporter des livres de prière lourds et peu maniables, notamment les livres de chant[1].
La tradition des aigles lutrins comme pupitres est antérieure à la Réforme. Ils apparaissent à l'époque gothique (du milieu du XIIe siècle au début du XIVe siècle) et sont alors conçus pour accueillir les antiphonaires, livres utilisés durant les parties chantées de la messe[2]. Ils peuvent aussi permettre d'y faire reposer la Bible[3].
Des exemples médiévaux existent encore dans un certain nombre d'églises anglaises, notamment l'église St Margaret à King's Lynn et l'église paroissiale d'Ottery St Mary. Le Dunkeld Lectern est un autre pupitre médiéval à aigle remarquable.
Les messes ne comprenant plus de chant grégorien à l'époque contemporaine, l'aigle lutrin n'est plus utilisé pour soutenir les livres de chant, d'autant qu'ils sont désormais bien moins encombrants. Cependant, le pupitre sert toujours occasionnellement lors de la messe[1],[2].