En 1293, à la mort de Qala'ûn, son fils An-Nâsir Muhammad devient sultan à l'âge de neuf ans. Kitbugha est le vice-sultan et régent (naib) qui détient le pouvoir réel. Deux ans plus tard Kitbugha démet An-Nâsir Muhammad et prend le pouvoir. Kitbugha désigne Lajin comme naib[3].
Kitbugha est d'origine mongole, plus précisément d’origine oïrate selon Ibn Kathir[4]. Il autorise les membres de la tribu mongole des Oïrats à pénétrer en Égypte, entre 10 000 et 18 000 soldats et leurs familles, ce qui pourrait donner un total de 50 000 à 100 000 oïrats. Contrairement à ce qu'avait fait Baybars lorsqu'il avait fait venir des turcs, Kitbugha ne contraint pas les nouveaux arrivants à se convertir à l'islam. Une famine décime alors la population qui voit là une manifestation de la colère divine contre celui qui a laissé des mécréants s'installer en Égypte[3]. Le mécontentement est tel qu'en , Lajin peut démettre sans difficulté Kitbugha et prendre sa place[5]. Kitbugha prend la fuite et se réfugie à Damas. Par la suite, Lajin lui attribue le commandement de la forteresse de Sarkhad[6].
Notes et références
↑ Noyan est un titre militaire mongol équivalent au titre persan d’Amir-e Tûmân, en persan: amīr-e tūmān, امیر تومان, commandant de dix mille (hommes) c'est-à-dire responsable d’une région capable de fournir dix mille soldats. Voir (en) J. Calmard, «Amīr(-e) tūmān», dans Encyclopædia Iranica (lire en ligne).
↑ en arabe: al-ʿādil zayn al-dīn kitbuḡā al-manṣūr, العادل زين الدين كتبغا المنصور; en turc: Kitbuga