Aimé Doumenc
militaire français
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Joseph Édouard Aimé Doumenc[n 1], né le à Grenoble et mort accidentellement le dans le massif du Pelvoux, est un général français. Rétrospectivement, il est considéré comme ayant été un précurseur de la coopération organique interarmes.
Grenoble
Mont Pelvoux
| Nom de naissance | Joseph Édouard Aimé Doumenc |
|---|---|
| Naissance |
Grenoble |
| Décès |
(à 67 ans) Mont Pelvoux |
| Nationalité | Française |
| Profession | |
| Formation | |
| Distinctions |
Grand officier de la Légion d'honneur Prix Halphen (1947) |
| Famille |
Biographie
Famille
Aimé Doumenc est le fils d'Ovide Doumenc, un officier d'origine ariégeoise sorti du rang, ayant combattu en 1870 et retiré en Isère.
Il est le grand-père de l'écrivain Philippe Doumenc (1934-2023).
Jeunesse et formation
Aimé Doumenc est élève à l'École polytechnique entre le et le comme élève boursier puis élève de l'École d'application de l'Artillerie et du Génie de Fontainebleau où il rejoint les batteries alpines. Aimé Doumenc est admis parmi les plus jeunes à l'École Supérieure de Guerre en 1907 et s'y distingue par sa puissance de travail et la finesse de ses travaux : il est retenu pour une exceptionnelle troisième année de scolarité en 1909 car il fait partie des premiers de sa promotion. Il est alors l'un des quinze officiers à recevoir le cours du commandant Mordacq à qui le général Foch confia l'étude stratégique. Capitaine à l'état-major du 19e corps d'armée, il sert dans les confins algéro-marocains avant d'être affecté au nouveau 60e régiment d'artillerie à Troyes le .
Première Guerre mondiale
Durant la Première Guerre mondiale, adjoint au directeur du Service automobile puis directeur de ce service en 1917, il se signale comme l'organisateur des transports routiers qui assurent le ravitaillement et la relève au cours de la bataille de Verdun en 1916. Sur la Voie sacrée il conçoit le système logistique de la noria qui permet d'utiliser au mieux cette unique route qui relie Verdun aux lignes françaises. En , il accepte, à la demande d'Abram Piat Andrew, de faire un essai pour que les volontaires américains puissent « ramasser les blessés sur le front »[1], ce qui aboutira en à la création de l'American Ambulance Field Service sous le commandement de l'armée française. Par ailleurs, entre et , il participe, aux côtés du général Estienne, à la création des premiers chars d'assaut en tant qu'adjoint technique[2] et il est en faveur de la création de divisions blindées[3]. Il est nommé commandant en 1918. Il est alors choisi par le général Mordacq pour commander la nouvelle Direction de l'automobile au ministère de la Guerre.
Entre Deux-Guerres
Après avoir fait campagne au Maroc en 1925 durant la guerre du Rif, il prend le commandement de la 1re division d'infanterie puis celui de la 1re région militaire. D'après le Président Daladier[4], le général Doumenc est à l'origine en 1928 du premier plan d'une division cuirassée pouvant agir de manière autonome, doctrine qui sera ultérieurement amplifiée par l'armée allemande et de Gaulle au milieu des années 1930. Souvent évoqué, le projet de division proposé par Doumenc ne sera longtemps connu que par cette déclaration de Daladier au procès de Riom. Récemment, une note originale datant de 1927 ou 1928, retrouvée aux archives du Service historique de la Défense, a fait l'objet d'une publication partielle dans un article[5] qui en confirme le caractère particulièrement novateur. Doumenc proposait en effet un schéma poussant très loin la combinaison organique interarmes, avec des compagnies mixtes de chars et d'infanterie.
En 1938, il est nommé au Conseil supérieur de la guerre.
Seconde Guerre mondiale
En 1939, promu général d'armée, il est envoyé à Moscou comme chef de la délégation française[n 2] chargée de négocier un accord militaire avec l'URSS mais la signature du pacte germano-soviétique met un terme à sa mission. À la déclaration de guerre, il prend la tête de la défense anti-aérienne du territoire avant d'occuper le poste de major général au Grand quartier général des forces terrestres françaises en janvier 1940 et tente notamment d'arrêter les Allemands dans les Ardennes jusqu'à la destruction totale de la 9e armée. Nommé Commissaire général à la Reconstruction nationale du au .
Retraite et décès
Il quitte le service le à la suite d'une demande, accordée à titre exceptionnel, de passage de la situation d'activité à celle de disponibilité[6]. Il s'installe à Tullins en Isère[7]. Il va écrire trois ouvrages d'importance[7] sur l'histoire militaire française : Le Mémorial de la terre de France. Contribution à l'histoire militaire de nos provinces (1943), Histoire de la Neuvième armée (1945) et Dunkerque et la campagne de Flandre (1947)[7]. Il se tue dans les Alpes en , à 67 ans, chutant dans une crevasse lors de la traversée du glacier Blanc, de retour de la barre des Écrins[7],[n 3]. Le général Doumenc est inhumé à Tullins[8].
Bibliographie
- Les Transports automobiles sur le front français 1914-1918, Plon, 1920
- Le Mémorial de la terre de France. Contribution à l'histoire militaire de nos provinces, Arthaud, 1943, Prix Halphen de l'Académie française
- Histoire de la Neuvième armée, Arthaud, 1945
- Dunkerque et la campagne de Flandre, Arthaud, 1947
- 1944 et les destinées de la stratégie, Arthaud, 1948
- Les papiers secrets du général Doumenc (1939-1940) de François Delpla, Olivier Orban, 1992
Distinctions
Grand officier de la Légion d'honneur, décoration remise le par le général Weygand.
Croix de guerre - avec deux étoiles de bronze[9]
Médaille militaire[9]
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs[9]
Chevalier de l'ordre de Léopold (Belgique)[9]- Officier de l'Ordre de l'Étoile de Roumanie[9]
Officier de l'ordre du Soleil levant (Japon)[9]- Aigle blanc (Serbie)[9]
Ordre du Service distingué (Royaume-Uni)[9]
Ordre de Sainte-Anne (Russie)[9]
Dans la fiction
Dans l’ouvrage dirigé par Jacques Sapir, Frank Stora et Loïc Mahé 1940, et si la France avait continué la guerre — une uchronie proposant une alternative à l’armistice de — les auteurs le nomment à l’État-Major général de la Défense nationale chargé du déménagement vers l’Afrique du Nord d’un maximum d’hommes et de matériel en vue d’une poursuite de la guerre. Il est fait de lui le portrait suivant : « Doumenc anime [les] réunions [concernant le déménagement] avec sa vigueur habituelle et un optimisme inébranlable, n’hésitant pas à secouer les participants en faisant preuve d’une créativité de tous les instants pour trouver des solutions à des situations apparemment sans issue. »