Aiphanes horrida

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Aiphanes horrida, le Palmier ébouriffé[1] ou Palmier hérisson[2], est une espèce de palmiers, endémique des Andes tropicales (Venezuela, Bolivie, Brésil, Colombie) et des Caraïbes (Trinité-et-Tobago)[3].

Ce sont des arbres solitaires de taille moyenne, caractérisés par un tronc tapissé d'épines abondantes, fines, longues et extrêmement piquantes. Au mépris de sa dangerosité, cette espèce est cultivée comme plante ornementale dans toutes les régions tropicales pour sa croissance rapide en milieu ouvert, ses feuilles pennées, et ses beaux fruits rouges. La culture pour la production des fruits alimentaires commence à se développer.

Nikolaus Joseph von Jacquin mentionne n°72 Caryota horrida dans ses Fragmenta botanica (Vienne, 1801) «Un palmier d'une grande élégance fut transporté de Caracas au jardin de Schönbrunn. D'une apparence horrible et dense, son tronc et ses palmes étaient couverts d'épines, semblables aux Caryotes tronqués, mais aussi différents. Il mourut il y a cinq ans, avant que je puisse le décrire». La ressemblance avec Caryota urens (n°71 de la même publication), palmier asiatique, tient aux feuilles bipennées, subdivisées en plusieurs folioles[4]. Max Burret conteste l'attribution aux Caryota et le reclasse dans les Aiphanes en 1932[5]. En 2010 une publication colombienne (Caldasia vol.32 no.1 Bogota) élève au niveau d'espèce Aiphanes killipii jusque là considérée comme synonyme d'Aiphanes horrida[6].

Il est localement connu sous les noms

  • espagnols de Coyupe Palm[7], Corozo colorado, Cubarro, Charascal, Palma hermosa, Palmera coyure, Palma de coyor, Coyor, Chascara, Cocos rura, Mararava, Corozo anchame, Corozo del Orinoco, Mararay, Pujamo, Gualte, Chonta ruro, Pupunha xicaxica, Chascaraza, Chonta, Corozo, Corozo chiquito, Marará, Macahuite, Macagüita
  • portugais de Pupunha brava, Pupunha, Cariota-de-Espinho[8].

Taxonomie

Aiphanes horrida est synonyme de Aiphanes aculeata, A. bicuspidata , A. caryotifolia (Kunth) H.Wendl., A. truncata (Brongn.) H. Wendl. de Bactris praemorsa et de Martinezia truncata Brongn[9]. Anciennement nommé Caryota horrida Jacq.

Synonymes fréquents: Aiphanes aculeata, Aiphanes carytifolia[10].

Phylogénie

Phylogénies des Aiphanes (María José Sanín et al. 2022) montrant la divergence primitive de A. horrida[11]

Les Aiphanes sont apparu au Miocène dans les environnements andins d'altitudes moyennes. A. horrida s'est adapté à un gradient topographique humide et chaud (26 °C moyen) de 200 à 1 750 m, niche de tolérance thermique qu'il a progressivement colonisée. Parmi les 36 espèces (7 clades) inféodées au sous-bois des forêts de plaine ou de montagne des Néotropiques, A. horrida forme avec A. acaulis et A. weberbaueri une diversification primitive ancienne[12].

Description

La feuille et l'aspect ébouriffé du palmier éponyme

Sa hauteur est de 3 à 10 m (15 m en culture) avec un diamètre du stipe de 6 à 10 cm. Les feuilles (entre 8 et 10) sont composées de 35 pennes d'environ 38 cm de long sur 14 cm de large. Ces feuilles sont réparties de chaque côté sur plusieurs plans, d'où l'aspect ébouriffé de sa couronne.

Les fruits ou Corozo et au Brésil Mararai, Manjerona, Charascal (drupes monospermes à endocarpe épais et dur) d'un diamètre de 1,5 à 2 cm d'un rouge intense sont regroupés en grappes[13] parfois lourdes et longues jusqu'à 60 cm[14]. Le fruit et la graine sont comestibles, elle a un gout de noix de coco[15].

Culture

Ce palmier demande un sol fertile et bien drainé avec un pH plutôt acide. La germination est assez rapide et facile dans un milieu humide et entre 25 et 30 °C[16]. Les jeunes plantes croissent à l'ombre. La température préférée est de 22 et 27 °C. 18 à 32 °C constituent des extrêmes (la plante ne supporte pas le gel). La pluviométrie annuelle moyenne dans son biotope naturel est de 100 à 500 cm, avec une saison sèche. Dans ces conditions la croissance est rapide à mi-ombre[7].

Utilisation

Les fruits

Le fruit se consomme mûr et avec sa peau. Aucune étude de toxicité n'est disponible, l'absence de cytotoxicité est mentionnée[17]. Il semble que le fruit immature est irritant. On ne doit pas confondre ce fruit avec le corozo fruit homonyme de Bactris guineensis, palmier cespiteux des plages d'Amérique centrale.

La pulpe du fruit est riche en caroténoïdes provitaminiques A et en lycopène en particulier la zéaxanthine, avec des quantités très élevées de β-cryptoxanthine provitaminique A, (182 µg/g) et de β-carotène (75 µg/g) et enfin une teneur également très élevée en lycopène (45 µg/g). Daniele Giuffrida et al. (2022) notent le bon potentiel fonctionnel de ce fruit: la lutéine et la zéaxanthine préviennent de la dégénérescence maculaire liée à l'âge[10]. L'activité antioxydante est bonne avec une teneur en vitamine C de 47 mg/100 g[17].

Depuis 2020 la commercialisation de jus ou purée de fruit existe en Colombie[18] où on en fait aussi une liqueur[19]. Des travaux brésiliens ont montré son bon potentiel dans les crèmes glacées (2021)[20].

Huile

L'amande est oléagineuse, le Venezuela produit industriellement cette huile qui représente 20 % de la consommation d'huile alimentaire du pays (2023)[21]

Bibliographie

Notes et références

Annexes

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